Blogueur caché = blogueur danger ?

par Olivier Cimelière
Anonymat Blog

Journaliste médias au Monde, Xavier Ternisien a récemment publié une pertinente analyse sur l’anonymat des blogueurs. Le sujet semble préoccuper de plus en plus quelques bonnes âmes soucieuses d’accroître la transparence cristalline de la blogosphère, notamment en matière de diffamation. En témoigne la proposition de loi initiée par le sénateur Jean-Louis Masson qui réclame la levée de l’anonymat. Alors bas les masques et haut les plumes ou alors tous aux abris derrière le clavier ?

Fraîchement débarqué dans l’univers trépidant du blogging, c’est effectivement la première question que je me suis posée. Dois-je avancer à couvert du fait de mes fonctions professionnelles qui exigent un certain droit de réserve ou dois-je au contraire afficher clairement mon profil au risque de peut-être me carboniser dans mon métier pour excès de parole ? Pour quiconque embrasse la tentation de l’expression publique, le dilemme vaut la peine d’être soupesé. Chacun sait évidemment qu’entre le « off » et le « on », entre l’oral et l’écrit, la barrière est mouvante, subtile, perverse et potentiellement piégeuse.

 Risque & Progrès : La désacralisation est en route (3/12)

par Olivier Cimelière
Risque-et-Progres-Heliocentrisme

Au 16ème siècle, un virage décisif s’amorce dans la représentation du monde physique et de ses risques. Subrepticement mais sûrement, l’univers commence à être de moins en moins perçu à travers le prisme du mythe et de l’ordre divin qui avaient jusqu’alors prévalu, mais plus comme une mécanique physique obéissant à des lois immuables. Les premiers coups de boutoir de la Science sont notamment portés par les travaux de l’astronome et médecin polonais Nicolas Copernic.

Celui que la Pologne vient récemment d’inhumer en véritable héros, achève en 1530 l’ouvrage de sa vie, Des révolutions des sphères célestes. Dans ce livre, il bouscule le dogme religieux de l’époque sur l’organisation céleste des planètes. Jusque-là, la façon de représenter le cosmos s’appuyait sur la thèse aristotélicienne qui définit la Terre comme centre immobile de l’univers. De facto, tout gravite autour d’elle. Avec Copernic, l’organisation du monde se voit soudainement contestée.

Le savant polonais explique que la Terre tourne sur elle-même. Il ajoute de surcroît que la Terre fait le tour du soleil à l’instar des autres planètes du système solaire. Les principes de l’astronomie héliocentrique sont nés. Un véritable pavé dans la mare qui vient percuter la représentation cosmogonique officielle. Des querelles virulentes agitent les communautés scientifiques et religieuses dans toute l’Europe et aboutissent à la censure du système copernicien par l’Inquisition et le Pape Paul V en février 1616.

 Marée noire BP : Communication huilée pour pétrolier grippé

par Olivier Cimelière
Logo-BP-detourne-Public-Citizen

Lors de l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 22 avril dernier à 80 km des côtes du Golfe du Mexique, le géant pétrolier et principal opérateur BP n’a pas cédé aux classiques réflexes innés de la communication cosmétique et du déni de catastrophe, des postures pourtant fréquemment rencontrées dans l’univers impitoyable et bunkérisé de l’or noir. A la différence notable de Total qui s’était empêtré dans la négation lors du naufrage de l’Erika, la recherche de coupables collatéraux et l’usage de campagnes publicitaires à retardement, le pétrolier britannique a misé d’emblée sur un dispositif de communication ubiquitaire et particulièrement proactif.

Pour autant, les lignes suivantes vont démontrer que BP n’a pas vraiment ouvert grand les vannes de la transparence et de la responsabilité sincèrement assumée de bout en bout. L’intense colmatage communicant entrepris sur les lieux de la catastrophe s’inscrit dans un lourd contexte systémique où BP peut avoir beaucoup à perdre en termes de réputation, surtout depuis que les révélations se mettent à fuiter comme la plateforme endommagée.

 Risque & Progrès : Le mythe, le divin et le bouc émissaire comme antidotes (2/12)

par Olivier Cimelière
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En Grèce Antique, quand la peste s’est abattue brutalement sur la cité de Thèbes, le conseil des Sages alors saisi de la catastrophe, s’est aussitôt réuni pour savoir qui avait défié les Dieux, qui avait ainsi provoqué leur colère entraînant des représailles sous la forme d’un fléau mortel envers les habitants de la cité : la peste.

Le coupable fut vite identifié en la personne du roi Œdipe. Ce dernier avait transgressé une loi divine en tuant son père pour épouser sa mère. La décision irrévocable ne tarda guère à tomber. Œdipe fut condamné à l’exil pour apaiser l’ire des Dieux et rétablir ainsi l’ordre du Monde. De cette lecture antique pour traiter la crise et les risques qu’Œdipe avait fait courir à sa cité en agissant contre la règle, découla alors une attitude récurrente à travers les siècles : désigner une victime sacrificielle ou en d’autres termes, un bouc émissaire.

Au Moyen Age, cette approche des risques perdure en dépit des calamités mortelles qui étaient légion à cette époque : hygiène douteuse et épidémies fatales, guerres civiles et invasions meurtrières, conditions climatiques difficiles et famines à répétition. Jamais les bûchers et les salles de torture n’ont autant fonctionné pour éradiquer ceux et celles qui étaient suspectés d’actes répréhensibles.

 Nestlé/Greenpeace : Pas de pause KitKat sur le Web !

par Olivier Cimelière
Manif-Greenpeace-contre-Nestle-KitKat-resized

La récente polémique numérique déclenchée par Greenpeace envers Nestlé peut réellement être considérée comme une étape historique dans l’évolution de la communication corporate des grandes entreprises. Sur la Toile mais pas seulement. Décryptage d’une impasse communicante annoncée qui doit servir de leçon à toutes les entreprises.


Les commentaires accusant une entreprise des pires turpitudes ont toujours existé. La seule différence, c’est qu’ils empruntaient auparavant un aléatoire parcours dans les dédales improbables d’un service marketing. Lequel alternait ensuite entre un classement vertical exaspéré avec jet expéditif vers la corbeille à papier ou alors une mansuétude de bon aloi avec envoi de bons de réduction pour apaiser l’ire du mécontent.

 Politique : Je communique donc j’agis en 6 réflexes

par Olivier Cimelière
Image de Philippe Gelluck

Quelle que soit l’étiquette dont ils portent l’étendard, les acteurs politiques sont au premier rang des pratiquants chevronnés de la communication existentielle. A la complexité toujours plus croissante des enjeux, ils se réfugient volontiers derrière des réflexes obsessionnels systématiques.

Tout est bon pour maintenir l’illusion que la maison est correctement entretenue tandis qu’on dissimule subrepticement la poussière sous le tapis, faute d’avoir voulu ou pris le temps de trouver l’aspirateur et d’effectuer le ménage qui s’impose.

 Risque & Progrès : pourquoi est-on en crise ? (1/12)

par Olivier Cimelière
Risque-et-Progres

Le Blog du Communicant 2.0 entame une série de 12 articles autour d’un étrange paradoxe qui irrigue des pans entiers de la société française : l’allergie croissante et irraisonnée au Risque et au Progrès.

Alors même que notre société actuelle n’a jamais autant su mobiliser son intelligence et ses ressources technologiques pour réduire au maximum les risques de tout ordre qui pèsent sur la vie humaine et repousser toujours un peu plus loin les limites de la mort, pas une semaine ne s’écoule en France sans que l’actualité médiatique et la Toile ne se fassent l’écho frénétique de nouveaux risques et de nouvelles peurs irraisonnées face au progrès technologique. Un petit rembobinage au cours des temps aide à mieux comprendre le sentiment délétère d’aujourd’hui.

 Findus décongèle la publicité pour pizzas !

par Olivier Cimelière
Publicite-3D-Findus-Dailymotion

Qui n’a jamais pesté contre une pub invasive alors qu’on s’efforce au même moment de cliquer sur le lien désiré ? Qui ne s’est jamais agacé de ces petites bandes annonces publicitaires qu’on vous impose avant de pouvoir voir son programme favori en séance de rattrapage ? Allez, on avoue. On a tous marmonné un borborygme énervé un jour ou l’autre contre cette réclame qui décidément ne nous laisse jamais tranquille.

Figurez-vous que l’agence Grey et la marque de pizza surgelée Findus ont poussé l’expérience encore plus loin pour exciter les papilles gustatives des internautes les plus réfractaires ! En partenariat avec le site Dailymotion, ils ont conçu une animation 3D qui surgit à l’improviste dans des milliers de vidéos en consultation sur la plateforme vidéo.

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