Note de lecture : Les médias sociaux expliqués à mon boss d’Hervé Kabla et Yann Gourvennec

par Olivier Cimelière
OC - Social Media

Une fois n’est pas coutume, le Blog du Communicant 2.0 fait une petite entorse à ses principes éditoriaux en consacrant une chronique à un livre qu’il n’a pas encore intégralement lu : Les Médiaux Sociaux expliqués à mon boss d’Hervé Kabla et Yann Gourvennec. Alors page de pub, copinage ou les deux à la fois ? Loin de moi de céder aux sirènes charmeuses du renvoi d’ascenseur, j’ai souhaité en faire déjà l’écho pour les raisons que je décline ci-dessous.

La première tient au fait que la publication de ce livre s’inscrit pleinement sous l’égide de Media Aces dont la branche française a été fondée en 2009 par les deux auteurs. D’origine américaine, cette jeune association vise précisément à rassembler des praticiens et des experts issus de petites et grandes entreprises (mais aussi des administrations, des institutions et des collectivités) qui ont fait des médias sociaux, un des piliers de leur stratégie de communication.

 Servier & Mediator : Quand un patron passe en communication mode bunker

par Olivier Cimelière
Mediator - Logo

Fondateur du groupe pharmaceutique éponyme et toujours aux rênes de l’entreprise, Jacques Servier vient de rompre le silence médiatique qu’il avait jusqu’à présent adopté face à la virulente polémique imputant à son médicament, le Mediator, la mort possible de plus de 500 patients en France. Retiré du marché depuis 2009 par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), le médicament destiné initialement aux diabétiques en surcharge pondérale est en effet plongé au cœur d’une crise sanitaire à rebondissements dont l’impact risque de ternir encore un peu plus l’image déjà souvent décriée de l’industrie pharmaceutique.

L’intervention publique récente du président du groupe Servier aurait pu viser à rasséréner les esprits et temporiser en attendant que les investigations complémentaires infirment (ou confirment) les soupçons à l’égard du Mediator. Il n’en fut rien. La lecture de l’interview accordée au quotidien Le Monde procède d’une hallucinante stratégie de communication (si tant est qu’il y en ait véritablement une !) où les supputations et les explications avancées lorgnent plus vers le déni radical que le souci de comprendre et d’atténuer. Aussi déroutante et péremptoire soit-elle, l’attitude « communicante » du patron des laboratoires Servier est emblématique du phénomène récurrent de crispation managériale lorsqu’une crise survient et en dépit des nombreux signaux d’alerte antérieurs. Aux vertus de la communication, on substitue le mode bunker.

 Tea Party & Sarah Palin : Reprendrez-vous une infusion de com’ saveur réac ?

par Olivier Cimelière
Tea Party - Logo

Le Tea Party a fait irruption dans la vie politique américaine en l’espace d’une petite vingtaine de mois au point de parvenir à décrocher plusieurs mandats électoraux lors des élections du 2 novembre dernier. Cette percée fulgurante du Tea Party qui bouscule les lignes politiques conventionnelles, repose sur une communication surfant volontiers sur un détonnant cocktail où les peurs sociétales de l’Amérique profonde s’entremêlent aux valeurs ancestrales des Pères Pèlerins, fondateurs de la Nation américaine.

Difficile aujourd’hui de prédire si le Tea Party relève de la bouilloire contestataire sans véritable lendemain ou si au contraire, cette décoction populiste va continuer à infuser dans une opinion publique américaine chauffée à blanc par la récusation des élites et la crise financière. Décryptage d’un phénomène politico-médiatique aux idées souvent courtes mais aux longs effets de traîne que réseaux sociaux et postures communicantes chocs sèment à tout vent. Avec en embuscade depuis son Grand Nord sauvage, une Sarah Palin revigorée et sans complexes pour lancer une OPA sur le Tea Party et se positionner pour 2012.

 Victime je pense donc victime je suis (3/3)

par Olivier Cimelière
Victimes - Justice

Le contexte sociétal d’aujourd’hui est devenu favorable à la prolifération d’une ambiance victimaire belliqueuse. On ne cherche plus à comprendre pour sanctionner. On cherche d’abord à exorciser pour réparer, souvent par le truchement du versement d’une conséquente somme d’argent. Depuis les retentissants procès faits à l’industrie du tabac qui s’est vue contrainte de régler des montants astronomiques à d’anciens fumeurs victimes de cancers, les entreprises (ou toute cible ayant des revenus confortables) et les pouvoirs publics sont à la merci des coups de massue judiciaires les enjoignant à sortir le chéquier pour dédommager des victimes.

Aucun secteur d’activité n’est à l’abri pour peu que les victimes s’estiment gravement lésées et/ou atteintes dans leur intégrité physique et morale. Un exemple pioché parmi d’autres : en août 2007, sept constructeurs automobiles japonais ont finalement accepté de conclure un accord amiable avec plus de 500 plaignants et de leur accorder une indemnité compensatoire de 7,4 millions d’euros. Depuis 1996, ils étaient attaqués devant le tribunal de Tokyo au motif que leurs moteurs diesel déclenchaient des problèmes respiratoires. Si au départ les plaignants n’étaient qu’une petite centaine de personnes, le flot n’avait cessé de grossir au fil des ans.

 Note de lecture : Journal intime d’un banquier d’Hugues Le Bret

par Olivier Cimelière
Journal Intime banquier - resized

A peine le procès Kerviel s’était-il refermé que la Société Générale a dû affronter quasi concomitamment un inattendu pavé dans la mare sous la forme d’un livre choc de son ancien directeur de la communication, Hugues Le Bret. Dans un exhaustif carnet de bord, il narre dans les moindres recoins les circonstances de la découverte de la fraude commise par le trader déchu et les épreuves que l’état-major de la banque va ensuite traverser dans les semaines qui suivent. Un témoignage inédit, parfois subjectif mais toujours instructif. Un livre que tout professionnel de la communication devrait lire comme un cas d’étude transposable à n’importe quel secteur d’activité.

En plus de fournir une hallucinante plongée au cœur du réacteur bancaire de la Société Générale, l’ouvrage d’Hugues Le Bret constitue en effet un enrichissant regard d’un directeur de la communication confronté à une crise aussi violente qu’inattendue et aux répercussions potentielles dramatiques pour le système financier mondial. A cet égard, le livre fournit un bien meilleur cas d’étude de communication de crise que n’importe lequel des manuels et précis universitaires qui glosent sur le sujet sans jamais vraiment l’avoir touché du doigt.

 Victime je pense donc victime je suis (2/3)

par Olivier Cimelière
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La tendance victimaire a connu son apogée (mais probablement pas son déclin) avec deux affaires restées dramatiquement indélébiles dans les annales judiciaires : le dossier Allègre et celui d’Outreau. Dans les deux cas, des personnes ont été prestement mises en cause et désignées à la vindicte des médias et de l’opinion publique sur la foi de témoignages en apparence plausibles des présumées victimes. Longtemps déficitaire en matière d’attention de la part du corps sociétal, la victime jouit désormais d’un poids proportionnellement inverse. A tel point que les dérapages affleurent en permanence tellement le tryptique médias-justice-politique place la victime au centre de ses préoccupations. Deuxième volet de l’analyse.

Dans l’affaire Allègre, il a suffi de la médiatisation des graves déclarations de deux prostituées et un travesti pour que des personnalités toulousaines dont l’ancien journaliste et ex-maire, Dominique Baudis, se retrouvent clouées au pilori et accusées d’actes sadomasochistes, de viols et d’assassinats. Au cours de l’enquête, la personnalité fantasque et mythomane du travesti sera pourtant mise en lumière tandis que les deux prostituées finiront également par se rétracter devant le juge et les gendarmes. En attendant et malgré ses dénégations qui l’ont même amené à devoir clamer en direct son innocence sur le plateau du journal de 20 heures de TF1, Dominique Baudis a enduré opprobre et calomnies avant même que la justice n’ait levé toutes les zones d’ombre de l’affaire.

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