Droit

 @EquipierQuick : Du bad buzz dans le hamburger ?

par Olivier Cimelière
Quick - Logo Une

Pendant une dizaine de semaines fin 2012, un mystérieux équipier a semé la zizanie dans un restaurant d’une enseigne Quick d’Avignon en tweetant rageusement sur ses conditions de travail critiquables et le non-respect des normes d’hygiène. Finalement démasqué, l’auteur a été licencié et se prépare désormais à affronter son ex-employeur devant les prétoires de la justice. Quelle lecture retirer de cette passe d’armes sur les réseaux sociaux où marques et entreprises sont souvent vulnérables ?

Cette anecdote est loin d’être un épiphénomène. Elle s’inscrit au contraire dans un contexte général où depuis quelques années, les tensions au travail se sont exacerbées et la défiance managériale accrue tandis que s’imposaient concomitamment les médias sociaux dans la vie quotidienne de chacun, au domicile comme au bureau. Dès lors, rapide a été la tentation d’en faire un exutoire des avatars subis au boulot et un déversoir des rancœurs et frustrations diverses que l’univers professionnel engendre de manière croissante et parfois traumatisante. Déjà en 2010, des salariés d’Alten, une société d’ingénierie et de services, avaient été congédiés pour avoir dénigré leur entreprise sur Facebook. Portée en justice, l’affaire a accouché de verdicts fluctuants sans pour autant endiguer la multiplication des litiges.

 Ethique : La performance à tout prix implique-t-elle la contorsion des règles ?

par Olivier Cimelière
EDHEC - Management - Ethics tag cloud

Peut-on gagner tout en s’imposant une conduite éthique où les règles communes sont scrupuleusement observées ? A cette délicate, voire insondable question, Geert Demuijnck, professeur d’éthique des affaires à l’EDHEC Business School a tenté de répondre avec sa double expertise d’économiste et de philosophe tout en traçant des parallèles entre la compétition sportive et la concurrence que se livrent les entreprises. Morceaux choisis où les communicants trouveront matière à réflexion.

A l’aube de l’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, du départ du Tour de France cycliste et de la clôture de l’Euro de football, la conférence organisée le 29 juin par l’EDHEC sur son campus parisien tombait à point nommé pour s’arrêter un instant sur les limites acceptables ou pas qu’entraîne une recherche effrénée de performance tant dans les manifestations sportives que dans l’activité industrielle et commerciale des entreprises. En d’autres termes, « Altius, Citius, Fortius », la devise olympique chère au baron Pierre de Coubertin et démiurge des J.O, est-elle le carburant d’une saine et respectueuse émulation ou le terreau d’une éthique bafouée pourvu que le résultat soit au rendez-vous ?

 Conférence Nouveau Monde : Quelles valeurs adopter pour aborder notre futur planétaire ?

par Olivier Cimelière
Nouveau monde - Logo Conférence classique

Sous des airs de libellé pour épreuve de philo au baccalauréat, cette question cruciale a ouvert les débats de la 4ème édition du colloque « Nouveau Monde » organisé les 5 et 6 janvier sous l’égide du Ministère de l’Economie et des Finances et du Centre d’Analyse Stratégique. Le Blog du Communicant 2.0 a eu l’honneur d’assister à la première table ronde consacrée aux valeurs qui doivent orienter la construction du monde global dans lequel nous évoluons désormais.

Six témoins aux horizons très divers avaient été conviés pour la circonstance pour partager et confronter leurs visions et leurs expériences. Avec en filigrane, une interrogation fondamentale : Un monde multipolaire est-il durablement compatible avec des valeurs universelles ? Voici quelques réflexions fortes glanées lors des différentes interventions autour de ce que pourrait/devrait être ce Nouveau Monde en gestation et au-delà de la crise actuelle.

 Réputation 2.0 : Quand les salariés se mettent à taper sur leur entreprise

par Olivier Cimelière
Reputation - Blog Story

L’histoire a surgi sans crier gare au détour d’un blog publié le 8 novembre 2011 sur la plateforme de micro-blogging Tumblr. Intitulé « The real story – histoire d’un licenciement abusif », le site émane de l’ancien directeur de BNP Paribas Securities Services (BP2S), Jacques-Philippe Marson. A ses yeux injustement licencié pour faute grave en 2010, il entend désormais porter son conflit avec la banque sur la place publique comme le révèle deux semaines plus tard le site d’informations OWNI.

Le fait pourrait sembler anecdotique et relever uniquement d’un conflit privé qui tourne vinaigre entre un employeur intraitable et un ex-salarié évincé brutalement. Or, la controverse, abstraction faite du fonds de l’affaire pour laquelle je n’ai pas les compétences de juger, est loin d’incarner un évanescent épiphénomène. Avec la vigueur incontestée des réseaux sociaux et leur ancrage croissant dans le quotidien des gens, les entreprises vont très probablement se retrouver de plus en plus confrontés à d’acrimonieux salariés partageant depuis l’interne ou l’externe, leurs coups de gueule et leurs déboires professionnels. Avec des impacts réputationnels non négligeables à la clé. Petit tour d’horizon en quelques illustrations non-exhaustives et tentative d’analyse.

 Victime je pense donc victime je suis (3/3)

par Olivier Cimelière
Victimes - Justice

Le contexte sociétal d’aujourd’hui est devenu favorable à la prolifération d’une ambiance victimaire belliqueuse. On ne cherche plus à comprendre pour sanctionner. On cherche d’abord à exorciser pour réparer, souvent par le truchement du versement d’une conséquente somme d’argent. Depuis les retentissants procès faits à l’industrie du tabac qui s’est vue contrainte de régler des montants astronomiques à d’anciens fumeurs victimes de cancers, les entreprises (ou toute cible ayant des revenus confortables) et les pouvoirs publics sont à la merci des coups de massue judiciaires les enjoignant à sortir le chéquier pour dédommager des victimes.

Aucun secteur d’activité n’est à l’abri pour peu que les victimes s’estiment gravement lésées et/ou atteintes dans leur intégrité physique et morale. Un exemple pioché parmi d’autres : en août 2007, sept constructeurs automobiles japonais ont finalement accepté de conclure un accord amiable avec plus de 500 plaignants et de leur accorder une indemnité compensatoire de 7,4 millions d’euros. Depuis 1996, ils étaient attaqués devant le tribunal de Tokyo au motif que leurs moteurs diesel déclenchaient des problèmes respiratoires. Si au départ les plaignants n’étaient qu’une petite centaine de personnes, le flot n’avait cessé de grossir au fil des ans.

 Victime je pense donc victime je suis (2/3)

par Olivier Cimelière
LOGO-victime-bonhomme-eclair

La tendance victimaire a connu son apogée (mais probablement pas son déclin) avec deux affaires restées dramatiquement indélébiles dans les annales judiciaires : le dossier Allègre et celui d’Outreau. Dans les deux cas, des personnes ont été prestement mises en cause et désignées à la vindicte des médias et de l’opinion publique sur la foi de témoignages en apparence plausibles des présumées victimes. Longtemps déficitaire en matière d’attention de la part du corps sociétal, la victime jouit désormais d’un poids proportionnellement inverse. A tel point que les dérapages affleurent en permanence tellement le tryptique médias-justice-politique place la victime au centre de ses préoccupations. Deuxième volet de l’analyse.

Dans l’affaire Allègre, il a suffi de la médiatisation des graves déclarations de deux prostituées et un travesti pour que des personnalités toulousaines dont l’ancien journaliste et ex-maire, Dominique Baudis, se retrouvent clouées au pilori et accusées d’actes sadomasochistes, de viols et d’assassinats. Au cours de l’enquête, la personnalité fantasque et mythomane du travesti sera pourtant mise en lumière tandis que les deux prostituées finiront également par se rétracter devant le juge et les gendarmes. En attendant et malgré ses dénégations qui l’ont même amené à devoir clamer en direct son innocence sur le plateau du journal de 20 heures de TF1, Dominique Baudis a enduré opprobre et calomnies avant même que la justice n’ait levé toutes les zones d’ombre de l’affaire.

 Victime je pense donc victime je suis ! (1/3)

par Olivier Cimelière
Blog - victime - bonhomme logo

Longtemps réduites au silence et reléguées à l’arrière-ban, les victimes se sont progressivement structurées ces vingt dernières années au point d’occuper aujourd’hui un rôle fondamental. L’expression des victimes est devenue prépondérante et leur pouvoir redoutable. Les politiques les courtisent sans modération tandis que les médias les enluminent avec compassion. Quant à la justice, celle-ci subit sans relâche le feu de quelques associations actives résolues à ce que le droit s’oriente et se façonne à leur profit exclusif, quitte à parfois raboter ou à renier des lois élaborées jadis pour préserver l’ensemble de l’équilibre social et les droits de tous.

La psychanalyste Caroline Eliacheff et l’avocat Daniel Soulez Larivière ont baptisé ce phénomène victimaire avec beaucoup d’acuité « Le temps des victimes », titre par ailleurs de leur ouvrage éponyme (1) publié en 2007. Grâce à une prise de parole tenace et déterminée et une irruption permanente sur la scène médiatico-politico-judiciaire, les victimes jouissent d’une image incontournable et pourtant quelquefois totalement disproportionnée par rapport à leur représentativité véritable. Or, si la société (et la justice en particulier) continue d’accepter implicitement ces logiques duales où celui qui hurle le plus fort et arrache des larmes l’emporte systématiquement sur tout le reste, elle s’expose dangeureusement à des déviances terribles et des crises certaines. Premier volet de l’analyse d’une tendance qui n’est pas prête de s’estomper.

 Kerviel contre Société Générale : Agios éternels ou erreur de la banque ?

par Olivier Cimelière
Kerviel - Cartoon SG vs Kerviel

Dans l’affaire Kerviel contre Société Générale, le verdict est tombé froid et implacable comme une guillotine effilée : 5 ans de prison dont 3 ferme et surtout 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts à rembourser par le trader déchu à la banque plaignante. Dans ce procès hors normes, l’établissement financier a remporté une victoire judiciaire totale en faisant assumer l’intégralité du préjudice commis sur les épaules de son ex-employé indélicat.

Tous les chefs d’inculpation reprochés à Jérôme Kerviel (abus de confiance, faux et usage de faux, introduction frauduleuse de données dans le système informatique) ont été punis au maximum des sanctions prévues par la loi. Les dirigeants de la Société Générale auraient pourtant été bien avisés de souvenir du personnage historique de Pyrrhus 1er. A l’époque de la Rome triomphante, le roi d’Epire avait réussi le tour de force d’infliger deux cuisantes défaites aux invincibles légions romaines. Au bémol près que cet exploit militaire avait été accompli au prix de telles pertes humaines parmi ses propres soldats que son royaume ne s’en est jamais remis par la suite.

Malgré un premier round judiciaire remporté haut la main, la banque est aujourd’hui confrontée à la résolution d’une délicate et explosive équation d’image institutionnelle. Il y a d’autant plus péril en la demeure que l’avocat de Jérôme Kerviel, Maître Olivier Metzner a décidé de faire appel du jugement prononcé le 5 octobre. Fort d’un contexte troublé où la réputation de la Société Générale ne sort guère grandie, l’avocat entend fermement appuyer sur les faiblesses du groupe bancaire pour inverser les rôles. Autant dire que la banque n’a pas fini de traîner une image délabrée qui peut compromettre l’avenir.

Le plus - Le nouvel observateur

Catégories

Ma liste de blogs