
Face au risque avéré ou supposé, l’affirmation péremptoire du politique ou le savoir technique arrogant de l’ingénieur ne suffisent aujourd’hui plus à gérer sereinement l’acceptation des progrès et des nouveautés technologiques. Qu’on le veuille ou non, la société civile nourrit désormais une perception du risque beaucoup plus complexe et subtile où le religieux, le philosophique, le mythe, l’éducation, l’éthique, le culturel (et bien d’autres critères encore) peuvent avoir autant d’impact et de poids, sinon plus que les critères économiques et technologiques.
Exit donc les justifications à grand renfort de statistiques et de probabilités, dehors les certitudes scientifiques et les schémas techniques. Même si le corps social les réclame impérativement par souci de sécurité et d’objectivation, il s’empresse paradoxalement de les contester aussitôt par peur de l’insécurité et surtout par méfiance envers des enjeux qui pourraient être cachés. Surtout lorsque des catastrophes humaines interviennent à intervalles réguliers, l’accident nucléaire de Fukushima au Japon venant à nouveau nous le rappeler.















