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6 juillet 2019

Déremboursement de l’homéopathie : la communication comme levier d’influence et de contre-influence

Le président de la République et la ministre de la Santé ont tranché dans la foulée du verdict de la Haute Autorité de Santé rendu le 28 juin. Pour l’instance sanitaire, il n’est pas question de maintenir le remboursement des traitements homéopathiques par la Sécurité Sociale. Aux yeux des experts de la HAS, le bénéfice thérapeutique n’est pas avéré. Cet épisode qui jette une pierre dans les jardins des partisans de la médecine alternative, n’est que le énième d’une guerre de communication déclenchée le 18 mars 2018 avec la publication d’une tribune virulente qualifiant l’homéopathie de « fake med ». Sur les réseaux sociaux et dans les médias, détracteurs et partisans ne cessent de s’écharper. Quels enjeux ? Quelles forces en présence et surtout quelle issue possible à cette polémique bien française ?

Bien qu’il s’agisse d’une vieille pratique thérapeutique issue des travaux du docteur allemand Samuel Hahnemann en 1796 et tout particulièrement prisée depuis des décennies en France, l’homéopathie a toujours suscité de vives controverses médicales dans son sillage. Au départ, cette pratique consister à soigner des symptômes à partir de substances végétales, minérales ou animales qui sont connues pour engendrer les mêmes effets. Autrement dit, on combat le feu par le feu mais à des doses infinitésimales. Les substances actives sont en effet diluées de manière très poussée et en fonction d’un certain nombre de dilutions pour obtenir la dose censée soulager le patient. Pour nombre de scientifiques, cette médecine alternative relève carrément de l’hérésie ou du charlatanisme au motif qu’aucune étude sérieuse n’a objectivement démontré la supériorité de l’homéopathie face à l’effet placebo. En dépit des critiques à répétition, l’homéopathie a continué son bonhomme de chemin jusqu’à accéder au statut de médicament à la création de la Sécurité Sociale puis pris en charge en 1984 sur décision de la ministre de la santé de l’époque (1). Depuis 2011, le remboursement s’est quelque peu restreint. Il ne comprend plus que 1163 produits éligibles (2) à 30% de remboursement à condition d’avoir une ordonnance médicale. En 2018, la caisse d’assurance-maladie a ainsi pris en charge des traitements homéopathiques prescrits à hauteur de 128,6 millions d’euros (3), une facture en baisse de 2% par rapport à l’année d’avant et qui ne pèse que 0,3% du total des remboursements de la Sécurité Sociale. Pourtant, le camp de la médecine conventionnelle ne désarme pas. Il est revenu à la charge contre l’homéopathie jusqu’à aboutir pour l’instant à l’avis anti-remboursement de la HAS.
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