Peut-on concilier blog d’expression personnelle et activité professionnelle ?

Formulée ainsi, la question peut apparaître déplacée tellement l’identité numérique est peu à peu devenue une prolongation mutuelle de son profil personnel et de sa réputation professionnelle pour bon nombre d’experts, d’influenceurs et d’acteurs de la vie publique. Même si cela ne constitue pas en soi une obligation incontournable, la création et l’animation d’un espace numérique en son nom propre est incontestablement un levier pour augmenter sa visibilité professionnelle, décloisonner et étendre son réseau de contacts, accélérer la circulation et le partage d’idées, voire susciter des opportunités que le « real life » aurait mis des lustres à générer. C’est qu’on appelle communément le « personal branding » et les ouvrages abondent sur le sujet !

C’est précisément sur ces bases exaltantes que je me suis lancé à corps perdu dans l’aventure d’un blog personnel sur la communication, l’information et la réputation en mai 2010. Quelques mois plus tard, je ne regrette absolument pas d’avoir apporté ma petite pierre digitale à cette effervescente blogosphère. Cela m’a permis de nouer de nouvelles relations enrichissantes avec des homologues, des journalistes, des blogueurs partageant les mêmes centres d’intérêt et d’apprendre un peu plus à évoluer dans l’univers bavard et luxuriant des médiaux sociaux. En faisant cela, je n’ai jamais eu l’impression d’affronter un dilemme schizophrénique où la casquette professionnelle du personnage craindrait en permanence de se voir écornée par la plume prolixe et passionnée de la face personnelle.

Un blog est-il un nid de guêpes ?

Bloguer ou ne pas bloguer, telle est la question !

Pourtant, si j’aborde aujourd’hui le sujet du risque professionnel que peut receler un blog, c’est parce que la question m’a été posée à de multiples reprises et en particulier par des amis journalistes dont certains sont par ailleurs blogueurs eux-mêmes à leurs heures perdues. J’en profite pour recommander au passage la visite du Beta Blog qui rencontre régulièrement les jeunes pousses du Web français sous l’œil averti de Frédéric Georges Tudo, un de mes questionneurs évoqués ci-dessus !

Est-ce à cause du cliché un peu binaire qu’ils nourrissent spontanément à l’égard des communicants, souvent perçus comme des porte-voix sans aspérité, ni capables d’autres idées que celles que leur employeur leur enjoint de promouvoir ? Toujours est-il que plusieurs ont trouvé à la lecture de mon blog que certains de mes propos étaient osés et pourraient même me causer du tracas dans l’optique d’un futur recrutement, d’une collaboration ponctuelle ou même à l’égard de mon entreprise actuelle.

J’avoue que j’ai été un poil circonspect à l’écoute de ces remarques amicales mais semble-t-il effarées par quelques-unes des lignes contenues dans ce blog. N’ayant vraiment pas l’impression de nourrir un blog sulfureux, je me suis d’abord dit que nous étions décidément dans une ère diablement rongée par le politiquement correct où rien ne doit déborder du cadre édicté sous peine de se faire ratiboiser et sanctionner en conséquence par la « bien-pensance » dominante. En relisant les billets pouvant figurer parmi les plus grinçants, je n’ai très sincèrement pas le sentiment de nourrir un blog séditieux et irrévérencieux où l’invective et le comminatoire seraient la boussole éditoriale.

Que le ton puisse être piquant ou s’amuse à noter malicieusement certains paradoxes ou incohérences, je le concède bien volontiers. Mais de là à m’ériger en tribun engagé et enragé, il y a un pas que je refuse d’endosser d’autant qu’il ne correspond pas à ma personnalité profonde, ni à mes convictions plutôt naturellement portées vers le consensus que le fracas des armes.  A mes yeux, un blog n’est pas un nid de guêpes conflictuel qu’on excite pour se rendre intéressant, décrocher la timbale du si prisé buzz ou encore asséner ses opinions inflexibles.

Clarifier d’emblée les terrains d’expression

Afficher d’emblée les intentions et les limites du blog

La question m’a vraiment tarabusté car en ouvrant ce blog, j’ai justement pris soin de préciser avec netteté les limites que je me fixais pour éviter tout conflit d’intérêt potentiellement préjudiciable à mon employeur comme à ma réputation. C’est ainsi que je m’interdis clairement d’évoquer des thématiques directement liées à l’actualité de mon employeur. Non pas par absence d’idées sur les dits sujets ou par crainte pusillanime de représailles mais tout simplement pour ne pas brouiller abusivement les rôles et parce que je n’incarne pas à moi tout seul la politique d’une entreprise. Il est en effet des cas où l’individu doit savoir s’effacer au profit d’un collectif. Et si le désaccord venait à sourdre avec une acuité trop insupportable entre cet individu et ce collectif, alors il convient de savoir regagner sa liberté et éventuellement de divorcer si aucune conciliation n’est plus possible.

J’ai certes bien conscience que l’exercice n’est pas sans anicroches, ni contorsions pour ceux qui cumulent casquette de blogueur et casquette plus classique. Il arrive même parfois que l’équation entre le blog personnel et l’étiquette officielle suscite quelques hiatus irréconciliables. La mésaventure survenue par exemple en avril 2009 à Eric Revel, directeur de la rédaction de LCI, est symptomatique du grand écart rédactionnel auquel peut être confronté un professionnel. Sur son blog, Eric Revel avait qualifié de démagogique le discours de résipiscence que Ségolène Royal venait de prononcer à Dakar suite aux déclarations très controversées de Nicolas Sarkozy sur « l’homme africain » deux ans plus tôt. L’impudent article a été alors très vite retiré du blog sur ordre de la direction générale de TF1, maison-mère de la chaîne LCI. Laquelle s’empressait de publier dans la foulée un communiqué de presse en indiquant que les propos d’Eric Revel (1) « ne sauraient engager ni la rédaction de LCI, ni la direction générale de l’information du groupe TF1 » tout en précisant plus loin qu’elle allait « examiner les suites internes à donner à cette affaire ». Le couperet n’a guère tardé et le blog d’Eric Revel fermé sine die au motif que (2) « cela déchaînait les passions, il n’était pas possible pour lui de s’exprimer dans de bonnes conditions » (sic).

Se taire, se cacher ou … assumer ?

Avancer à visage découvert plutôt que se réfugier dans l’anonymat

Pour autant, la remarque de mes chers amis a continué de me tarauder. Et si finalement je devais me taire et me délester de ce blog ? Ou alors devrais-je juste me contenter de publier d’anodines listes des « 10 meilleurs trucs de blogueurs » et autres recettes de prêt-à-penser pour lesquelles je n’ai pourtant aucune véritable valeur ajoutée ? Le cas échéant, je pourrais aussi discrètement m’emparer de contenus anglo-saxons, les traduire à ma sauce et y accoler ma signature pour passer ainsi pour un brillant expert à l’avant-garde des usages numériques. Tout est possible sur la Toile, y compris les démarches les moins ouvertement assumées ou les plus bassement mercantiles pour exister à tout prix.

Autre solution : prendre le maquis de l’anonymat et transformer le blog en champ de manœuvre numérique pour pousser ses opinions sans craindre la mitraille adverse. C’est effectivement une démarche que j’avais d’ailleurs évoquée dans un billet peu de temps après l’ouverture de ce blog. Démarche que j’ai pourtant immédiatement exclue. Hormis quelques rares cas où le masque peut se justifier comme protection indispensable, j’éprouve toujours quelques réticences à l’égard de ceux qui professent des critiques et des analyses sans jamais les assumer en pleine lumière. A mes yeux, le principe de congruence doit s’appliquer également à celui ou celle qui fait œuvre de blogging, à savoir être cohérent entre ce que l’on dit et ce que l’on pratique. Autrement, c’est la porte ouverte à une dangereuse absolution éditoriale que l’anonymat encourage de surcroît aisément.

Philippe Bilger n’hésite pas à jongler entre sa fonction d’avocat général et sa passion de blogueur

A cet égard, je suis assez admiratif du blog tenu par Philippe Bilger et intitulé « Justice au singulier». Avocat général à la cour d’assises de Paris et auteur de plusieurs ouvrages sur le fonctionnement de la justice, il anime en parallèle depuis novembre 2005 un blog qui traite précisément des problèmes judiciaires mais aussi de l’actualité sociétale et médiatique française. Le ton est souvent incisif, direct, voire ouvertement partial mais toujours honnête.

En 2007, il a même tiré de ses billets, un livre tout aussi engagé au titre absolument explicite : J’ai le droit de tout dire. Sur la jaquette, il justifie sa démarche de son ouvrage et de son blog (3) : « Défendre ceux qui osent exprimer des pensées dissidentes ou inconfortables, c’est-à-dire politiquement incorrectes. Car le point noir de notre démocratie, c’est de cultiver un humanisme clientéliste et non d’éthique et de conviction. Avec pour conséquences, le recul du prestige de l’institution judiciaire, les régulières atteintes à la liberté d’expression et un débat de société qui a, peu à peu, perdu la profondeur du véritable échange contradictoire… à force d’être confisqué par la langue de bois médiatique ». On ne saurait être plus clair !

Défenseur patenté de la liberté d’expression, il n’en est pas moins régulièrement confronté à de subtiles situations où l’exercice de son blog peut même l’amener  jusqu’à commenter des affaires judiciaires dans lesquelles il est par ailleurs impliqué en tant que magistrat. Dans une interview donnée en avril 2009, il ne renie pourtant en rien le côté funambule auquel son blog peut parfois l’acculer (4) : « C’est une possibilité de réaction, une chance de réactivité sur les sujets qui découlent de ma passion médiatique et en tenant compte du triple objet que j’ai assigné à mon blog qui ne me fait jamais, je l’espère, tomber dans la politique partisane, mais parfois je suis au bord. J’en ai conscience (…) Mais le dialogue que j’entretiens tout de même avec beaucoup de mes lecteurs, beaucoup de mes commentateurs, sur ce blog qui refuse d’aborder le politique en partisan, tout cela est très enrichissant pour moi et rentre en effet dans cette philosophie du dialogue, de l’explication, du surgissement, d’une liberté de magistrat qui vient dire sur beaucoup de thèmes ce qu’il pense en étant me semble-t-il plus authentique que beaucoup de médias traditionnels ».

Ne pas refuser, ni s’effrayer du dialogue

Accepter le dialogue … et la critique du moment que le respect prime

Dans un autre entretien, Philippe Bilger ajoutera même un constat sévère (5) : « J’ai l’impression, tout de même, que sur le plan de la liberté d’expression la France est un pays qui régresse. Elle préfère de plus en plus la judiciarisation des idées à l’affrontement démocratique des convictions et des pensées ». Je ne suis pas loin de partager cette remarque. A mon sens, la possibilité qui s’offre aujourd’hui à chacun de s’exprimer à travers les blogs et autres outils Web 2.0 ne peut que concourir à régénérer et entretenir la vitalité de l’agora démocratique que le marteau pénal tente un peu trop souvent d’assommer.

Ensuite, tout est question d’honnêteté intellectuelle de la part de chacun. Même si à ce jour je n’ai pas une réponse à 100% infaillible, je continue malgré tout de penser que l’authenticité des propos doit primer plus que tout sur un blog à condition que respect et tolérance soient également de la partie ! Je peux tout à fait concevoir que mes écrits puissent çà et là faire grincer des dents ou susciter des réactions épidermiques. Je ne m’en offusque pas. Au contraire même ! Je l’ai d’ailleurs expérimenté à maintes reprises avec plusieurs billets qui m’ont valu des commentaires enthousiastes, argumentés mais aussi lapidaires, outrés, critiques. Au hit-parade des sujets controversés, on trouve notamment les billets sur WikiLeaks, sur les insultes faites aux journalistes, l’affaire Mediapart – Woerth – Bettencourt, le jugement Kerviel ou plus récemment le dossier du Mediator et le phénomène du Tea Party aux Etats-Unis.

Exceptés quelques allumés péremptoires, agressifs et irréductibles avec lesquels le dialogue est tout bonnement impossible, j’ai vraiment apprécié de pouvoir échanger de ces différences de points de vue. Pour autant, je n’ai pas eu le sentiment de mettre en péril ma réputation professionnelle parce que j’avais osé émettre telle ou telle analyse. Mieux, je me dis même que si cela devait être le cas aux yeux d’un potentiel dirigeant, alors ce blog aurait au moins le mérite d’être sans ambages et de dissuader toute personne recherchant des collaborateurs dociles, préformatés et vidés de toute substance intellectuelle. C’est bien plus l’alliance et le métissage des idées qui fondent le dynamisme et l’efficacité des entreprises que le concassage et le stéréotypage des esprits.

Unicité et communauté ne sont pas forcément incompatibles. Au contraire !

Heureusement, il n’existe pas que des dirigeants ayant une vision managériale si étriquée. De plus en plus de managers de haut vol tolèrent et encouragent même leurs collaborateurs à s’exprimer pourvu que les règles de la bienséance et de la responsabilité envers autrui soient pleinement respectées. Dans son livre consacré au « personal branding », le consultant Olivier Zara insiste d’ailleurs fortement sur cette évolution inéluctable. A propos des organisations du futur, il cite notamment les réflexions de Thomas Malone, professeur de management au célèbre MIT (6) : « Il montre qu’à l’avenir, chacun de nous pourrait devenir une entreprise uni-personnelle. Chacun de nous évoluera dans un réseau et participera à plusieurs entreprises successivement ou en même temps ».

Autrement dit, un blogueur reconnu peut à son tour apporter sa valeur ajoutée à une entreprise déjà bien établie sans que cela ne requiert de la part du premier, l’abandon de sa propre personnalité au profit de la bannière qu’il représente désormais. Lorsque le célèbre consultant en réseaux sociaux Scott Monty a pris la direction des médias sociaux pour le compte du constructeur automobile Ford, il n’a pas pour autant mis un terme à son blog, ni à ses conférences. Il mène tout simplement de front les deux activités constitutives de sa personnalité numérique en veillant à ne pas tout mélanger.

Conclusion – Vigilance et pertinence

Alain Juppé vient d’expérimenter récemment la distorsion qui peut se créer entre des propos tenus sur son blog et ses nouvelles fonctions ministérielles

Le bon vieil adage populaire recommande depuis la nuit des temps qu’avant de s’exprimer, il faut parfois savoir tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Tout moderne qu’il soit, un blog ne déroge pas à la règle. Bien au contraire aurais-je même envie de dire tellement le réseau garde quasi éternellement la trace numérique de vos propos, vos écrits, vos paroles et même vos gestes. Sans sombrer pour autant dans l’actuelle fantasmagorie médiatique et sociétale qui s’indigne un peu hypocritement que Facebook et consorts donne trop facilement accès à des choses devant rester de l’ordre de l’intime, il est évident que s’exprimer sur les réseaux sociaux engage la personne.

Au fil du temps qui passe, certains propos peuvent effectivement prendre une coloration autre que celle imprimée au moment où le texte était rédigé. Le Canard Enchaîné a ainsi espièglement épinglé (6) Alain Juppé, tout récemment nommé ministre de la Défense et de fait plongé au cœur d’une épineuse affaire de rétro-commissions dans l’affaire dite de Karachi. Il s’est amusé à relire a posteriori les billets du blog personnel que tient Alain Juppé depuis 2004. Blog où il confie et mêle selon ses propres mots, «coup de cœur, coup de gueule, proposition et réflexion ».

Or, à la date du 30 octobre 2009, l’hebdomadaire satirique a pointé deux passages écrits par celui qui n’était à l’époque que député-maire de Bordeaux et qui prennent aujourd’hui un tout autre relief : «  Quant aux “rétro-commissions” versées à des personnes, morales ou physiques, françaises, elles ont toujours été prohibées et réprimées. Si, dans l’exercice de mes fonctions, j’en avais eu connaissance, j’aurais évidemment saisi sur le champ la justice. Le cas ne s’est jamais produit. Je ne vois donc pour ma part aucune objection à la levée du secret défense. Il appartient aux autorités compétentes de notre pays d’apprécier si l’intérêt supérieur de la France peut en souffrir ou non ». Une levée du secret défense sur laquelle le frais émoulu ministre des Armées est désormais nettement plus timoré lorsque les journalistes l’interrogent sur le sujet !

Néanmoins et au-delà de la plaisante anecdote qui confirme si besoin était que les écrits demeurent (ceci étant dit, les paroles s’envolent de moins en moins comme en témoigne la loupe scrupuleuse et impitoyable du Petit Journal de Canal + capable d’exhumer d’anciens discours et de montrer que les cabinets gouvernementaux cèdent au copier-coller d’une année à l’autre !), peut-on décemment reprocher à Alain Juppé de s’être exprimé aussi librement ?

Certains le penseront évidemment, probablement mués par de partisanes motivations politiciennes ou bien adeptes de l’inénarrable langue de bois. Pour autant, doit-on alors céder à la peur de dire et d’écrire au risque que cela nous soit objecté un jour ? Il n’y a en fait pas de posture idéale. Il revient surtout à chacun d’estimer jusqu’où il peut placer le curseur discursif et jusqu’où il est prêt à en assumer la teneur. D’aucuns en feront un usage gourmand et impertinent pour participer au débat démocratique tandis que d’autres s’ingénieront à polir et lénifier sans jamais prendre le risque de trop parler. Pour ma part et sans prétention aucune de détenir une vérité absolue, je préfère dire ouvertement et assumer que maudire en silence et médire hypocritement.

Sources

(1) – Communiqué de presse de TF1 du 7 avril 2009
(2) – Régis Soubrouillard – « TF1 censure son éditorialiste-blogueur » – Marianne2.fr  – 20 avril 2009
(3) – Philippe Bilger – J’ai le droit de tout dire – Editions du Rocher – 2007
(4) – Olivier Bailly – « Philippe Bilger passe aux aveux » – Agoravox.fr – 7 avril 2009
(5) – MryEmery – « Philippe Bilger : Sur le plan de la liberté d’expression, la France régresse » – LePost.fr – 3 avril 2010
(6)  – Olivier Zara – Réussir sa carrière grâce au personal branding – Editions Eyrolles – 2009
(7) – « Juppé gonflé à blog » – Le Canard Enchaîné – 1er décembre 2010

Lectures complémentaires

– Edouard Laugier – « Je blogue donc j’influence » – Le Nouvel Economiste – 23 décembre 2010
– JJ – « Les enthousiastes et les flippés de l’identité numérique » – Blog Editorial G33k – 19 novembre 2009

8 commentaires sur “Peut-on concilier blog d’expression personnelle et activité professionnelle ?

  1. J.Juraver -

    Aaah les enthousiastes et les flippés de l’identité numérique… j’en ai fait moi aussi u décryptage des confusions : http://geek.juraver.net/2009/11/les-enthousiastes-et-les-flippes-de-lidentite-numerique/

    Comme quoi, on se renouvelle pas tant que ça… la question reste à l’ordre du jour.
    Sur les organisations et leur blogging corporate, je serais plutôt prudent. Sur la réputation numérique du particulier, quelle que soit sa provenance, je reste totalement persuadé que tu as raison en ce mots : « Il revient surtout à chacun d’estimer jusqu’où il peut placer le curseur discursif et jusqu’où il est prêt à en assumer la teneur. »

    Ne pas faire avec, mais plaire avec.
    Les parcours, les à-côtés, les compétences périphériques, ne sont pas des boulets, mais du pain béni si on sait bien les réinvestir : dans une parole pour celui qui les possède, dans une information majeure pour celui qui les recrutent.

    1. Olivier Cimelière -

      Merci JJ pour ce commentaire et l’excellent billet que vous avez écrit ! Je me suis d’ailleurs empressé de le citer dans ma liste de lectures conseillées. Il rassemble très bien l’essentiel des questions qui demeurent en effet d’actualité et qui à mon humble avis, perdureront ! En tout cas je partage pleinement vos remarques ! Merci encore pour l’info !

        1. Olivier Cimelière -

          C’est normal de promouvoir les bons blogs et les réflexions pertinentes ! Parce qu’il faut quand même trier sacrément dans la blogosphère ! Donc quand j’ai lu le vôtre, j’ai vite apprécié le très bon niveau !

  2. Herve Kabla -

    Très sincèrement, je pense que quelque soit l’entreprise, la maîtrise des outils du web social est un atout indéniable quand on prend un poste de dircom. Regarde ce qui se passe chez Boeing, société on ne peut plus politique, donc le VP marketing tient un blog depuis 5 ans. Ton blog ne peut qu’être utile pour ton type de job.

    Et en ce qui concerne les entreprises qui dédaigneront ta candidature pour cause de « blogueur intelligent », je crois tout simplement que tu t’y ennuierais ferme au bout de quelques mois.

    1. Olivier Cimelière -

      Je suis en phase avec toi et c’est précisément le pari que je fais. Peut-être plus risqué (mais la vie ne l’est-elle pas ?) mais tellement plus passionnant que se transformer en brave petit clone décervelé tout juste à remplir des feuilles de reporting et pondre des guidelines sans intérêt !

  3. Frederic GEORGES-TUDO -

    Très bon post Olivier. Comme tu as eu la bonne idée d’y évoquer nos discussions persos à propos des risques que tu es susceptible de prendre en tenant ton blog, j’en profite pour préciser mon point de vue directement via ce commentaire.

    Pour moi, le risque se pose avant tout de le cadre d’une recherche active d’un nouvel emploi (ou même dans celui d’une ouverture à de nouvelles opportunités professionnelles). Etant donné ta fonctions (dircom) et le style d’entreprises dans lequel tu évolues (grands groupes internationaux), je crains en effet qu’à travers ce blog tu apparaisses aux yeux d’un nouvel employeur potentiel comme un libre penseur, un analyste aigu de son secteur, voire un empêcheur de penser en rond.
    En soi, il n’y a là rien d’excessif. Cette posture est même tout à ton honneur. Mais il me semble (hélas, 10 fois hélas) que la grande majorité des entreprises préfèrent au contraire recruter des cadres dirigeants bien dans le moule, des professionnels compétents mais n’affichant pas d’aspérités trop marquées. Ce d’autant plus lorsqu’il s’agit de choisir leur dircom, premier représentant vis à vis de l’extérieur.
    Ce sentiment personnel n’a certes rien de scientifique. Il se base uniquement sur ce que j’ai pu voir depuis près de 20 ans que j’observe ces grandes organisations en tant que journaliste éco. Il repose aussi sur des discussions que j’ai pu avoir avec quelques clients lors d’une expérience récente de deux ans en tant que chasseur de têtes. Aucun d’entre eux ne m’a jamais dit clairement vouloir des cadres sans aspérité, mais les faits m’ont démontré le contraire. Enfin, cette impression me vient de discussions sur le sujet avec des cabinets d’outplacement. Presque toujours, leur conseil premier est de ne faire aucune vague au moment du recrutement. Or, Olivier, même si tes posts ne font que des vaguelettes, j’espère juste en tant qu’ami qu’ils ne te porteront pas préjudice.

    Soyons positifs, reste toutefois la possibilité non négligeable que certaines grandes entreprises soient au contraire en recherche de dircoms ayant des choses à dire, des réflexions à émettre et des points de vue réfléchis à énoncer. Je me souviens que nous avions d’ailleurs évoqué lors d’une discussion tout le bénéfice que tu pourrais retirer de ton personal branding face à un Xavier Niel ou un Richard Branson. Dans ce cas, le blog du communicant 2.0 deviendrait d’un coup un réel avantage. C’est bien sûr tout ce que je te souhaite.
    Bien à toi
    Frederic Georges-Tudo.

    1. Olivier Cimelière -

      Merci Fred ! Nous en avions effectivement longuement parlé et j’ai attentivement intégré tes commentaires que je sais pertinents car ils découlent d’une longue pratique des entreprises de ta part. J’ai beaucoup cogité et c’est peut-être un pari que je fais mais je crois que nous arrivons désormais à un virage où les communicants devront cesser d’être des purs « spin doctors » et des orfèvres en com’ camouflage !

      Evidemment, cette catégorie continuera d’exister et d’être sollicitée par des dirigeants avides de com’ cosmétique court terme. Pour autant, je constate qu’une nouvelle génération de dirigeants émerge. Une génération qui a compris que la communication (ainsi que celles/ceux qui l’incarnent et la portent) n’est plus un outil de diversion mais un investissement durable pour engager le dialogue, tolérer les différences tout en faisant exister ses propres convictions. Ce type de com’ ne peut émaner que de communicants capables de garder un oeil critique, alerte et pas uniquement obnubilé par le petit nombril de l’entreprise. Le chemin est long et ardu, j’en conviens !

      Ceci étant dit, je reste convaincu que les grands dirigeants éclairés préfèrent des esprits libres à des valets flagorneurs. C’est un pari, un risque peut-être aussi mais je demeure persuadé que des communicants honnêtes, loyaux, capables de recul et de regard critique seront mille fois plus utiles que certains saltimbanques qui conçoivent la com’ comme de la poudre aux yeux ou du gros gourdin ! L’avenir me dira si je me suis trompé ou pas mais je préfère vivre en cohérence avec mes convictions ! Amicalement
      Olivier

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