Tunisie – Egypte : Peut-on vraiment parler de révolution 2.0 ?

par Olivier Cimelière
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La destitution éclair du régime Ben Ali en Tunisie puis l’effritement du pouvoir autocrate de Hosni Moubarak en Egypte ont suscité moult salves de commentaires enthousiastes attribuant aux réseaux sociaux une influence directe sur ces deux événements. A leur lecture, il ne fait guère de doute que c’est la Toile et ses millions d’internautes activistes qui ont fait basculer les gouvernements autoritaires tunisiens et égyptiens. Pour d’aucuns, ces deux mouvements contestataires sous-tendus par une épine dorsale numérique particulièrement vivace augurent même d’une ère nouvelle. Une ère marquée par un renversement radical des pouvoirs entre des gouvernements dictatoriaux et la volonté d’émancipation démocratique des peuples.

Derrière l’image d’Epinal digitale séduisante, peut-on raisonnablement penser que l’ère de la cyber-révolution version 2.0 est désormais avérée ? N’est-ce pas aller un peu vite en besogne que d’attribuer autant d’influence décisive aux médias sociaux au point de générer des manifestations monstres et des renversements express d’antidémocrates ? Sous les octets de la contestation et à la lumière des récents événements de Tunisie et d’Egypte, le Blog du Communicant 2.0 tente de faire le point et de démêler les faits entre mythologie militante et réalité entêtante.

 Gestion de crise : Cachez-moi cette alerte que je ne saurais voir !

par Olivier Cimelière
Herald - Crise

Contrairement à une idée largement répandue (et qui aide souvent à dédouaner des responsables), la crise qui éclate sans crier gare n’existe pas. Seul l’accident est par nature imprévisible. Lui seul est un événement ponctuel qui surgit par inadvertance avec un impact plus ou moins prononcé sur son environnement. De la manière de décrypter les alertes et d’en tirer des enseignements, résulte ou pas la résurgence des crises. Petite réflexion toujours d’actualité et illustrée avec le naufrage du car-ferry, le Herald Free of Enterprise.

Prenons l’exemple d’un conducteur de bus en bonne santé qui circule à allure normale sur l’autoroute. Soudain, il est victime d’une rupture d’anévrisme. Il perd aussitôt le contrôle de son volant. Son autocar dévie brutalement de sa trajectoire, percute et défonce la glissière centrale de sécurité pour finalement s’encastrer dans une voiture qui roulait au même moment en sens inverse. La violence du choc provoque la mort de passagers et en blesse grièvement d’autres. Telle est la notion même de l’accident : un événement qui survient sans indice préalable, ni signe avant-coureur qui laissait supposer que quelque chose d’anormal et d’impactant pouvait potentiellement se tramer.

En revanche, reprenons le même conducteur qui provoque une collision aux conséquences identiques mais cette fois en étant alcoolisé. L’événement en lui-même sera également qualifié d’accident et la faute en incombera au chauffeur. Pourtant, l’analyse détaillée des éléments qui ont concouru au dénouement dramatique de cet événement montre que les ingrédients d’une crise potentielle étaient déjà en place. L’homme avait déjà été condamné pour des infractions de conduite en état d’ébriété. Il avait ensuite récupéré son permis après avoir purgé sa suspension administrative mais n’avait pas mis pour autant un terme à sa consommation d’alcool et ne s’astreignait à aucun suivi médical spécifique.

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