Crises alimentaires : Que le coupable lève le doigt et vite ! Oui mais après ?

par Olivier Cimelière
AA - Crise ali - VACHE

La récente partie de Cluedo médiatique autour l’escherichia coli, cette bactérie fécale qui a provoqué la mort de 38 personnes en Allemagne, aura été une fois encore particulièrement révélatrice de la systémique de crise qui prévaut régulièrement dès qu’un accident alimentaire survient dans nos sociétés occidentales. A la quiétude sociale rompue, succède aussitôt l’inquiétude collective forcenée et un matraquage médiatique d’envergure dans lesquels la traque du coupable devient l’obsession.

Chaque acteur ou groupe d’acteurs monte alors au créneau avec une question lancinante : « Comment en est-on arrivé là ? ». Chacun s’efforce de bâtir sa propre explication, de trouver des boucs émissaires et de comprendre les failles pour tenter de restaurer la normalité, ou du moins la normalité telle qu’il la conçoit et qu’il veut la façonner. Devant la contamination fulgurante des consommateurs, les concombres hispaniques, les graines germées de soja d’une ferme bio de Basse-Saxe et mêmes les salades et les tomates ont donc été tour à tour incriminés avant d’être innocentés. Résultat : des tonnes d’aliments jetés à la benne, des cultivateurs désemparés, des consommateurs suspicieux, une ardeur médiatique sans précédent en Europe, des autorités germaniques sous pression à l’affût du moindre indice et au final, un ultime rebondissement le 18 juin, cette fois dans une étonnante discrétion médiatique. Le germe pathogène serait en fait issu d’un ruisseau près de Francfort servant à l’irrigation de cultures.

 Au secours ! Ils voient des plans com’ partout !

par Olivier Cimelière
Blog OC - Storytelling

Il a suffi qu’un candidat à la primaire socialiste se pointe récemment en scooter à une interview pour que se réactive aussitôt l’éculé procès de la com’ bricoleuse et maquilleuse de service. Il est vrai que quelques communicants ne rendent pas service au métier en usant et abusant jusqu’à l’écoeurement de pseudo-symboles pour faire peuple ou de petites phrases faussement bon enfant. Personne n’a oublié la ridicule posture d’un ancien Premier ministre clamant son amour immodéré des carottes râpées pour tenter d’estomper sa cuillère en argent de naissance et s’arroger une proximité populaire qui ne lui sied pourtant pas vraiment.

Ceci étant dit, certains journalistes feraient également bien de balayer devant leur propre porte et cesser de voir des plans com’ champignonner un peu partout à chaque fois qu’une personnalité publique met le pied dehors ou effectue une déclaration. Histoire de remplir leurs colonnes et amortir leurs coûteux faisceaux TV, ils sombrent eux aussi régulièrement dans le mal-journalisme. J’en veux pour preuve l’excellent billet vachard du Canard Enchaîné de cette semaine. Son auteur s’est amusé à recenser les commentaires puissants et les analyses inspirées de la meute journalistique en planque devant le domicile new-yorkais du déchu président du FMI. A ceux qui reprochent aux communicants de polir à l’excès la réalité, j’ai envie de leur renvoyer ces monuments de « non-journalisme » qui vont jusqu’à zoomer sur la facture du livreur de pizza pour savoir ce que le clan DSK va manger et en déduire d’immenses vaticinations sur le moral de l’assigné à résidence surveillée.

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