A l’heure où chacun peut être alternativement émetteur et récepteur et dans un univers concurrentiel (voire cacophonique) où se différencier devient crucial, il n’est plus question de recourir aux vieilles ficelles discursives. Fondatrice et directrice de l’Institut de la Qualité de l’Expression, Jeanne Bordeau milite pour une communication où un authentique « parler juste » se substitue au revendicatif « parler vrai » dont tout le monde se réclame depuis des lustres.
C’est une évidence que tous les communicants connaissent : l’avènement du Web 2.0 a complètement remodelé le discours et la linguistique des entreprises et des marques. Du classique flux vertical et incantatoire, ces dernières ont dû apprendre à composer avec l’émergence accrue d’un flux horizontal et conversationnel durant ces dernières années. Dans cette nouvelle donne qui est loin d’avoir pleinement rebattu les cartes, l’art du langage redevient prépondérant dans les stratégies de communication.
C’est dans cette optique qu’avec son équipe, Jeanne Bordeau a mené une étude très fouillée sur le langage numérique adopté par six entreprises notoires à travers leur communication sur Internet. Trois secteurs différents ont été scrutés par les linguistes de l’Institut : le secteur bancaire (avec BNP Paribas et Fortuneo.fr), la vente par correspondance (avec les 3 Suisses et Vente-privée.com) et le marché de la chaussure (avec Puma et Sarenza.com). Au cours d’une conférence petit-déjeuner le 30 novembre à Paris, l’Institut a dévoilé quelques enseignements où ceux qui excellent en langage numérique ne sont pas forcément ceux que l’on imagine spontanément. Pourquoi ? Comment ? Synthèse et éléments de réponse extraits d’une passionnante conférence.