Risque & Progrès : L’équation délétère se met en place avec l’affaire du sang contaminé (11/12)

par Olivier Cimelière
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A une époque où les risques de mortalité n’ont jamais été aussi faibles dans les sociétés occidentales et la maîtrise des enjeux technologiques aussi élevée, c’est pourtant un tenace sentiment d’insécurité qui prédomine et taraude les esprits. Hier fruit du hasard, de la fatalité ou de la volonté divine, la catastrophe ne cesse aujourd’hui de rôder et de potentiellement sourdre à tout moment comme le résultat de l’impéritie des hommes à contrôler des progrès qui étaient pourtant censés être les piliers infaillibles d’un monde meilleur.

L’Homme a certes vécu de tout temps sous le joug de peurs existentielles récurrentes d’autant que la consistance même de sa vie a longtemps été réduite à bien peu de choses. Sans cesse menacé par des épidémies et des famines ravageuses, des catastrophes naturelles insurmontables ou des guerres sanglantes, l’être humain traversait son existence en se percevant très vite comme un macchabée en devenir à plus ou moins brève échéance. Si l’on mourait plus au Moyen-âge, on désespérait en revanche nettement moins qu’aujourd’hui !

En France, un scandale a particulièrement marqué la société au point de la faire basculer dans une équation délétère dont le modèle systémique perdure encore aujourd’hui à chaque crise ou convulsion sociétale. Ce scandale est la célèbre affaire du sang contaminé. Avec lui et ses cinq mécanismes récurrents, la société s’est durablement plongé dans une ambiance anxiogène à l’égard des technologies et des industries. Retour sur un événement marquant de la systémique de crise moderne.

 Note de lecture : « L’Idée qui tue » de Nicolas Bordas

par Olivier Cimelière
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Derrière ce titre mi-énigmatique, mi-iconoclaste se révèle un diable de bouquin comme on aimerait en lire plus souvent pour se dérouiller les neurones tout en apprenant avec jubilation et sans prise de tête. A partir d’un postulat simple qui est de décortiquer l’essence d’une idée de sa naissance à sa mort, Nicolas Bordas a réalisé un décryptage emballant et très abordable du concept d’idée.

A peine après avoir refermé le livre, le lecteur est aussitôt saisi de multiples idées. Celles qui font avancer le monde, simplifier la vie et comprendre l’existence. A tous ceux qui souhaitent donc booster leurs idées, la lecture de cet ouvrage s’impose.

 Médias, entreprises, opinion : ménage à trois ou divorce irrémédiable ?

par Olivier Cimelière
Information

J’ai participé comme auditeur au colloque intitulé « La responsabilité des médias » qui s’est tenu le 17 septembre à Paris à l’initiative du Press Club de France et du Mouvement Ethic. Trois tables rondes ont confronté les visions des journalistes, des communicants et des dirigeants qu’ils soient élus ou entrepreneurs. Les débats ont été l’occasion de revenir sur les relations souvent ambivalentes et conflictuelles qu’entretiennent les médias et le monde des décideurs sous l’œil pressant et pas toujours bienveillant d’une opinion publique prompte à opposer ou vilipender les uns ou les autres selon les instincts du moment.

Dans ce complexe ménage à trois, la presse tâtonne à la recherche de la martingale éditoriale qui lui fera regagner crédibilité et faveurs de son public sans se couper pour autant des pouvoirs économiques et politiques. Lesquels continuent d’osciller entre crainte de se faire étriller et envie d’occuper les feux de la rampe médiatique.
Même si la discussion a parfois été empreinte de quelques digressions superflues, la teneur des exposés a été de bonne facture et riche en indices pour redonner à ce triangle infernal, un peu de sérénité et de positivisme. Le Blog du Communicant 2.0 vous propose un substantifique tour d’horizon des principales remarques déclinées au cours des tables rondes.

 Ethique & communication : peut-on acheter un mot-clé pour informer ?

par Olivier Cimelière
Google muscle

L’immixtion des mots clés dans la chaîne de l’information a connu un énième rebondissement avec le récent achat par l’UMP du mot « perquisition » sur Google pour atténuer la pression médiatique liée à l’enquête autour de l’affaire Woerth-Bettencourt. Le procédé n’est pas nouveau pour le parti majoritaire qui y recourt depuis 2005 de manière chronique pour attirer l’attention des internautes sur ses argumentaires et promouvoir ses idées politiques. Des entreprises s’adonnent également à l’usage tactique du mot-clé sur les moteurs de recherche pour mieux émerger dans le débat environnant et contrer d’éventuels opposants lors de période de crise. Le géant pétrolier BP y a d’ailleurs fait recours intensivement à la suite de la marée noire provoquée par l’explosion de sa plateforme d’extraction dans le Golfe du Mexique.

Si l’approche marketing et consumériste des mots clés peut se concevoir pour vendre des produits, des marques et des services, peut-on en revanche utiliser les mêmes outils commerciaux de référencement dès lors qu’il s’agit de sujets d’information aux enjeux sociétaux nettement plus sensibles. L’intrusion des mots clés dans l’arsenal du communicant d’entreprise et/ou politique soulève de véritables questions éthiques. Peut-on orienter le débat d’idées et les sujets d’actualité comme on promeut un modèle de voiture ou un site de petites annonces immobilières ? La question mérite d’être posée car elle sous-tend des déviances dangereuses pour la chaîne de l’information déjà suffisamment complexe et brouillée à l’heure actuelle.

 Risque & Progrès : Quand la manipulation entre en jeu (10/12)

par Olivier Cimelière
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En mars 1979, l’industrie nucléaire connaît son premier épisode dramatique majeur sur l’île américaine de Three Mile Island en Pennsylvanie. Un réacteur de la centrale nucléaire est entré en fusion suite à une panne du système de refroidissement et menace à tout moment d’exploser. Après trois semaines de lutte intensive, le réacteur est muselé et accompagné en particulier par la mise au point de plans cohérents d’évacuation et d’information de la population. Le pire est évité mais la crainte du nucléaire est amorcée. Les manoeuvres manipulatoires aussi !

C’est certainement avec l’explosion de la centrale atomique de Tchernobyl en Ukraine le 26 avril 1986 que la suspicion va atteindre son paroxysme d’autant que l’opacité des autorités soviétiques sur le sujet est totale dans les premiers jours de l’accident.

 Chine : un bouchon, trois p’tits tours et puis s’en vont !

par Olivier Cimelière
Bouchon -

Une information insolite a récemment agité les médias du monde entier durant plusieurs jours. La cause ? Un gigantesque bouchon automobile qui s’étendait sur près d’une centaine de kilomètres entre la capitale chinoise Pékin et la région de la Mongolie intérieure. L’incroyable congestion a déclenché une couverture médiatique sans précédent. Le sujet n’était certes pas anodin mais de là à susciter une telle frénésie dans les rédactions, on peut raisonnablement s’interroger. Le blog du Communicant 2.0 s’est amusé à trouver quelques raisons (réelles et/ou imaginaires) pour lesquelles le bouchon chinois s’est retrouvé à autant faire les gros titres de la presse occidentale. Du plus technique au plus fantasmatique, revue de détail d’un malicieux embouteillage, symptôme récurrent de l’emballement médiatique.

Le 23 août 2010, comme la plupart de ses confrères, la BBC fait tomber la nouvelle sur ses ondes. Un immense de bouchon de 62 miles s’est formé sur l’autoroute G110 qui part de Pékin pour s’enfoncer vers la Mongolie intérieure. Convertie en bon vieux système métrique, la longueur de l’embouteillage atteint les 99,77 kilomètres. Une véritable muraille de Chine version tonnerre mécanique digne de surcroît de figurer dans le prestigieux Guinness Book ! De fait, cette dernière semble en effet établir un record du monde inégalé à ce jour sur la planète. Un record accompli de bout en bout et d’un seul tenant là où nos bouchons parisiens et chassés-croisés vacanciers se cumulent géographiquement pour pouvoir franchir la barre des trois chiffres. Et en plus de sa longueur jamais vue, le bouchon chinois tutoie également les records en termes de durée puisque les véhicules sont piégés sur le ruban de bitume depuis dix jours !

 Note de lecture : «Implosion» de Jean-Pierre Paclet

par Olivier Cimelière
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Un blog ne vit et ne s’enrichit qu’à force de lectures. C’est dans cette optique que le Blog du Communicant 2.0 inaugure une nouvelle rubrique tout simplement intitulée « Notes de lecture ». Ponctuellement, elle s’efforcera de chroniquer des ouvrages récemment lus et d’en extraire une vision synoptique pour qui souhaite disposer d’un avant-goût du contenu proposé. Premier opus à ouvrir le bal : Implosion, le livre témoignage de l’ancien docteur de l’équipe de France de football, Jean-Pierre Paclet.

A peine la débâcle des Bleus était-elle consommée sur les terrains de la Coupe du Monde en Afrique du Sud que déjà les étagères des libraires regorgeaient de « quick books » censés délivrer la synthèse ultime de deux semaines grandguignolesques au cours desquelles le football tricolore fut la risée surréaliste de la planète. C’est ainsi que l’amateur de plongée dans les entrailles viciées des vestiaires a eu par exemple le choix entre un Pierre Menès saignant à son habitude (Carton rouge pour les Bleus), un Jean-Michel Larqué inflexible (Les secrets du fiasco), un Serge Raffy fictionnesque (Dans la tête de Raymond), un Eugène Saccomano dépité (Le roman noir des bleus) ou encore un coup de gueule collectif (Plus jamais çà).

Le mérite de l’ouvrage de Jean-Pierre Paclet (réalisé avec la collaboration du journaliste spécialisé du Point, Thibaut Danancher) est d’apporter cette fois la vision d’un acteur de l’intérieur contrairement aux ouvrages cités précédemment. De 1992 jusqu’à 2008, le médecin a côtoyé et soigné diverses générations de joueurs sélectionnés en équipe de France Espoirs puis A. A ce titre, le livre regorge d’anecdotes et de scènes vécues auprès des grands noms du football tricolore et de leur encadrement dont l’incontournable Raymond Domenech.

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