L’émission Koh Lanta peut-elle décemment continuer ?

par Olivier Cimelière
Koh Lanta - Logo une communication

Avec le suicide du médecin en charge des candidats de Koh-Lanta,  le producteur Adventure Line Productions et le diffuseur TF1 sont confrontés à une crise médiatique sans précédent. Mort subite d’un participant, accusations anonymes et suicide, il ne pouvait y avoir pire scénario de communication de crise. Que faire ?

 Crise aérienne : Y a-t-il un pilote dans la communication de Ryanair ?

par Olivier Cimelière
Ryanair - Michael O Leary 2 communication

Le Blog du Communicant 2.0 a le plaisir d’ouvrir ses colonnes à Roman, auteur du très intéressant « Air Observer’s blog« . Rédigé en anglais, ce site couvre et analyse in extenso l’actualité de l’industrie aérienne « low cost » en Europe. C’est à ce titre que Roman s’est penché sur l’étrange stratégie de communication adoptée par la compagnie Ryanair pour tenter de masquer une défaillance survenue à l’un de ses appareils en Allemagne. Il a écrit un excellent et avisé billet que je vous invite à lire ci-après !

Nous sommes à Memmingen en Allemagne. Le 23 Septembre 2012, le vol Ryanair FR-3214 en provenance de Manchester est en approche de la piste 24 avec 135 passagers et 6 membres d’équipage à son bord. L’avion se prépare à atterrir. Il va vite, il est bas, un peu trop bas. Une alarme sonne dans le cockpit, l’appareil remet les gaz, fait un tour et revient se poser. Pour les passagers, rien d’anormal, l’avion a mis quelques instants de plus à se poser, c’est tout.

 Sécurité routière : un spot trash peut-il réduire la mortalité des jeunes au volant ?

par Olivier Cimelière
Alcool - Levier vitesse

Il faudrait être totalement inhumain pour ne pas être pris aux tripes par le visionnage du nouveau spot de la Sécurité Routière. Dans la lignée de la première génération projetée l’an passé, le film narre tel un reportage caméra sur épaule, la virée nocturne alcoolisée d’une bande de jeunes qui s’achève tragiquement dans le sang et la tôle froissée.

A coups de plans-séquences au scalpel, les scènes s’enchaînent vers l’inéluctable drame comme il s’en produit malheureusement tous les week-ends sur les routes de France. Le film sera diffusé à la télévision et sur Internet à la veille des vacances de la Toussaint, une période accidentogène particulièrement critique. Mais est-ce réellement suffisant pour enrayer cette inacceptable hécatombe ?

 Le choc des révélations ou quand la crise éclate !

par Olivier Cimelière
Revelations-Accident-Tunnel

Avez-vous remarqué qu’à chaque crise qui fait irruption dans les gros titres des médias, s’accompagne alors une inexorable litanie de révélations. Auparavant reléguées dans le confortable placard poussiéreux des dossiers à oublier, les révélations s’emboîtent au fur et à mesure comme un puzzle qui prend enfin toute sa logique et assemble une image jusque-là morcelée.

Il suffit de piocher au hasard de l’actualité récente pour trouver ce type de résurgence chronique qui met alors violemment à jour une réalité longtemps confinée à l’abri des regards de la société civile. Ainsi, le récent désastre nucléaire de la centrale japonaise de Fukushima a-t-elle mis en exergue dans la foulée du tsunami, l’impérétie de la société exploitante Tepco. Laquelle n’en était pourtant pas à son premier coup d’éclat malheureux tant les casseroles traînées finissaient par rassembler à une batterie de cuisine. En France, l’affaire du Mediator et du laboratoire Servier a brutalement mis en pleine lumière des pratiques contestables sur lesquelles d’aucuns savaient depuis des décennies sans jamais vraiment se donner les moyens d’en débattre ouvertement. A cet égard, la catastrophe meurtrière du tunnel du Mont-Blanc en 1999 constitue un exemple emblématique des mécanismes crisiques plus que jamais à l’oeuvre aujourd’hui et dont les enseignements demeurent plus que jamais valables.

 Peurs en stock sur société vulnérable : Peut-on s’en extraire ?

par Olivier Cimelière
A - Munch

A l’instar du célébrissime avertissement ferroviaire, « un train peut en cacher un autre », l’écho de la peur ne cesse de rebondir inextinguiblement à mesure des unes médiatiques qui défilent. Aucun domaine d’activité n’est épargné. Aucun acteur n’est immunisé surtout s’il est en plus industriel, plutôt fortuné et influent. La roue tourne régulièrement et frappe à tort ou à raison mais toujours en distillant une saveur anxiogène qui n’est pas le meilleur antidote pour rasséréner les esprits et avoir des débats constructifs.

Deux exemples piochés au hasard de l’actualité récente sont encore venus alimenter le long fleuve si peu tranquille des peurs sociétales. Ainsi, en plein salon de l’Agriculture en février 2011, Le Livre Noir de l’agriculture part en guerre contre les cultures intensives. Cette semaine, c’est Le Nouvel Observateur qui tire la sonnette d’alarme  en s’inquiétant du contenu « empoisonné » de nos assiettes. Sans nier l’existence d’évidents problèmes, pourquoi sombre-t-on pourtant autant aux sirènes alarmistes qui finissent par dépeindre la société comme un champ de mines létal ? Le Blog du Communicant 2.0 tente de livrer quelques petites réflexions.

 Gestion de crise : Cachez-moi cette alerte que je ne saurais voir !

par Olivier Cimelière
Herald - Crise

Contrairement à une idée largement répandue (et qui aide souvent à dédouaner des responsables), la crise qui éclate sans crier gare n’existe pas. Seul l’accident est par nature imprévisible. Lui seul est un événement ponctuel qui surgit par inadvertance avec un impact plus ou moins prononcé sur son environnement. De la manière de décrypter les alertes et d’en tirer des enseignements, résulte ou pas la résurgence des crises. Petite réflexion toujours d’actualité et illustrée avec le naufrage du car-ferry, le Herald Free of Enterprise.

Prenons l’exemple d’un conducteur de bus en bonne santé qui circule à allure normale sur l’autoroute. Soudain, il est victime d’une rupture d’anévrisme. Il perd aussitôt le contrôle de son volant. Son autocar dévie brutalement de sa trajectoire, percute et défonce la glissière centrale de sécurité pour finalement s’encastrer dans une voiture qui roulait au même moment en sens inverse. La violence du choc provoque la mort de passagers et en blesse grièvement d’autres. Telle est la notion même de l’accident : un événement qui survient sans indice préalable, ni signe avant-coureur qui laissait supposer que quelque chose d’anormal et d’impactant pouvait potentiellement se tramer.

En revanche, reprenons le même conducteur qui provoque une collision aux conséquences identiques mais cette fois en étant alcoolisé. L’événement en lui-même sera également qualifié d’accident et la faute en incombera au chauffeur. Pourtant, l’analyse détaillée des éléments qui ont concouru au dénouement dramatique de cet événement montre que les ingrédients d’une crise potentielle étaient déjà en place. L’homme avait déjà été condamné pour des infractions de conduite en état d’ébriété. Il avait ensuite récupéré son permis après avoir purgé sa suspension administrative mais n’avait pas mis pour autant un terme à sa consommation d’alcool et ne s’astreignait à aucun suivi médical spécifique.

 Risque & Progrès : L’équation délétère se met en place avec l’affaire du sang contaminé (11/12)

par Olivier Cimelière
Sang-contamine-Poche-de-sang

A une époque où les risques de mortalité n’ont jamais été aussi faibles dans les sociétés occidentales et la maîtrise des enjeux technologiques aussi élevée, c’est pourtant un tenace sentiment d’insécurité qui prédomine et taraude les esprits. Hier fruit du hasard, de la fatalité ou de la volonté divine, la catastrophe ne cesse aujourd’hui de rôder et de potentiellement sourdre à tout moment comme le résultat de l’impéritie des hommes à contrôler des progrès qui étaient pourtant censés être les piliers infaillibles d’un monde meilleur.

L’Homme a certes vécu de tout temps sous le joug de peurs existentielles récurrentes d’autant que la consistance même de sa vie a longtemps été réduite à bien peu de choses. Sans cesse menacé par des épidémies et des famines ravageuses, des catastrophes naturelles insurmontables ou des guerres sanglantes, l’être humain traversait son existence en se percevant très vite comme un macchabée en devenir à plus ou moins brève échéance. Si l’on mourait plus au Moyen-âge, on désespérait en revanche nettement moins qu’aujourd’hui !

En France, un scandale a particulièrement marqué la société au point de la faire basculer dans une équation délétère dont le modèle systémique perdure encore aujourd’hui à chaque crise ou convulsion sociétale. Ce scandale est la célèbre affaire du sang contaminé. Avec lui et ses cinq mécanismes récurrents, la société s’est durablement plongé dans une ambiance anxiogène à l’égard des technologies et des industries. Retour sur un événement marquant de la systémique de crise moderne.

 Risque & Progrès : Quand la manipulation entre en jeu (10/12)

par Olivier Cimelière
Risque-et-Progres-Logos-Dangers

En mars 1979, l’industrie nucléaire connaît son premier épisode dramatique majeur sur l’île américaine de Three Mile Island en Pennsylvanie. Un réacteur de la centrale nucléaire est entré en fusion suite à une panne du système de refroidissement et menace à tout moment d’exploser. Après trois semaines de lutte intensive, le réacteur est muselé et accompagné en particulier par la mise au point de plans cohérents d’évacuation et d’information de la population. Le pire est évité mais la crainte du nucléaire est amorcée. Les manoeuvres manipulatoires aussi !

C’est certainement avec l’explosion de la centrale atomique de Tchernobyl en Ukraine le 26 avril 1986 que la suspicion va atteindre son paroxysme d’autant que l’opacité des autorités soviétiques sur le sujet est totale dans les premiers jours de l’accident.

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