La gestion du risque est autant une affaire de perception sociétale que d’explication technique

par Olivier Cimelière
Gestion du risque et valeurs culturelles sont indissociables surtout à l'heure des réseaux sociaux numériques

Face au risque avéré ou supposé, l’affirmation péremptoire du politique ou le savoir technique arrogant de l’ingénieur ne suffisent aujourd’hui plus à gérer sereinement l’acceptation des progrès et des nouveautés technologiques. Qu’on le veuille ou non, la société civile nourrit désormais une perception du risque beaucoup plus complexe et subtile où le religieux, le philosophique, le mythe, l’éducation, l’éthique, le culturel (et bien d’autres critères encore) peuvent avoir autant d’impact et de poids, sinon plus que les critères économiques et technologiques.

Exit donc les justifications à grand renfort de statistiques et de probabilités, dehors les certitudes scientifiques et les schémas techniques. Même si le corps social les réclame impérativement par souci de sécurité et d’objectivation, il s’empresse paradoxalement de les contester aussitôt par peur de l’insécurité et surtout par méfiance envers des enjeux qui pourraient être cachés. Surtout lorsque des catastrophes humaines interviennent à intervalles réguliers, l’accident nucléaire de Fukushima au Japon venant à nouveau nous le rappeler.

 Coup de gueule : Halte au feu sur les communicants !

par Olivier Cimelière
Feu - Drapeau blanc

Entre les rumeurs feutrées d’une possible grossesse au sein du couple élyséen et les goûts de luxe supputés d’un possible candidat socialiste à la présidentielle, c’est à chaque fois la fameuse « com » que la société civile pointe d’un doigt suspicieux et réprimandeur. N’importe quel truc qui surgit désormais dans les médias est aussitôt affublé du label « intox et manip en tous genres » et décortiqué au scalpel des Diafoirus anti-communication. J’ai envie de dire stop à la confusion et aux amalgames abusifs. Il y a certes des télescopages regrettables, voire risibles mais de là à réduire le débat à des histoires où le communicant est le bricolo conspirationniste de service m’horripile au plus haut point.

Loin de moi l’idée de voler au secours d’un éventuel projet « communication & layette » ou de la ballade strauss-kahnienne en « Porsche Panamera ». Mais il serait souhaitable qu’on arrête de clouer au pilori toute une profession au motif que d’aucuns (mais sont-ils d’ailleurs des communicants ?) feraient un usage calculateur ou opportuniste de la communication. Ce métier que j’exerce depuis maintenant plus de vingt ans n’est pas un vulgaire passe-temps de barbouze et de spin doctor uniquement mû par des objectifs machiavéliques, cosmétiques et court-termistes. La communication, c’est aussi bâtir une vision dans le temps, cultiver du sens par des actions concrètes et donner de la perspective. Il est évident que certains attributs symboliques concourent à mieux faire véhiculer les idées défendues. Néanmoins, ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg tout comme un logo est l’élément identificateur d’une entreprise mais pas sa finalité intrinsèque.

 Note de lecture : Les Gourous de la Com’ d’Aurore Gorius et Michaël Moreau

par Olivier Cimelière
Gourous - Logo Livre

Avec un titre à consonnance très conspirationniste et un sous-titre franchement aguicheur (Trente ans de manipulations politiques et économiques), on pouvait légitimement craindre à la lecture du livre, une attaque au lance-flamme dévastatrice de la part des deux auteurs contre les communicants si souvent suspectés de tirer les ficelles, de maquiller avantageusement la réalité ou encore intoxiquer les journalistes et les citoyens.

Il serait dommage de s’arrêter à ce constat lapidaire. L’ouvrage est en effet plus subtil que ne le laisse supposer son accroche éditoriale même s’il n’est pas avare en coups de griffe et formules critiques qui frôlent parfois la caricature.

Le plus - Le nouvel observateur

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