
Depuis qu’elle a officiellement conquis les rênes du Front National en janvier 2011, Marine Le Pen s’ingénie avec ardeur à gommer les aspérités trop extrémistes que son père se plaisait à cultiver du temps où il était à la tête du parti frontiste. Côté sondages, la stratégie de communication visant à « dédiaboliser » le FN recueille un écho plutôt attentif chez les électeurs. En juin dernier, 37% se déclaraient prêts à voter (1) pour la présidente du FN dans l’optique d’un 2ème tour présidentiel contre Nicolas Sarkozy (soit 20% de plus que le score récolté par son père en mai 2002 contre Jacques Chirac). Peut-on pour autant parler de plan com’ gagnant et d’un Front nouveau ? Pas si sûr !
Malgré tous les efforts de respectabilité et d’acceptabilité entrepris par Marine Le Pen et son équipe de communicants, le Front National semble condamné à trimballer une schizophrénie récurrente qui vient ponctuellement brouiller la belle image ripolinée du mouvement. Un dédoublement de personnalité qui commence avec les saillies verbales du père dont l’influence perdure même s’il s’est mis en retrait de la vie du FN. Dernier exemple flagrant en date : les fracassantes déclarations de Jean-Marie Le Pen au sujet de l’abominable massacre commis par l’extrémiste fanatique norvégien, Anders Breivik sur l’île d’Utoya.















