Jennifer Preston du New York Times : « Journalistes, osez les réseaux sociaux ! »

par Olivier Cimelière
NYT - Logo une communication

Lors du Netexplo Forum qui a eu lieu les 14 et 15 février à Paris, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Jennifer Preston, rédactrice en chef de la newsroom médias sociaux du prestigieux quotidien américain The New York Times. Jennifer a eu l’extrême gentillesse de répondre à mes questions sur l’usage du crowdsourcing et de l’UGC (User Generated Content) dans la stratégie éditoriale de la « Vieille Dame Grise ». Entretien exclusif et instructif pour le Blog du Communicant 2.0.

Au cours d’une table ronde avec Minter Dial, consultant en stratégies numériques, Jennifer Preston a expliqué comment le journal new-yorkais a enrichi sa couverture journalistique de la guerre civile en Syrie avec des contenus issus d’internautes. A la fin de ce billet, vous pouvez d’ailleurs retrouver l’intégralité de la captation vidéo de ce dialogue sur le site de la conférence.  A la suite de ce captivant échange, le Blog du Communicant 2.0 en a profité pour prolonger la discussion autour des contributions écrites et vidéos issues des réseaux sociaux et de leur intégration dans les contenus journalistiques que publie le New York Times.

 Information & Pure players : feu de paille ou vrai big bang du journalisme ?

par Olivier Cimelière
Pure Player - Screenshot News

L’année 2011 s’est achevée sur une exceptionnelle luxuriance éditoriale sur le Web français. Près d’une douzaine d’initiatives journalistiques (1) ont contribué à ce baby-boom numérique d’une ampleur inédite depuis qu’un quarteron de pionniers de l’info (Rue89, Mediapart, Slate et Owni) avait osé embrasser Internet quatre ans plus tôt comme unique canal médiatique de leur travail informationnel. Les plus notoires s’appellent aujourd’hui Atlantico, Quoi.info, Newsring, The Pariser et quelle que soit l’issue de leur aventure, ils ont tous en commun la conviction qu’un « pure player » de l’information peut trouver une voie durable et rentable sur la Toile.

A titre personnel, je ne peux que me réjouir d’assister à cette irruption prolifique de nouveaux acteurs qui montrent que 1/le journalisme n’est pas mort et 2/que des journalistes sortent enfin des sentiers battus pour tenter de réinventer le travail de l’information, trouver des modèles d’affaires originaux et toucher des lectorats méfiants ou allergiques aux anciens formats. Certains succomberont probablement en route, d’autres muteront mais à la lumière de cette effervescence entrepreneuriale, il est permis d’espérer qu’une (ou plusieurs) de ces start-ups de l’info nées dans la promiscuité de modestes locaux puissent grandir et rejoindre les grands titres encore implantés dans les quartiers aux noms ronflants.

A travers ce premier billet de 2012, le Blog du Communicant 2.0 ouvre un mini-dossier qui va brièvement brosser dans un premier temps le panorama de l’offre éditoriale en présence et les enjeux actuels avant de consacrer dans les semaines à venir, un banc d’essai pour chacun des nouveau-nés de 2011.

 Affaires DSK : la contre-com’ conspirationniste passe à l’offensive !

par Olivier Cimelière
DSK - Com Plot

Et c’est reparti pour un tour ! Mieux qu’un sitcom haletant, la saga DSK n’en finit pas d’accoucher d’épisodes à rebondissement dans les médias. Aux sales draps des hôtels Sofitel et Carlton, deux chevaliers blancs répliquent par deux enquêtes journalistiques où ils se déclarent persuadés que l’ancien directeur du FMI est victime d’un complot totalement orchestré.

Dans un précédent billet, je m’étais efforcé d’identifier les options communicantes qui s’offraient à DSK et son staff pour s’extirper de l’avalanche médiatique que la révélation des SMS coquins avait déclenchée. J’en avais distingué deux. L’une consistait à admettre les faits, notamment sous la forme d’un livre « confession » pour tenter un aléatoire retour en grâce ou au moins juguler l’hallali réputationnel autour de DSK. L’autre visait à nier les faits dont on l’accusait sous réserve de produire des preuves tangibles pour démonter les suspicions. Analyse erronée de ma part puisque c’est une voie médiane particulièrement téméraire que les apologistes de DSK ont empruntée : la théorie du complot. 

 Exclusif ! A lire l’avant-propos du futur livre du Blog du Communicant 2.0

par Olivier Cimelière
AAA - Blog OC

Encore quelques semaines de patience et j’aurai l’immense plaisir de pouvoir publier en ligne un essai intitulé « Journalistes, nous avons besoin de vous !  » grâce au concours d’une jeune maison d’édition numérique, Edicool et de mes amis de Noise. Pour remercier les fidèles lecteurs du Blog du Communicant 2.0, je diffuse donc en avant-première l’intégralité de l’avant-propos de l’ouvrage. N’hésitez pas à réagir !

Le livre s’attachera dans un premier temps à rappeler en quoi la pratique du journalisme entraîne nécessairement des rapports de force complexes et ambivalents avec les pouvoirs politiques et économiques où alternent tentatives de mise au pas, antagonismes et/ou collusions. Il décortique ensuite les reproches et les critiques qui nourrissent la fracture médiatique entre les journalistes et l’opinion publique. Fracture qui a entraîné aujourd’hui l’émergence d’un alter-journalisme sur Internet avec un mot d’ordre permanent autour de la théorie du complot et de la vérité occultée par les grands médias.

Il revient également pourquoi la presse traditionnelle traîne des boulets structurels qui lui sont de plus en plus fatals face aux nouveaux médias numériques dont le business model reste encore certes aléatoire mais tellement inéluctable au regard de l’explosion de la consommation des contenus digitaux.

Pour finir, le livre esquisse quelques pistes pour que les journalistes reviennent au coeur des enjeux éditoriaux et démocratiques pour que chacun puisse continuer à disposer d’une information viable et éclairante dans un monde saturé d’images et de mots en haut débit. Il en va de la pérennité de la démocratie et de la libre expression. Et maintenant, place à l’avant-propos !

 WikiLeaks : Que penser après le bruit et la fureur médiatiques ?

par Olivier Cimelière
Wikileaks 2 - Logo

De site quasi confidentiel vénéré par une poignée d’initiés du crypto-Web, WikiLeaks est devenu en l’espace de quelques mois le phénomène Internet dont tout le monde s’empare. Autour du répertoire de données informatives brutes fondé par Julian Assange, se cristallisent désormais les passions les plus acharnées. Antis et pros se cognent et s’étripent à grand renforts d’arguments fracassants et de manipulations informatiques dignes de l’agit-prop des grandes heures.

Même au plus haut niveau de l’Etat français, la schizophrénie guette pour commenter l’action de WikiLeaks. Le 29 novembre dernier, la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, se montre sur les ondes de RMC plutôt enthousiaste envers la révélation massive des télégrammes de la diplomatie américaine (1) : « L’important, c’est la transparence, c’est pour çà que c’est bien ». Le lendemain, elle est sévèrement contredite par Nicolas Sarkozy aux yeux duquel WikiLeaks fait figure de « dernier degré d’irresponsabilité » (2).

Cette dissonance gouvernementale est révélatrice du climat qui entoure aujourd’hui WikiLeaks. Pour les uns, le site est un formidable appel d’air à la liberté d’expression et à la transparence de l’information. Pour les autres, le site est une grenade dégoupillée aux motivations partiales et éminemment nuisibles. Une chose est en tout cas certaine. Il y a désormais un avant et un après WikiLeaks. Pas sûr en revanche que la qualité de l’information, la clarté des enjeux et la compréhension des citoyens sortent toujours gagnants de cette nouvelle donne éditoriale. Pourquoi et comment en est-on arrivé là ?

 Wikileaks : renaissance du journalisme ou imposture médiatique ?

par Olivier Cimelière
Wikileaks Logo

Pour les assoiffés d’investigation journalistique, Wikileaks est le canal médiatique hype du moment. Depuis quelques semaines, le site d’information participatif est sous les feux des projecteurs pour avoir balancé sur la place publique plus de 90 000 documents internes sur les opérations de l’armée américaine en Afghanistan. Cautionné et repris en exclusivité par un trio de médias chevronnés et renommés (The Guardian, Der Spiegel et The New York Times, excusez du peu !), Wikileaks a soudainement gagné ses galons de journaliste enquêteur là où il apparaissait jusqu’à présent comme un ovni éditorial faisant certes bouger les lignes de l’information mais aux intentions parfois difficiles à cerner.

Fondé en décembre 2006 par Julian Assange, ce site entend révéler au public des vérités sensibles ou estampillées « confidentiel défense » qu’institutions, entreprises et médias classiques s’échineraient à bâillonner. Avec le récent coup d’éclat des « warlogs » américains sur l’Afghanistan, le démiurge de Wikileaks joue maintenant dans la cour éditoriale des grands. A tel point qu’il est célébré par d’aucuns comme le nouveau héraut de la démocratie et de la transparence totale. Mi-août, il fut ainsi invité à s’exprimer sur le reportage d’investigation devant les étudiants de la prestigieuse école de journalisme de l’université de Berkeley en Californie. Autre signe d’adoubement institutionnel : Julian Assange écrit des tribunes éditoriales pour le quotidien suédois Aftonbladet. Enfin, il reçu de la branche britannique d’Amnesty International, le Prix des Médias pour saluer son œuvre de défense des droits de l’Homme.

Julian Assange est désormais le tribun qu’on s’arrache pour parler journalisme, investigation et censure dans les colloques les plus prestigieux ou celui qu’on cite volontiers pour parler de liberté de l’information. Cet engouement pour ce justicier épris de transparence suscite pourtant quelques questions épineuses et non des moindres. N’est-on pas au final en train de propulser un peu vite l’énigmatique Julian Assange en preux chevalier des temps éditoriaux ou nouvel Albert Londres des réseaux numériques ?

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