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— 12 octobre 2016
LCI : Dans les coulisses d’une chaîne tout-info qui ambitionne une information « live » différente
Depuis septembre 2016, le paysage télévisuel des chaînes tout-info s’est considérablement transformé. Aux deux chaînes de « hard news » que sont la locomotive BFMTV et l’outsider iTélé, la télévision publique a lancé Franceinfo et TF1 a totalement refondu la grille des programmes de LCI, longtemps donnée pour moribonde. Après six semaines d’exercice, les équipes de LCI recevaient plusieurs blogueurs médias et communication pour faire le point sur une approche éditoriale repensée de fond en comble et qui trouve déjà sa voie.
LCI revient de loin. Chacun garde encore en mémoire les sombres prédictions liées à la chaîne tout-info du groupe TF1. Pour d’aucuns, elle allait bientôt appartenir au cimetière des aventures télévisuelles avortées. Pour d’autres, elle devait fusionner avec TF1 dans un contexte où de nombreux analystes du secteur estiment qu’il n’y a pas de place en France pour 4 chaînes d’information pouvant capter une audience suffisamment fidèle et rentable. Alors, LCI est-elle en sursis ou peut-elle rebondir et trouver sa niche ? Eléments de réponse.
Un concept totalement revisité
Avant même de parler contenu rédactionnel, LCI s’est attelée à travailler sur l’univers studio qui l’incarne à l’écran. En plus du logo retouchée pour signifier plus de dynamisme et un ancrage dans le digital, la chaîne a complètement l’architecture et le design de son plateau TV. Résultat : un espace chaleureux et moderne scindé en trois décors qui ont pour ambition de coller à des rythmiques temporelles en fonction du moment de la journée (matinée, après-midi, soirée). Si le plateau de présentation demeure le pivot central du studio, ce dernier s’enrichit du coin « salon » où chroniqueurs et experts peuvent livrer des analyses plus fouillées et prendre le temps de débattre tandis que le desk reste prioritairement axé sur l’information à chaud, des éclairages complémentaires et des rubriques récurrentes en direct. Deuxième module innovant qui jouxte le plateau : une mezzanine plus intimiste où les personnalités faisant l’actualité sont reçues dans un cadre cosy pour un entretien de plusieurs minutes avec un(e) journaliste de la chaîne.
Un autre chantier a également mobilisé les équipes de LCI : intégrer et mutualiser les flux informationnels issus du Web et de la TV là où auparavant ceux-ci avaient l’habitude de fonctionner de manière séparée. Autrement dit, le digital doit pouvoir être repris au format télévisuel et inversement. Le tout étant également visible via l’application mobile LCI dont Thierry Thuillier, directeur général de LCI, note qu’elle s’est rapidement imposée comme canal d’accès prioritaire aux contenus digitaux édités par la chaîne (54% sont visionnés en mobilité). Cela a supposé un intense travail de synchronisation de la régie pour parvenir à combiner flux télévisuels et digitaux tout en maniant dans le même temps de multiples formats.
L’éditorial autrement
L’autre ambition que LCI se fixe dans son cahier des charges concerne le contenu éditorial lui-même : s’émanciper du « hard news » pur et dur pour proposer des angles variés qui vont de la couverture « live » d’un événement à l’analyse à chaud, la tribune ou encore le décryptage. Les flashs infos sont d’ailleurs moins fréquents. Au lieu d’un rappel des titres tous les quarts d’heure, ceux-ci interviennent désormais à l’heure et à la demi-heure. François-Xavier Ménage, l’un des présentateurs vedette de la matinale de LCI est sans ambages sur l’objectif visé : « revitaliser l’antenne, multiplier les regards et proposer une ambiance conviviale ».
Un exemple de cette ambition éditoriale pleinement assumée par LCI est la diffusion du débat des primaires des Républicains qui a lieu jeudi 13 octobre. Avant le démarrage à 20 heures, la chaîne proposera des reportages sur les coulisses des 7 candidats qui affûtent leurs arguments rhétoriques. Pendant le débat, les interventions seront calibrées en termes de durée pour éviter les monologues interminables. En parallèle, les téléspectateurs pourront réagir sur un fil Twitter dédié où certaines questions pourront être reprises par les journalistes et adressées aux acteurs concernés. Autre point novateur : le recours à un dispositif de fact-checking quasi instantané qui pourra valider, contredire ou compléter des chiffres qu’un des orateurs serait amené à citer pendant son réponse. Enfin, un partenariat a également été conclu avec la start-up GOV (lire l’article du blog à ce propos). Sur cette plateforme qui compte déjà plus de 100 000 utilisateurs, ces derniers pourront fournir une indication en temps réel sur leur perception de chaque candidat et des thématiques les plus porteuses. A l’issue du débat, des analystes et fins connaisseurs de la vie politique comme Jean-Louis Debré (désormais libéré de toute contrainte officielle liée à ses précédentes fonctions) feront part de leurs observations ainsi que l’humoriste Nicolas Canteloup qui aura la tâche d’instiller une dose piquante d’humour sur d’éventuelles boulettes ou petites phrases marquantes.
Au final, les six premières semaines des équipes LCI qui ont recruté de nombreux nouveaux visages pour la circonstance sont plutôt enthousiastes. Thierry Thuillier fait notamment remarque que l’audience de LCI est passée de 0,2% à 0,4%, avec des tranches spécifiques comme celle animée par Yves Calvi (ci-contre) parvenant à atteindre jusqu’à 1% de part de marché auprès d’un public essentiellement jeune et issu de catégories socio-professionnelles aisées. Il est certes encore un peu prématuré de tirer des conclusions mais force est de reconnaître que LCI a réussi à redresser le tir dans un intervalle de temps réduit et face notamment à un nouvel acteur comme Franceinfo qui revendique aussi un traitement éditorial différentiant. Avec en particulier un vrai effort consacré à l’imbrication du digital et du télévisuel. Ce qui n’est pas le moindre des défis à l’heure où la consommation de la TV reste certes majeure mais connaît une temporalité et des modes d’accès très bouleversés.
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2 commentaires sur “LCI : Dans les coulisses d’une chaîne tout-info qui ambitionne une information « live » différente”
Voir une chaîne francophone s’abaisser à l’usage de termes aussi vides et imprécis que live est terriblement inquiètant et décevant. Est-ce tellement difficile d’écrire « en direct »?
Les anglicismes que vous employez ont des équivalents francophones et ce serait une très bonne idée de les employer ! Vos articles y gagneraient en clarté et en beauté !
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