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— 3 juillet 2014
Nikos Aliagas & Iker Casillas : Peut-on s’énerver sur Twitter quand on est une célébrité ?
On savait que le football peut exacerber les passions. La Coupe du Monde 2014 l’a encore vérifié. En l’espace de quelques jours, deux personnalités mordues de ballon rond et de réseaux sociaux, l’animateur TV Nikos Aliagas et le gardien de but de but espagnol Iker Casillas, ont sèchement taclé des twittos à la limite de l’obscénité et du racisme. Ce coup de gueule peut-il amoindrir une réputation ?
Sur Twitter, le moindre clash peut vite prendre des proportions inattendues. Pour peu que vous soyez une personne connue et/ou exerçant une certaine influence auprès de votre communauté, quelques mots de travers peuvent suffire à mettre en émoi la volière à twittos. C’est précisément ce genre de mésaventure qui est successivement survenue à Nikos Aliagas, figure emblématique de TF1 et Europe 1 et à Iker Casillas, portier du Real Madrid et de l’équipe d’Espagne piteusement évacuée de la Coupe du Monde au Brésil.
Tacle assassin pour Nikos Aliagas !
Le 30 juin dernier, Nikos Aliagas commente avec ferveur sur son compte Twitter le déroulement de la rencontre qui oppose le Costa Rica à son pays natal. Longtemps menée au score, la sélection hellène parvient in extremis à égaliser dans les arrêts de jeu de la seconde mi-temps. Les prolongations ne donnent rien. Les deux formations se départagent finalement dans une dramaturgique séance de tirs aux buts où les Sud-Américains l’emportent, évacuant ainsi la Grèce de la compétition la plus regardée au monde.
Au même moment, c’est un autre match qui se joue sur la timeline de Nikos Aliagas. Souvent planqués derrières des d’anonymes pseudos, des twittos se mettent à chambrer l’animateur, à se moquer du jeu sans âme de l’équipe grecque et plus grave, à verser dans le verbiage graveleux et raciste. A plusieurs reprises, Nikos Aliagas réplique avec un « ferme ta bouche morveux » et « joue pas avec ça petit ». En vain. Les provocs continuent jusqu’à la goutte de trop du twittos @TonyDSctf (encore un qui assume courageusement son identité !) qui écope d’un cinglant « crève connard » de la part de l’animateur excédé.
Le buzz démarre aussitôt. Le tweet mordant est partagé plus de 2700 fois en quelques heures. Bien que certains internautes suggèrent à Nikos Aliagas d’effacer son tweet, celui-ci n’en fait rien. Bien au contraire, il maintient ses mots et justifie sa réaction courroucée : « Je réponds aux insultes comme il le mérite ». Quelques jours plus tard, l’internaute clashé par Nikos Aliagas joue pourtant les victimes en déclarant à un magazine people (1) : « « Lorsque j’ai posté ce message, c’était simplement pour chambrer Nikos Aliagas. Franchement, si un humoriste comme Nicolas Canteloup avait sorti le même message, je pense que la réaction de Nikos n’aurait pas été la même. […] J’ai le sentiment d’avoir pris pour les autres. J’ai vu qu’il s’était fait insulter toute la soirée. […] Mon message a dû être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, mais sa réponse était excessive. ».
Iker Casillas sort à son tour le carton rouge
Quelques jours plus tard, une autre passe d’armes éclate sur Twitter. Elle met cette fois aux prises le gardien de but de la Roja, Iker Casillas et un de ses abonnés sur Instagram. Eprouvé par l’élimination précoce et sans gloire de sa sélection dès le 1er tour, le portier espagnol est désormais en vacances où il décompresse et tente d’oublier sa déconvenue sportive en compagnie de son épouse et de son petit bébé sur une plage du Portugal. C’est alors qu’il publie un cliché attendrissant de sa femme et son enfant sur Instagram. Succès instantané puisque la photo recueille plus de 228 000 likes ! Sauf aux yeux d’un supporter énervé par la déroute espagnole au Mondial qui écrit dans la foulée : « Jette-le à l’eau qu’on voit s’il flotte » (sic).
Plusieurs heures s’écoulent avant que le joueur ne prenne connaissance du message au goût fort douteux. Tellement douteux qu’Iker Casillas renvoie l’impétrant dans les cordes avec virulence en écrivant (2) : « Tu dois être un sacré fils de pute pour faire ce commentaire. J’espère que tu réfléchiras trois minutes à ce que tu as écrit… CONNARD ! ». Impact garanti avec à ce jour plus de 12 700 commentaires relatifs à l’algarade digitale et aussitôt plusieurs articles dans les médias en ligne.
Réputation impactée ou préservée
Tous les experts numériques l’affirment de manière unanime. Sur les réseaux sociaux, il est préférable de se relire, voire de temporiser avant de songer à répondre à une attaque ou une mise en cause. Même si on tapote 140 caractères sur son clavier en solo derrière un écran de smartphone ou d’ordinateur, la discussion devient elle publique et potentiellement virale si elle véhicule les ingrédients du tweet-clash dont raffolent les accros des médias sociaux. A tweeter trop vite, trop fort, on peut effectivement mettre sa réputation en porte-à-faux d’autant que le Web garde aisément trace même si on efface dans la foulée.
Pour les personnalités, l’équilibrisme discursif peut s’avérer encore plus périlleux pour leur image. Dans le cas de Nikos Aliagas, certains socionautes se sont en effet offusqués que l’animateur puisse autant monter dans les tours et claquer le beignet à d’anonymes twittos très amusés de balancer des vannes racistes et des blagues éculées sur les Grecs. Il est vrai que l’image publique de Nikos Aliagas n’est pas celle d’un polémiste mais au contraire d’une figure publique plutôt œcuménique et chaleureuse. Il en est de même pour Iker Casillas. De toute la sélection espagnole, il ne fait pas vraiment partie de ceux qui défraient la chronique par des embardées verbales et des insultes à tire-larigot.
Il n’en demeure pas moins que les deux personnalités insultées ont largement eu raison de tonner et de baffer publiquement ces trolls qui pullulent trop souvent sur les réseaux sociaux et qui se défoulent à peu de frais et trop souvent à visage caché. Les tenants de la morale pourront toujours s’offusquer des vocables grossiers usités pour la circonstance. Pourtant, leur spontanéité particulièrement bien adaptée face à la crétinerie des interlocuteurs, a le mérite d’humaniser ces deux figures médiatiques et de le rendre ainsi authentiques dans leurs emportements comme ils le sont par ailleurs dans leurs coups de coeur. Il est évident que ces répliques sont à utiliser avec des pincettes et avec extrême parcimonie. Toutefois, à force de laisser des cons s’exciter gratuitement sans jamais ne rien dire, ces derniers finissent par croire indûment qu’ils ont raison. Les réseaux sociaux, ça sert aussi à remettre les cons en place !
Sources
– (1) – M.A – « L’internaute insulté par Nikos Aliagas juge sa réaction excessive » – Voici.fr – 2 juillet 2014
– (2) – « Iker Casillas insulte un internaute qui s’en prenait à son bébé sur Instagram » – Huffington Post – 3 juillet 2014
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3 commentaires sur “Nikos Aliagas & Iker Casillas : Peut-on s’énerver sur Twitter quand on est une célébrité ?”
Bonjour Olivier,
Je suis tout à fait d’accord avec votre conclusion sur le fait que les cons doivent être gifflés de temps en temps. Toutefois, je pense que les personnes publiques (et les anonymes aussi d’ailleurs) devraient avoir l’intelligence de la situation. Aliagas, par exemple, ne peut-il pas passer du temps sans twitter, surtout dans la cas d’un match où le Grèce est sur le terrain? Casillas, doit connaître la frustration du peuple espagnol avec cette élimination prématurée. Etait-il nécessaire d’exposer sa famille si tôt ? Je considère qu’il n’y a pas meilleur réplique que l’indifférence et justement, les cons que vous cités en fin de papier, détestent l’indifférence.
Cela me pose une question: les réseaux sociaux rendent-ils débiles au point de perdre son analyse et son jugement sur l’opportunité d’être connecté ou non ? Il y a un bouton « off » sur tous les portables, s’en servir est parfois très utile !
Merci pour votre analyse,
Laurent
Bonjour Laurent
On sait effectivement tous que l’impulsivité est rarement bonne conseillère … et pas seulement sur les réseaux sociaux ! C’est sûr, Nikos aliagas comme Iker Casillas auraient peut-être pu prendre un peu de recul … Néanmoins quand on est insulté comme ils l’ont été, de surcroît par des débiles qui se permettent beaucoup trop de choses, il me semble humain d’avoir l’envie de répliquer et sécher la personne indélicate …
Le tout est de ne pas le faire à répétition sinon cela ternit sa réputation. Mais une fois de temps en temps, ils ont le droit de remettre les abrutis à leur place … Même si je suis largement moins connu qu’eux, j’ai été moi-même agressé parfois par ce type de troll. Je comprends d’autant mieux leur réaction car dans ces moments-là, on a envie de leur voler dans les plumes !!
Olivier
Oui, Olivier, je suis d’accord avec vous et je comprends votre réponse mais si je peux me permettre et sans vouloir jouer le fayot, vous, vous communiquez sur des choses qui ont un intérêt et qui effectivement peuvent apporter des réflexions véhémentes mais j’ose espérer, souvent constructives. Rien de tout cela dans les deux cas que vous citez.
Je pense juste qu’il y a dans la vie « réelle » des situations à risques où on n’a pas notre place au risque que les choses tournent mal. On n’y va pas. Au stade, on ne va pas naturellement se mettre au milieu des supporters de l’équipe d’en face par exemple. Casillas, naturellement ne va pas aller sur la plaza Mayor de Madrid avec sa femme et son gosse en disant « regardez-moi » après l’échec de l’Espagne. Et pourtant, il aurait été vu par moins de monde en faisant ça que sur Instagram.
Le fait d’être derrière son ordi inhibe visiblement la raison. Pourquoi le bon sens qu’on a (presque) tous dans la vie réelle n’intervient-il pas dans les situations virtuelles ? Peut-être parce que la communication digitale est encore un peu jeune et que la société ne veut pas voir les dégâts qu’elle peut causer et ne s’occupe que des avantages. Qui sont nombreux heureusement! C’est comme tout, les excès conduisent à des débordements et selon moi, dans ce cas, Aliagas et Casillas sont dans l’excès et ils le payent en recevant des insultes (que je ne cautionne pas évidemment).
Attention, je ne me fais pas l’avocat des cons, mais l’ultra connection, l’ultra com de la part des personnalités, fait grandir la communauté des imbéciles. Comme je le disais précédemment, l’indifférence leur clou le bec.
Laurent
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