
Communication & Relations Presse
Viande & Spanghero : Communication de crise cacophonique à tous les étages

Chez Spanghero, une viande peut en cacher une autre. Après 750 tonnes de cheval maquillé en bœuf, 57 tonnes de mouton britannique interdit à l’importation ont été découvertes. Les révélations n’en finissent plus d’accoucher de crises à répétition où les acteurs ne brillent guère par leur transparence mais plutôt par leur capacité à trouver des boucs émissaires. Un jeu communicant dangereux où la confiance du consommateur pourrait devenir l’arbitre impitoyable.
L’addition médiatique commence à peser lourdement dans la réputation de l’entreprise de Castelnaudary. En juin 2011, Spanghero s’était déjà retrouvé au cœur d’une crise alimentaire en se voyant contrainte de procéder prestement au retrait du marché de produits à base de viande hachée contaminés par la bactérie E-coli au risque sanitaire avéré. Depuis février 2013, la société spécialisée dans les conserves et la viande fraîche transformée se débat avec des affaires à tiroir de fraude supposée. Devant le fracas des révélations qui s’accumulent, autorités et industriel opèrent une communication qui procède plus du Mistigri qu’on refile à un autre que d’une communication soucieuse d’établir les faits. N’y aurait-t-il pas d’autres voies pour solder cette crise détestable ?
Journalisme & Armée : L’équation communicante impossible ?

L’intervention armée française au Mali a remis au goût du jour l’antienne récurrente qui ponctue les rapports compliqués entre les militaires et les journalismes. Chacun suspecte l’autre de l’entraver dans ses missions sans vraiment parvenir à placer le juste curseur entre ce qui doit être impérativement su de l’opinion publique et ce qui doit strictement relever du confidentiel défense. Analyse d’un communicant qui a aussi été journaliste !
S’il fallait résumer d’une phrase les relations qu’entretiennent journalistes et soldats lors d’un conflit, celle-ci pourrait ressembler à une formule à la Michel Audiard du style « Les baveux et la Grande Muette » tant les premiers veulent raconter ce que les seconds s’obstinent à tenir secret pour motif de guerre. Le déclenchement de l’opération Serval pour la reconquête du territoire Nord du Mali le 10 janvier n’a pas manqué d’emprunter à nouveau au registre des chiens de faïence. Pendant longtemps, les journalistes ont été confinés dans les bases urbaines de Bamako à l’écart des premières manœuvres offensives qu’effectuaient les soldats français, maliens et tchadiens sur le terrain occupé par les djihadistes terroristes. Est-il pourtant possible d’envisager le travail de la presse et celui d’une armée sans que l’un ne mette en péril l’autre ?
Journalisme infiltré : Information nécessaire ou déformation caractérisée ?

Le récent reportage en caméra cachée de deux journalistes de la télévision allemande sur les coulisses peu reluisantes d’un entrepôt d’Amazon à Bad Hersfeld a remis sur le devant de la scène l’épineuse question du journalisme d’infiltration. Sous prétexte de contourner l’opacité mise en œuvre par la communication des entreprises, les investigateurs rivalisent d’astuces pour enquêter ni vu, ni connu au-delà des portes closes et des micros verrouillées. Que penser de ce mode opératoire digne des meilleurs espions de John Le Carré ?
En soi, la technique du journaliste incognito est loin d’être totalement inédite. Déjà en 1887, la journaliste américaine Nellie Bly avait recouru à ce stratagème pour briser l’omerta sur les conditions réelles des aliénés internés dans l’asile de Blackwell Island. Pendant 10 jours, elle s’était faite passer pour folle et avait pu vivre de l’intérieur les maltraitances abominables administrées aux patients par le personnel de l’établissement. Son récit publié dans le New York World fera grand bruit et consacrera même la naissance de ce type de journalisme baptisé par les anglo-saxons, « stunt journalism » (1).



















