Sites de « réinformation » : Comment médias, éditeurs et communicants peuvent-ils se positionner ?

La victoire de Donald Trump n’en finit plus d’accoucher de controverses où la qualité de l’information diffusée tant dans les médias que sur les réseaux sociaux est globalement accusée de véhiculer des faits fantaisistes, des rumeurs ou au contraire d’occulter des vérités au public. Faux sites d’information, trolls activistes, propagande en ligne de certains Etats, canulars, il devient difficile de s’y retrouver dans l’écheveau de l’information en ligne où les acteurs traditionnels sont paradoxalement désignés comme étant les premiers pourvoyeurs de … mensonges et de distorsion de la réalité. A tel point que Facebook vient notamment d’annoncer qu’il va recourir à des fact-checkers pour trier le bon grain de l’ivraie. L’enjeu n’est effectivement pas anodin. Loin s’en faut.

Ils s’appellent par exemple Boulevard Voltaire, Panamza, Novopress, Salon Beige, FdeSouche, ReinformationTV, Bastamag, etc. S’ils ne relèvent pas tous de la même obédience éditoriale et politique, ils revendiquent en revanche un haut et fort argument commun : celui de révéler ce que le système médiacratique officiel occulte (à leurs yeux) délibérément à l’opinion publique. Autrement dit, ils ont fait de leur fonds de commerce informationnel le célèbre slogan du feuilleton américain X-Files, « la vérité est ailleurs ». Dans un contexte de rejet affirmé d’élites souvent sourdes et déconnectées et de défiance exacerbée face aux scandales et passe-droits qui essaiment régulièrement, ces sites surfent allègrement sur l’idée de connivence complotiste que pouvoirs politiques, entreprises et médias établis entretiendraient. Non sans un certain écho puisque certains d’entre eux parviennent jusqu’à émerger comme sources d’information grâce aux algorithmes de Facebook et Google et à des communautés militantes bien rôdées pour viraliser leur bonne parole.

Quand tout équivaut à tout partout

reinfo-lecteur-fakeLors d’une conférence de presse à Berlin en novembre dernier, l’encore président des Etats-Unis, Barack Obama a sans ciller mis les pieds dans le plat concernant la grave crise informationnelle que traverse la société contemporaine (1) « où il y a tant de désinformation active, très bien présentée, et qui semble identique quand on s’informe sur Facebook ou à la télévision. Si tout a l’air identique et qu’aucune distinction n’est faite, alors nous ne pouvons pas savoir quoi protéger. Si nous ne sommes pas sérieux en ce qui concerne les faits, sur ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, et particulièrement à l’heure des réseaux sociaux, quand tant de gens reçoivent l’information en une phrase sur leur téléphone, si nous ne pouvons pas faire la différence entre les arguments sérieux et la propagande, alors nous avons un problème. »

De fait, on ne compte plus les histoires et pseudo-révélations publiées en ligne sous couvert de dénoncer l’omerta complice des journalistes à la solde des décideurs politiques et économiques. Depuis des années, les adeptes de la conspiration et de l’info cachée prolifèrent sur le Web social. Fort de leurs labels auto-décernés de réinformation, de contre-information ou encore d’alter-information, ils entendent briser le vaste complot qui maintiendrait l’opinion publique dans le lessivage de cerveau et la manipulation. En soi, l’affirmation que les médias dévoient la réalité et l’orientent à dessein n’est pas nouvelle. De grands penseurs et théoriciens comme Noam Chomsky y ont même bâti et nourri leur corpus philosophique pour s’insurger contre l’abrutissement généralisé du public par les médias, les entreprises et les institutions. L’énorme différence est qu’aujourd’hui l’ubiquité instantanée des réseaux sociaux a complètement modifié la donne en matière d’information. Il suffit d’un photomontage habile, d’une affirmation vraisemblable titillant une suspicion populaire à fleur de peau pour que s’embrasse aussitôt le Web avec des informations les plus folles. L’esprit critique devient comme anesthésié face à ces nouveaux messagers de l’info se désignant plus vierges et honnêtes que jamais.

Un terreau sociétal malheureusement fertile

reinfo-mediaDès lors, comment expliquer que même le plus gros des bobards puisse parvenir à trouver consistance et écho au sein d’un nombre considérable de citoyens ? A la base, il y a cette éternelle défiance sociétale qui n’en finit pas de se creuser au gré des années comme en atteste à chaque édition depuis 16 ans l’Edelman Trust Barometer. Ceux qui avaient le magistère de la parole et les galons de l’autorité sont remis en cause avec virulence et parfois non sans raison. Entre ignominieuses boulettes journalistiques comme l’affaire Baudis et une course échevelée au scoop crapoteux dont sont coutumières les chaînes info, la qualité du journalisme et la confiance qui en découle, ont sacrément dérouillé en termes de crédibilité. Autre baromètre reconnu depuis plus de 20 ans, celui de TNS/La Croix ne fait qu’entériner ce divorce entre les citoyens et les médias professionnels. Un paradoxe hallucinant alors que nous n’avons jamais autant disposé de sources d’informations variées et nettement moins corsetées par le pouvoir politique par rapport à l’ORTF des années 60 où un seul coup de fil de l’Elysée ou de Matignon suffisait à faire passer à la trappe, un article jugé déplaisant.

Et à ce petit jeu du tripatouillage en tous sens, les responsables politiques ne sont pas les derniers pour donner du grain à moudre à ce grand discrédit informationnel général. Statistiques biaisées en permanence (les chiffres du chômage et de la délinquance étant des parangons répétitivement pointés du doigt), opacité entretenue mordicus (le secteur du nucléaire français étant un as chevronné en la matière), greenwashing en mode essorage rapide pour des pans industriels entiers comme les secteurs de l’énergie, du tabac, du textile, etc qui n’hésitent pas à jouer de la communication cosmétique, voire mensongère pour tenter d’imposer le bien-fondé de leurs activités en s’épargnant de longs et coûteux débats.

L’ère de la post-vérité où la conviction l’emporte sur le fait

reinfo-trust-liesA force d’accumuler ces dérives qui sont de plus en plus sues et connues du grand nombre, ceux qui participent au débat public et à l’information générale, passent dorénavant pour de fieffés menteurs qui embrouillent systématiquement la société. Et ce n’est guère la structuration du paysage médiatique français qui donne des raisons de croire que la situation est en passe de s’inverser. D’ailleurs, un récent numéro du remarquable hebdomadaire « Le 1 » en atteste (2) : « Situation incontestable. Toutes les enquêtes, tous les chiffres et documents disponibles établissent comment la quasi-totalité des médias nationaux est tombée dans l’escarcelle des Dassault, Drahi, Arnault, Niel, et autres Lagardère, Bouygues, Bolloré… Ou encore, s’agissant des quotidiens régionaux, dans le giron d’un tentaculaire Crédit mutuel. À de rares exceptions confirmant la règle, c’est tout l’écosystème français de l’information qui est en état de dépendance étroite à l’égard d’industriels et de banquiers d’affaires ».

Avec pareil décor, pas étonnant que les sites alternatifs d’information pullulent. Ceci d’autant plus que nous sommes entrés dans « l’ère de la post-vérité » selon la définition qu’en donne l’Oxford Dictionnary qui l’a même élu « mot de l’année 2016 » (3) : « Les convictions ont plus de poids que les faits objectifs ». Fondateur du site Hoaxbuster qui se consacre à débusquer toutes les rumeurs et intoxs que le Web sécrète en permanence, Guillaume Brossard, se montre plutôt dépité (4) : « On est gouvernés par l’émotion, on a plutôt tendance à partager ce qui est scandaleux. Résultat : on assiste à une guerre de tranchées avec les médias d’un côté et, de l’autre, des gens qui se moquent de la déontologie, qui font dire n’importe quoi à n’importe qui ». Et les sites dit de réinformation de tartiner allègrement pour flatter les narines du lecteur avec son fumet complotiste.

Un lecteur toujours plus paresseux

reinfo-e-disinformationAvec l’élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, l’information triturée n’importe comment est encore montée d’un cran gravissime. Tout et son contraire ont circulé en permanence dans un flux hypnotisant où chacun assène sa vérité sans le moindre recul, ni début de preuve fondée. C’est au contraire à celui qui saura déclencher le buzz et contaminer plus gros que lui, qui remportera la prime de l’information jugée « possible ». Ce biais intellectuel a là aussi toujours existé. On préfère entendre ce qui convient à nos repères et nos valeurs. Mais avec l’excitation permanente de l’information digitale, la paresse intellectuelle s’en trouve encore plus confortée. Dans son ouvrage de référence « La démocratie des crédules », le sociologue Gérald Bronner décortique parfaitement ce syndrome où chacun préfère s’exposer aux messages qui renforcent nos croyances plutôt que fournir l’effort de lire ou regarder des contenus informationnels pouvant fournir d’autres angles fiables.

Le pire est que cette fainéantise est désormais largement favorisée par les opportunistes sites de réinformation qui bénéficient de surcroît d’alliés inattendus dans leur capacité à amidonner les esprits : Facebook et Google. Quiconque a l’habitude surfer sur le célèbre réseau de Mark Zuckerberg ou jeter un œil sur Google Actualités, aura remarqué que se glissent très fréquemment parmi des enseignes journalistiques reconnues, des sites comme Boulevard Voltaire, Panamza, Dreuzh.info, voire pire encore avec des sites carrément homophobes, racistes, conspirationnistes ou extrémistes patentés. Et plus l’internaute cliquera sur ces liens, plus ceux-ci s’imposeront incrémentalement comme des sources ayant de facto autant d’autorité informationnelle qu’un Figaro, Le Monde, les Echos ou Mediapart. Merci les algorithmes !

Quand le fake dispute à la vérité

reinfo-fake-newsRésultat : un quidam à la plume un peu habile et au ton suffisamment alerte peut parvenir à se hisser au niveau de sites ayant recours à de vrais journalistes. Pire, ces derniers tombent parfois eux-mêmes dans le panneau, colportant à leur tour, les fadaises délirantes et/ou ultra-militantes de ces sites sujets à caution. Au sujet de la présidentielle américaine, le site Buzzfeed a ainsi noté dans une étude qu’il a effectué sur sa plateforme que 20 fausses histoires provenant de sites spécialisés dans les fakes et les blogs extrêmement partisans ont généré un peu plus de 8,7 millions de partages, réactions et commentaires, contre 7,4 millions pour les 20 articles les plus populaires des médias sérieux comme le New York Times ou le Washington Post (5).

Côté lecteurs, l’effet est ravageur. Tout équivaut désormais à tout. Sans plus aucune distanciation, ni hiérarchisation de la crédibilité des sources. Entre janvier 2015 et juin 2016, l’Université de Stanford a mené une étude auprès de 7804 collégiens, lycéens et étudiants américains pour mieux comprendre leur rapport à l’information sur Internet et réseaux sociaux. Le verdict est effarant (6) : 82% des collégiens ne sauraient pas faire la différence entre cet article de presse et un article publicitaire… ou entre un article de presse et un article satirique. En France, les chiffres ne sont guère plus encourageants. Bien qu’il n’existe pas d’études très récentes, beaucoup d’indices laissent supposer que la crédulité volontaire ou subie est tout aussi prégnante. En 2013, une enquête de l’institut de sondage OpinionWay publiée soulignait qu’entre 20 et 50 % des Français sont sensibles à la fibre éditoriale à tendance complotiste selon les sujets abordés (immigration, religion, économie, écologie, etc). Autre critère : l’audience croissante des sites de réinformation aidés en cela par Facebook et Google même si ces derniers viennent ces derniers temps les deux géants disent publiquement vouloir faire la chasse aux sites de « fake news ». Reste à voir comment concrètement veulent-ils s’organiser et quels moyens ils comptent réellement mettre en œuvre pour éviter qu’un Alain Soral ait autant de visibilité médiatique sur son petit business juteux d’informations frelatées et antisémites.

Alors on fait quoi ?

reinfo-esprit-critiqueLa cote d’alerte est indéniablement franchie. Est-ce déjà trop tard et sommes-nous tous condamnés à croire autant Salon Beige que le Figaro par exemple ? Si l’on ne fait rien, il est évident que l’information va continuer à se balkaniser par communautés et non plus par indice de fiabilité. Des initiatives ont été lancées en ce sens depuis 2015 par l’Education nationale. Les professeurs de collège et lycée sont invités à « déconstruire la désinformation et les théories conspirationnistes » (7) en fournissant de nombreux exemples. C’est un premier pas mais largement insuffisant au regard de la consommation effrénée que la génération Z entretient avec les médias sociaux. Plus que des exemples, c’est d’abord et surtout l’esprit critique qu’il convient de cultiver ainsi qu’expliquer le fonctionnement du Web. Trop de jeunes internautes croient encore que les 10 premiers résultats de Google constituent les 10 meilleures sources sur un sujet donné !

Ensuite, journalistes et communicants ont un rôle à jouer en assumant leurs responsabilités et en cessant de tolérer en leur sein celles et ceux qui ont une conception à géométrie variable de l’information et qui jouent de temps à autre avec les lignes de l’éthique. Un vœu pieu ? Peut-être mais cela vaut le coup d’essayer. Dans le cas contraire, c’est tout simplement la société entière qui s’expose à un risque patent de communautarisme informationnel où chacun s’enferme dans sa tour d’ivoire, n’a envie de croire que ce qui lui plaît et pour les plus acharnés, se transforme en agent de propagande et de … réinformation. A sa sauce éditoriale évidemment. Pas sûr que la société en sorte gagnante.

Sources

– (1) – William Audureau – « Désinformation sur Facebook : Obama dénonce un système où « les faits et la vérité n’ont pas d’importance » – Le Monde – 18 novembre 2016
– (2) – Philippe Kieffer – « Trahison : comment la presse s’est vendue » – Le 1 – 23 novembre 2016
– (3) – Boris Manenti et Amandine Schmitt – « Fake news : l’engrenage infernal de la désinformation » – TéléObs – 17 décembre 2016
– (4) – Ibid.
– (5) – Ibid.
– (6) – Jean-Marc de Jaeger – « Les jeunes Américains ne repèrent pas les fausses informations sur internet » – Le Figaro Etudiants – 24 novembre 2016
– (7) – Boris Manenti et Amandine Schmitt – « Fake news : l’engrenage infernal de la désinformation » – TéléObs – 17 décembre 2016

Pour en savoir plus ?

– « Info ou intox, comment faire le tri ? » – Lire le très complet du Luxembourg Wort qui indique quantité de sites de vérification
– « Fake news : peut-on répondre à la désinformation ? » – Lire l’intéressante réflexion de cet article du Monde
– « How does misinformation mispread online ? » – Lire le très complet du World Economic Forum

6 commentaires sur “Sites de « réinformation » : Comment médias, éditeurs et communicants peuvent-ils se positionner ?

  1. B. Hermesdorf -

    Merci pour votre article très intéressant mais qui exonère de leur responsabilité les media, dits traditionnels. J’ai vu les limites de l’autorité informationnelle avec par exemple le traitement médiatique de la refondation de l’école et de la réforme du collège. Il était difficile de faire plus « ministériellement » partisan! L’information « neutre » était la reprise des communiqués de presse du ministère et les débats n’étaient que des polémiques entre partisans aux positionnements bien tranchés, histoire de bien baliser les échanges. Même encore aujourd’hui, les parents découvrent l’étendu du désastre sur le terrain, incrédules, avec le sentiment, juste, de ne pas avoir été clairement informés.
    Dans La langue des media, Ingrid Riocreux, agrégée de lettres modernes et docteur de l’Université Paris IV Sorbonne, est très critique sur le langage journalistique, « discours cousu d’idées toutes faites dont lui-même (le journaliste) ne perçoit pas le caractère arbitraire. » L’instantanéité de l’information rend difficile un travail journalistique de qualité qui flirte parfois très clairement avec un travail de communication (grâce au travail des bonnes agences de communication, je l’écris sans sarcasme) et le lecteur qui connait le sujet n’est pas dupe longtemps. Enfin, la prolifération des sites présentés comme conspirationniste est, à mon sens, le symptôme d’une faible culture générale et d’une faible capacité à raisonner, d’où une absence inquiétante de qualité critique, mais aussi de désarroi face à un monde complexe qui semble nous échapper. Le tout emballé dans la réalité de la communication politique dont l’objet n’est pas tant d’éclairer les électeurs mais bien de faire passer les pilules. Tout ceci n’est pas propice à une réception raisonnée de l’information médiatique. Cordialement.

    1. Olivier Cimelière -

      Merci pour votre très pertinent commentaire. Il est indéniable que les médias traditionnels ont en partie favorisé l’éclosion de sites dits alternatifs à cause d’une couverture parcellaire ou juste copier-coller des communiqués officiels. Souvent par méconnaissance des dossiers, par faute de temps. Plus rarement par souci de « plaire au prince » même si cette attitude persiste encore chez d’aucuns et souvent avec des rangs hiérarchiques élevés d’ailleurs !

      Ensuite pour avoir exercé des 2 côtés de la barrière (journaliste et communicant), il faut bien avoir conscience qu’un média est un enjeu d’influence pour un acteur public. Certains n’hésitent pas à être borderline pour s’attirer les bonnes faveurs de la presse. Paradoxalement, la presse est moins à la botte du pouvoir qu’elle ne le fut dans les années 70 ou 80 par exemple. Bien sûr, il existe encore des cas de censure et de caviardiage (le reportage sur le Crédit Mutuel interdit de diffusion par Bolloré sur Canal + par exemple) mais paradoxalement, c’est moins fréquent. Tout simplement parce qu’il y a plus de médias et qu’une info occultée d’un côté finira par ressortir de l’autre. Pour la vie politique française par exemple, lisez la presse suisse et belge francophone qui peut se permettre d’écrire certaines choses que leurs collègues français ne peuvent pas dire ouvertement.

      Le problème essentiel est comme vous le soulignez à cause d’une faible culture générale et d’un esprit critique paresseux. D’où le succès de ces sites qui présentent bien à première vue mais qui fourmillent pourtant d’approximations, de contre-vérités, etc …

  2. Bruno -

    Bonsoir Olivier, Merci pour cette brillante et longue analyse. Pour autant, au risque de passer pour ce que je ne crois pas être, l’effervescence médiatique actuelle – et le profond désarroi qu’elle laisse fait émerger brutalement – me laisse un peu perplexe. Car enfin, hormis la propension des fausses nouvelles à essaimer à la vitesse des réseaux, alliée à la dimension (presque) planétaire de ces derniers, tout cela est-il réellement nouveau ? Avons-nous déjà oublié les manipulations du système communiste soviétique et leur portée sur des dizaines de millions de gens ? Avons-nous oublié le temps qu’il aura fallu à des médias réputés sérieux pour reconnaître qu’ils avaient salué un peu hâtivement l’arrivée des Khmers rouges ? Et que dire des mensonges de Hill & Knowlton au moment de la guerre du Golfe ? De l’épisode calamiteux des armes de destruction massive de l’Irak au début des années 2000 ? Tant d’autres exemples… Bref, ne serait-il pas surtout temps de prendre un peu de recul ? Je n’ai pas la réponse… Amitiés

    1. Olivier Cimelière -

      Bonsoir Bruno

      Tu soulèves un point crucial. La désinformation a existé de tout temps, y compris dans l’Antiquité. Elle est consubstantielle à l’influence humaine qui parfois ne s’embarrasse pas de détails pour manipuler des corps sociaux. Le pire à mes yeux ayant été atteint avec l’administration Bush qui a réussi à intoxiqué de très grands médias pour justifier une intervention militaire en Irak et destituer Saddam Hussein. On a vu ce qu’il en était vraiment du suppposé arsenal nucléaire du dictateur …

      La seule chose qui est vraiment nouvelle (et qui complexifie encore plus la donne) est la prolifération de ces sites qui n’existaient pas auparavant ou étaient confinés dans une confidentialité ne touchant que quelques fans. Là, ils se mêlent à des flux d’info nourris par des vrais médias par ailleurs. Ils prétendent apporter une vision d’une certaine face cachée. Ils entretiennent à dessein confusion et conspiration. La prise de recul est effectivement plus que jamais nécessaire. Déjà apprendre à comprendre qui est l’émetteur, sur quelles sources s’appuie-t-il, quelles idées incarnent-ils, etc … Cela limiterait la casse mais malheureusement tout le monde s’informe tellement vite et en permanence que ce travail de distinction et de hiérarchisation des sources n’est plus fait … D’où des intox et des rumeurs qui s’imposent comme des soi-disants vérités …

  3. Adrien -

    Super analyse ! Le sujet est passionnant. La situation est particulièrement compliqué. La vérité est tellement ensevelie d’une tonne de textes partisans, que même avec un esprit critique bien affûté, il est difficile de ta trouver…

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