Bangladesh : Et si les marques textiles cessaient leur com’ cousue de fil blanc ?

par Olivier Cimelière
Bangladesh - Logo Clean Clothes communication

Il aura malheureusement fallu 1127 morts dans l’effondrement d’une vaste usine de textile à Dacca au Bangladesh pour qu’une dizaine de grandes marques d’habillement accepte de parapher le 16 mai un accord visant à renforcer la sécurité des ateliers de confection du pays. En dépit d’une communication de crise décousue, la réputation des géants du textile s’en tire dans l’immédiat à moindre mal mais sûrement pas à plus long terme. Le déni n’est plus tenable. Analyse et perspectives.

Le 24 avril dernier, un énorme bâtiment de confection où travaillent 3000 employés du textile s’écroule comme un château de cartes dans la banlieue industrieuse de la capitale du Bangladesh. A mesure que les jours passent, le tribut humain atteint des proportions encore jamais vues dans un pays où 40% de la main-d’œuvre assemble des vêtements pour le compte de célèbres enseignes internationales dans près de 5000 ateliers disséminés qui font du Bangladesh, le 2ème exportateur mondial de produits textiles finis (1).

Dans les gravats ensanglantés, journalistes et secouristes ne cessent également de retrouver des brassées d’étiquettes et de documents commerciaux émanant de marques plus habituées à figurer dans la rubrique mode des magazines que dans celle des faits divers. Face à cette crise d’une ampleur inégalée, ces dernières ont diversement joué la montre pour tenter d’estomper l’impact des révélations. Elles ont renoué de fait avec les vieilles ficelles éculées d’une communication négationniste. Une tactique court-termiste qui semble n’avoir vraiment pas compris que la donne change. La communication responsable et authentique est désormais une exigence sociétale en passe de modifier radicalement l’image des géants du secteur. Il n’est plus question de se contenter de sparadraps cosmétiques pour préserver une réputation.

 Dave Senay, PDG FleishmanHillard : « L’heure du “Power of True” a sonné »

par Olivier Cimelière
FH - Logo corporate communication

PDG de FleishmanHillard, l’un des premiers réseaux mondiaux de conseil en communication, Dave Senay était de passage à Paris pour dévoiler le nouveau positionnement corporate de l’entreprise qu’il préside depuis juillet 2006. Il a accordé un entretien exclusif au Blog du Communicant pour expliquer cette évolution visuelle,  affirmer ses convictions en matière de communication et de réputation des marques et insister sur l’importance de l’éthique dans les relations publics.

« J’ai quasiment grandi avec FleishmanHillard ! » n’hésite pas à résumer dans un grand sourire Dave Senay lorsqu’on l’interroge sur son parcours professionnel. De fait, il a rejoint en 1984 le groupe originaire de Saint-Louis au Missouri à l’époque où celui-ci ne disposait que de 4 bureaux sur tout le territoire américain. Aujourd’hui, l’enseigne fait partie du groupe Omnicom et compte plus de 80 bureaux dans 29 pays ainsi que des sociétés affiliées dans 42 pays.

Dave Senay a occupé un rôle de premier plan lorsque FleishmanHillard a démarré son internationalisation en réalisant de nombreuses acquisitions stratégiques, notamment en Europe. Au fil de ce brillant parcours qui tient de la plus pure tradition de la « success story » américaine, il s’est forgé de solides convictions au sujet de la communication et de son devoir d’exemplarité en termes d’authenticité, d’éthique et de transparence. Entretien sans langue de bois.

 Viande & Spanghero : Communication de crise cacophonique à tous les étages

par Olivier Cimelière
Spanghero - Logo Une communication

 Chez Spanghero, une viande peut en cacher une autre. Après 750 tonnes de cheval maquillé en bœuf, 57 tonnes de mouton britannique interdit à l’importation ont été découvertes. Les révélations n’en finissent plus d’accoucher de crises à répétition où les acteurs ne brillent guère par leur transparence mais plutôt par leur capacité à trouver des boucs émissaires. Un jeu communicant dangereux où la confiance du consommateur pourrait devenir l’arbitre impitoyable.

L’addition médiatique commence à peser lourdement dans la réputation de l’entreprise de Castelnaudary. En juin 2011, Spanghero s’était déjà retrouvé au cœur d’une crise alimentaire en se voyant contrainte de procéder prestement au retrait du marché de produits à base de viande hachée contaminés par la bactérie E-coli au risque sanitaire avéré. Depuis février 2013, la société spécialisée dans les conserves et la viande fraîche transformée se débat avec des affaires à tiroir de fraude supposée. Devant le fracas des révélations qui s’accumulent, autorités et industriel opèrent une communication qui procède plus du Mistigri qu’on refile à un autre que d’une communication soucieuse d’établir les faits. N’y aurait-t-il pas d’autres voies pour solder cette crise détestable ?

 Journalisme infiltré : Information nécessaire ou déformation caractérisée ?

par Olivier Cimelière
Infiltrés - Logo communication

Le récent reportage en caméra cachée de deux journalistes de la télévision allemande sur les coulisses peu reluisantes d’un entrepôt d’Amazon à Bad Hersfeld a remis sur le devant de la scène l’épineuse question du journalisme d’infiltration. Sous prétexte de contourner l’opacité mise en œuvre par la communication des entreprises, les investigateurs rivalisent d’astuces pour enquêter ni vu, ni connu au-delà des portes closes et des micros verrouillées. Que penser de ce mode opératoire digne des meilleurs espions de John Le Carré ?

En soi, la technique du journaliste incognito est loin d’être totalement inédite. Déjà en 1887, la journaliste américaine Nellie Bly avait recouru à ce stratagème pour  briser l’omerta sur les conditions réelles des aliénés internés dans l’asile de Blackwell Island. Pendant 10 jours, elle s’était faite passer pour folle et avait pu vivre de l’intérieur les maltraitances abominables administrées aux patients par le personnel de l’établissement. Son récit publié dans le New York World fera grand bruit et consacrera même la naissance de ce type de journalisme baptisé par les anglo-saxons, « stunt journalism » (1).

 @EquipierQuick : Du bad buzz dans le hamburger ?

par Olivier Cimelière
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Pendant une dizaine de semaines fin 2012, un mystérieux équipier a semé la zizanie dans un restaurant d’une enseigne Quick d’Avignon en tweetant rageusement sur ses conditions de travail critiquables et le non-respect des normes d’hygiène. Finalement démasqué, l’auteur a été licencié et se prépare désormais à affronter son ex-employeur devant les prétoires de la justice. Quelle lecture retirer de cette passe d’armes sur les réseaux sociaux où marques et entreprises sont souvent vulnérables ?

Cette anecdote est loin d’être un épiphénomène. Elle s’inscrit au contraire dans un contexte général où depuis quelques années, les tensions au travail se sont exacerbées et la défiance managériale accrue tandis que s’imposaient concomitamment les médias sociaux dans la vie quotidienne de chacun, au domicile comme au bureau. Dès lors, rapide a été la tentation d’en faire un exutoire des avatars subis au boulot et un déversoir des rancœurs et frustrations diverses que l’univers professionnel engendre de manière croissante et parfois traumatisante. Déjà en 2010, des salariés d’Alten, une société d’ingénierie et de services, avaient été congédiés pour avoir dénigré leur entreprise sur Facebook. Portée en justice, l’affaire a accouché de verdicts fluctuants sans pour autant endiguer la multiplication des litiges.

 Instagram : Plus qu’une erreur de com, un enjeu sociétal sur les données persos

par Olivier Cimelière
Instagram - Logo communication

Instagram, le jeune service de partage et de retouche de photos numériques acquis en avril 2012 par Facebook, vient de subir un rude retour de manivelle de la part des internautes qui l’avaient jusqu’alors plébiscité à l’envi. En voulant modifier ses règles d’utilisation en vue de monétiser les clichés de ses adeptes, le service a déclenché une bronca sans précédent l’obligeant à faire machine arrière. Certains n’y ont vu qu’une simple maladresse de communication d’Instagram et jugent l’épisode désormais clos. Rien n’est moins sûr. Analyse prospective.

Et si au contraire, cette levée de boucliers augurait d’un énorme enjeu de communication autour des données personnelles où les acteurs du numérique ne se sont jusqu’à présent guère distingués par une volonté de transparence avérée sur l’usage exponentiel fait des précieuses traces numériques laissées par les usagers des réseaux sociaux et plus généralement du Web.

 Communication responsable : tarte à la crème ou véritable axe de progrès ?

par Olivier Cimelière
Communication et entreprise

Dans un monde tiraillé par une défiance sociétale sans précédent entre tous les acteurs, la communication des entreprises, des institutions, des dirigeants et des personnalités est loin d’échapper aux turbulences contemporaines. Au contraire, elle est souvent pointée d’un index accusateur comme étant source de dérives manipulatoires, cosmétiques et autres gracieux épithètes. Autant dire que le rôle de communicant est clairement sous tension. Communication & Entreprise, 1ère association professionnelle de communicants de France, a édité en décembre 2012 une étude* sur l’état de l’art du métier et la notion de communication responsable pour mieux cerner les enjeux à relever.

Bien qu’encore floue ou fluctuante pour certains, cette notion commence pourtant à irriguer les réflexions des professionnels de la communication. Fortement chahutée, voire vilipendée par l’opinion publique et les médias, la « com’ » procède effectivement plus souvent du vocable peu flatteur que du convivial diminutif ! Et au cœur même des structures qu’elle est censée accompagner et valoriser, la communication est également encore affublée de poncifs dispendieux et pailletés ou alors réduite à la portion congrue de la simple usine à brochures, sites Web et porte-voix de messages calibrés comme des œufs d’élevage. L’enquête réalisée par Communication & Entreprise révèle néanmoins des motifs d’espoir. Les communicants commencent enfin à s’extirper progressivement des réflexes éculés et maquilleurs de leurs ainés pour privilégier de manière croissante, une communication nettement plus ouverte et honnête.

 Ville numérique : Et 1, et 2, et 3.0 pour Courbevoie !

par Olivier Cimelière
COURBEVOIE 3-0 - Logo - communication

Le Blog du Communicant 2.0 a rencontré Arash Derambarsh. Editeur et bientôt avocat, il est aussi un citoyen engagé dans la ville de Courbevoie où il réside. Passionné de numérique, d’édition et de débats sociétaux, il vient de lancer à cet effet un club de réflexion baptisé « Courbevoie – Ma ville 3.0 ». Objectif : accroître l’échange et l’implication des citoyens de sa ville sur différentes thématique urbaines grâce aux nouvelles technologies.

Un premier débat a eu lieu le 28 novembre dernier à Courbevoie avec un intitulé idoine pour donner le tempo des futures activités de « Courbevoie – Ma ville 3.0 » : « Comment faire d’une ville une référence numérique ? ». Autrement dit, comment concilier le défi du mieux-vivre ensemble et celui de l’accessibilité immédiate au numérique dans une ville ?

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