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— 21 juillet 2014
Déontologie : Frédéric Haziza peut-il encore se dire journaliste ?
Journaliste à la Chaîne Parlementaire et Radio J, Frédéric Haziza fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux à cause d’un tweet plus qu’ambivalent sur les émeutes d’un quartier de Sarcelles où se sont affrontés des militants pro-palestiniens et pro-israéliens. Problème : la photo associée au tweet n’avait rien à voir avec les événements. Rapidement repéré par des twittos, l’impétrant a plaidé l’erreur de manipulation, retiré le cliché mais sans rien rectifier de ses propos, ni apporter les preuves photographiques correspondantes. Retour sur image.
Ce n’est décidément pas le grand amour entre Frédéric Haziza et les réseaux sociaux. Déjà en 2013, il fut la cible d’une abjecte campagne antisémite impulsée par d’anciens skinheads pour avoir refusé d’inviter le sulfureux essayiste extrémiste Alain Soral sur le plateau de son émission diffusée sur la Chaîne Parlementaire. Pendant plusieurs mois, il fut violemment pris à parti au point d’être l’objet d’une pétition en ligne (activée par l’extrême-droite) réclamant son éviction de LCP à cause de sa « partialité ». Face aux nombreux soutiens reçus à juste titre, la polémique n’a pas atteint son but et Frédéric Haziza a pu continuer ses activités journalistiques.
Journaliste ou militant ?
Dimanche 20 juillet, des émeutes éclatent dans un quartier de Sarcelles qui se traduisent par une tentative avortée d’incendie de la synagogue, des boutiques ravagées et délestées de leurs marchandises, des véhicules renversés et brûlés, du mobilier urbain réduit en miettes et une vieille dame blessée. Elément déclencheur de cette violence sans nom et inexcusable : l’interdiction d’un défilé de soutien pro-palestinien qui se transforme en bataille de rue entre les forces de police et des bandes de jeunes.
C’est dans ce contexte explosif que Frédéric Haziza choisit de tweeter un message d’indignation où il impute la responsabilité des débordements à ceux qu’il appelle des « pacifistes » pro-Hamas. Pour appuyer ses dires et justifier son propos engagé, il accompagne le tweet d’une photo d’un policier casqué aspergeant de gaz lacrymogène un manifestant avec une barre de fer dans la main. Le tout étant légendé comme une photo prise sur le vif à Sarcelles.
Et la boulette survint …
A peine mis en ligne, le tweet du journaliste déchaîne les commentaires outrés. La photo censée attester de la violence des émeutiers de Sarcelles est en fait un cliché réalisé en 2009 lors de la Révolution Verte en Iran. Aussitôt, tout Twitter bruit de la boulette magistrale de Frédéric Haziza. Outre le fait de s’engager très ouvertement pour un camp et contre un autre alors qu’il est journaliste et astreint de ce fait à une certaine neutralité, il s’appuie sur une fausse preuve pour justifier son propos.
Conscient qu’il a franchi la ligne jaune, Frédéric Haziza retire alors la photo incriminée et plaide … une erreur de manipulation de sa souris qui comme par le plus pur des hasards, a téléchargé une photo de manifestation violente. Satané matériel informatique ! Devant l’énormité de l’excuse niveau gosse de 5 ans et le refus obstiné d’apporter des preuves visuelles étayées de ses affirmations, le journaliste se fait alors étriller par les socionautes peu enclins à accepter cette entorse aux règles les plus basiques de la déontologie journalistique.
Pas la première fois pour Haziza
Auteur récemment d’un livre enquête fouillé sur les réseaux fachos en France, le cas Frédéric Haziza pose vraiment question. Qu’un journaliste ait des convictions et veuille les exprimer, cela passe encore à condition de le faire à visage découvert et d’assumer pleinement ses prises de positions. Sur ce point, l’homme n’a jamais vraiment dissimulé ses inclinaisons politiques et communautaires. Sa très longue collaboration à Radio J est là pour en attester.
En revanche, se livrer à des tripatouillages de bas étage pour asséner ses opinions tout en profitant de son statut éditorial commence à devenir nettement moins acceptable. Il n’entre pas dans les prérogatives d’un journaliste de se fondre en militant d’une cause et de s’autoriser des raccourcis et des biais intellectuellement malhonnêtes. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Frédéric Haziza a maille à partir avec les petits arrangements. Il y a quelques mois, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, lui a vertement reproché d’avoir cherché à créer un amalgame abusif entre son parti et le « penseur » extrémisant Alain Soral.
La répétition de ce genre d’avatars tendrait donc à laisser penser que Frédéric Haziza est plutôt prompt à laisser au vestiaire la déontologie journalistique pour privilégier ses engagements politiques. Depuis qu’il s’est à nouveau fait pincer les doigts dans le pot de confiture, celui-ci tweete à cadence régulière son pseudo-message d’excuse tout en martelant mordicus sa vision des choses. Qu’il y ait eu d’inadmissibles actes de vandalisme (voire d’arrière-pensées racistes chez certains jeunes abrutis) envers la synagogue, est un fait. Qu’on jette de l’huile sur le feu en bricolant la réalité qu’on a absolument envie d’imposer aux autres, n’est en revanche pas concevable de la part d’un détenteur de la carte de presse.
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10 commentaires sur “Déontologie : Frédéric Haziza peut-il encore se dire journaliste ?”
aujourd’hui le 1/4/18 FHaziza s’étale longuement sur l’antisémitisme des français !!! ce que je ne crois pas !!! a-t-on jamais fait une analyse sur ce qui engendrerait un antisémitisme en France !!!! pas un mot sur les 16 palestiniens qui ont perdu la vie à gaza face à l’Armée israélienne, canons, et drômes pour attaquer !!! cette situation est insupportable , tout le monde s’en fout et Haziza et ses sbires pareil.
Dominique Strauss-Khan a souvent fait savoir son fort engagement sioniste :« Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc c’est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. Tout le monde ne pense pas la même chose dans la Communauté juive, mais je crois que c’est nécessaire. Car, on ne peut pas à la fois se plaindre qu’un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd’hui, une politique par trop pro-arabe et ne pas essayer de l’infléchir par des individus qui pensent différemment en leur permettant de prendre le plus grand nombre de responsabilités. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël. (Passages N° 35 – Février/Mars 1991)»
DSK a aussi avoué au magazine Tribune Juive « Se lever chaque matin en se demandant comment il pourra être utile à Israël. » »
Source : wikipedia
So what ?
Je dirai aujourd’hui le journalisme français est mort!trop soucieux de leur carrière,leur confort,sans âme,mort de l’intérieur!
Quant à hazizza,je vous pari qu’il s’en sortira par une belle pirouette,affaire à suivre!
Dieu merci, tous les journalistes français ne sont pas à l’image de Frédéric Haziza et ont encore une vraie conscience professionnelle malgré un environnement eu évident pour faire du bon travail …
« ’il est journaliste et astreint de ce fait à une certaine neutralité »
Un journaliste n’a pas à être objectif, au contraire, mais il doit être honnête.
Il doit pouvoir commenter, éclairer, prendre parti, fait et cause, sinon, une webcam et un magnéto suffirait. Mais sans tricher, masquer, travestir. Il doit vérifier l’info. C’est essentiel pour construire un lien de confiance entre le lecteur/auditeur et le journaliste. Sinon c’est de la propagande, un attaché de press, un commissaire politique.
Si la neutralité est le coeur du métier de journaliste, alors il suffirait d’une agence de presse pour le monde entier.
Il doit pouvoir prendre position et annoncer qu’il le fait. On ne lit pas pour les même raisons l’Humanité et Le FIgaro.
Mais là, avec Frédéric Haziza, c’est différent. Il s’agit d’un escroc.
Et comme dirait Audiard, d’un idiot en plus (« les cons, ca ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît »).
Le soucis, ce n’est pas tant lui, que ceux qui l’emploient. Car il doit être comme cela pour tout ces articles. Manipulateur et de mauvaise foi.
Haziza dit qu’il a fait une erreur, ce n’est pas une erreur. Il s’agirait plus d’un montage en toute connaissance de cause pour un soucis de propagande politique.
Et quand il fait cela il met dans la balance son image de journaliste. Il sous entend, vous me connaissez comme journaliste, vous avez confiance en moi, alors voilà ce qui s’est passé à Sarcelles. Et hop il fait un montage odieux.
Je reconnais que mon vocable de « neutralité » est imparfait. L’honnêteté est en effet préférable.
Par neutralité, j’entendais juste dire ne pas sombrer dans le partisan absolu. Mais on a évidemment le droit de commenter et prendre position comme l’indique par exemple la devise de l’Express imaginée par JJS : « Dire la vérité telle que nous la voyons » …
Pour le reste, je souscris pleinement à votre analyse concernant Haziza. Il y a beaucoup de malhonnêteté intellectuelle, de biais purement militants qui dévoient totalement la position de journaliste que ce monsieur prétend incarner. C’est grave dans la mesure où les journalistes souffrent déjà suffisamment d’un désamour et d’une défiance profonde … Ses agissements ne font qu’alimenter ceux qui croient que tous les journalistes sont systématiquement au service d’une cause ou d’intérêts particuliers …
Autre source pour la photo : http://www.leblogmoto.com/2009/06/19/moto-et-revolte-de-lopposition-en-iran/ 🙂
Cette photo date de 2009, … Le pays est l’iran L’uniforme est 100% package de la formation francaise à l’iran une vidéo ou l’on peut voir la fameuse bordure verte et blanche : https://www.youtube.com/watch?v=_G62zT6G2Mg voir 0.5s…
Oui c’est confirmé … et c’est grave de la part d’un individu possédant une carte de presse !
Les commentaires sont clos.