Jusqu’où peut-on autoriser la liberté d’expression ? Le cas « pitoyable » de Boris Le Lay

En matière de racisme cru, d’antisémitisme purulent et d’homophobie fétide, je pensais avoir déjà vu et lu pas mal de choses sordides sur les réseaux sociaux depuis j’anime mon blog et communique sur Twitter. Jusqu’à ce que je tombe ce week-end sur l’hallucinant déversoir de haine proféré par l’ultranationaliste breton Boris Le Lay à l’encontre de l’équipe de France de football et du journaliste d’Europe 1, Guy Birenbaum. Impossible de se taire !

J’ai longuement hésité avant de rédiger ce billet. Consacrer des lignes à ce visqueux personnage de Le Lay, n’était-ce pas indirectement lui donner l’écho qu’il recherche avidement à travers sa diarrhée verbale délirante. Après tout, pareil type autant mentalement atteint mérite qu’on le laisse pourrir dans son delirium tremens. Puis, en déroulant sa vertigineuse timeline sur Twitter, je me suis ravisé devant sa logorrhée où suintent le fiel et l’abomination. En ces temps actuels où d’aucuns sont de plus en plus nombreux à désigner promptement des boucs émissaires comme d’autres dénonçaient les Juifs aux nazis sous l’Occupation, j’ai envie d’adresser ce billet en guise de supplique aux grands des réseaux sociaux que sont Twitter, Google, Facebook et consorts. La liberté d’expression n’est pas un défouloir grotesque et immonde où tous les coups sont permis.

UPDATE du 8 juillet 2014 :

Il faut absolument saluer la réactivité de Twitter. Grâce à l’action des avocats de Guy Birenbaum et la viralisation de ce billet, le réseau de micro-blogging a pris efficacement les choses en main. Le compte de Boris Le Lay a été suspendu. Ce dernier a bien tenté de réapparaître sous un autre alias, « Boris de Kermadec », également suspendu dans la foulée. Personnellement, j’applaudis l’écoute dont a fait preuve Twitter. La tâche n’est effectivement pas facile pour le réseau au regard des millions de tweets qui circulent et qui sont impossibles à scruter un à un. Le signalement des propos nauséabonds de ce triste monsieur a permis de mettre un terme. Celui-ci essaiera très sûrement de revenir par la fenêtre mais au moins il comprendra qu’on ne bafoue pas impunément le respect et la liberté d’expression. Pour tout signalement, il existe également une page Twitter dédiée à utiliser : https://support.twitter.com/forms/abusiveuser

Liberté d’expression, j’écris ton nom !

Le Lay - Free SpeechQu’on lève toute ambiguïté dans mes propos ! Je suis éminemment pour que chacun puisse avoir accès à la parole et faire entendre ses opinions. Même si parfois certains mots ou certaines idées sont pénibles à entendre parce que fausses, sophistes, méchantes, stupides, etc, la démocratie exige que les sensibilités puissent s’exprimer. C’est souvent de la confrontation des réflexions que naissent de belles boutures philosophiques, politiques, sociales et la liste est loin d’être close.

N’oublions pas qu’aujourd’hui encore, trop de gens meurent, sont privés de liberté et/ou sont torturés dans le monde pour avoir osé proféré des propos qu’un dictateur, un intégriste ou simplement un pouvoir à poigne ne saurait tolérer. C’est grâce à la circulation des idées que des sociétés ont pu s’émanciper, s’éveiller et grandir vers plus de culture et de progrès.

A cet égard, le Premier Amendement des Etats-Unis est sans aucun doute l’un des textes les plus fondamentaux qui soit pour définir et protéger la liberté d’expression à laquelle tout individu a droit. Dans ce pays fondé notamment par des gens qui ont souvent dû fuir à cause de persécutions religieuses, ethniques, économiques ou politiques, ce concept sociétal ne se discute pas. Ses mots continuent d’imprégner la vie démocratique américaine (même si bien des entorses sont régulièrement commises) :

« Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances».

De même, tout aussi majeur est l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen qui précise que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». L’article 19 ajoute même pour les esprits un peu bouchés que « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».

Twitter, Google, Facebook : de dignes héritiers ?

Bizarre conception de la liberté d'expression chez Facebook

Bizarre conception de la liberté d’expression chez Facebook

Aujourd’hui, la liberté d’expression est régulièrement clamée comme valeur consubstantielle et intrinsèque des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Google et autres. En mai 2013, face à des dérives sexistes ultra-violentes constatées sur le réseau, la plateforme de Mark Zuckerberg avait publié cette mise au point que je laisse sciemment en anglais pour n’induire aucune distorsion de traduction : « Facebook’s mission has always been to make the world more open and connected. We seek to provide a platform where people can share and surface content, messages and ideas freely, while still respecting the rights of others. (…)This requires us to make difficult decisions and balance concerns about free expression and community respect. We prohibit content deemed to be directly harmful, but allow content that is offensive or controversial. We define harmful content as anything organizing real world violence, theft, or property destruction, or that directly inflicts emotional distress on a specific private individual ».

Pourtant, malgré les professions de foi avec la main sur le cœur, on continue de trouver sur ces dits réseaux des pages emplies de détestation aveugle et binaire qui charrient un volume incalculable d’inepties, de mensonges et de bile. Je vais par exemple citer une découverte récente pour laquelle j’ai demandé à Facebook de considérer le cas tant le contenu est d’une violence raciste inouïe. Cette page s’appelle « Je n’aime pas l’islam ». Créée depuis juin 2014, elle s’abreuve de vidéos gore de massacres immondes censés être évidemment commis par des musulmans. Ici, rien n’est dans la dialectique, ni la dénonciation juste et étayée mais uniquement dans l’aboiement phobique et irrationnel qui vise à amalgamer tous les musulmans comme étant des cinglés sanguinaires à l’instar de ces malades de djihadistes.

Facebook m’a répondu très vite et a balayé d’un revers de main ma requête selon un blabla corporate à la limite de la stupidité sans nom. Pourtant, ce même réseau a l’art de s’emballer avec célérité dès lors qu’un bout de téton ou une courbure de fessier commencent à darder sur une page. Là, vous pouvez être assuré que c’est le retrait immédiat des contenus au motif que c’est encourager la pornographie et contraire aux bonnes mœurs.

Les mots de Le Lay ne sont-ils pas aussi pornographiques ?

Sur la timeline Twitter de Le Lay, on trouve çà !

Sur la timeline Twitter de Le Lay, on trouve çà !

Sur Twitter, c’est peu ou prou la même chose. Que d’immondices verbales peut-on trouver ! Des négationnistes patentés, des ultra-racistes décomplexés, des sexistes déjantés, des homophobes assumés, des cocos en mal de grand soir révolutionnaire, etc. En soi, les réseaux sociaux ne font certes que refléter la fange de la société telle qu’elle a toujours malheureusement exsudée dans certains journaux, revues et livres sulfureux et calfeutrés dans les arrière-boutiques de libraires maudites. L’ennui avec les réseaux sociaux, c’est que la viralité qui va de pair avec ces propos sans bornes et sans respect de rien, amplifie comme jamais ces pensées ordurières.

Le cas de Boris Le Lay est à cet égard très emblématique. Qu’il s’agisse de son blog, de son profil Twitter ou d’autres espaces où il défèque sa prose fécale, le registre demeure la haine provocatrice, l’appel à peine voilé à l’action violente et à la répulsion pathologique de l’autre qui est différent. Ce triste sire a pourtant été plusieurs fois condamné par la justice pour incitation à la haine raciale, menaces de violences et diffamation. Rien n’y fait. Il continue par exemple de sévir sur Twitter et de poster sans vergogne de l’imagerie nazie, des clins d’œil à d’autres vermines patentées comme Alain Soral ou Dieudionné M’Bala M’Bala. Tout cela dans un improbable folklore catholique intégriste qui rappelle le temps des croisades et de la Saint-Barthélemy.

Delirium tremens version digitale

Delirium tremens version digitale

Récemment, toujours engoncé dans sa folie de persécution et persuadé que son épiderme blanc le rend supérieur, le nazillon version chouchen et kouign amann a décidé de cartonner l’équipe de France de football et surtout les joueurs de couleur qui la composent. Tous les poncifs les plus éculés y sont passés. Puis ce fut au tour du journaliste chroniqueur d’Europe 1, Guy Birenbaum de se voir étrillé pour cause de « judaïté » avec des vocables qu’il m’est impossible de redire ici tellement ils puent le racisme bas de plafond.

Guy Birenbaum a rapidement aussitôt qu’il allait confier le dossier à ses avocats pour envisager une suite judiciaire contre l’ignoble personnage. Invitant au passage les joueurs de l’équipe de France à faire de même. Mais au-delà de ces salutaires et nécessaires procédures légales, j’aimerais tant que les dirigeants de Facebook, Twitter, Google et autres cessent de détourner pudiquement les yeux en invoquant à tort et à travers le cache-sexe lâche du « free speech ».

Dans les propos méphitiques de Boris Le Lay, où y a-t-il une once de liberté d’expression ? N’est-ce pas à terme mettre en péril la propre liberté des personnes qu’abomine si volontiers ce chancre délirant ? Lorsqu’on regarde un peu plus profondément la communauté digitale agrégée par ce sordide individu, il y a largement de quoi s’interroger sur la validité de la liberté d’expression pour ceux-ci. Tout n’est qu’exécration pestilentielle et limite appel au meurtre. MM. Zuckerberg, Page et Costolo, vous ne pouvez plus vous retrancher systématiquement derrière le Premier Amendement des Etats-Unis pour justifier l’injustifiable. Agissez et renvoyez ces sbires déjantés dans les égouts de leurs fantasmes maladifs. Cela fera de l’air pur pour la liberté d’expression. La vraie. L’authentique.

Le Lay - Tweet antisemite

Le Lay - Tweet haineux



39 commentaires sur “Jusqu’où peut-on autoriser la liberté d’expression ? Le cas « pitoyable » de Boris Le Lay

  1. LéoM  - 

    Bonjour, je fais actuellement un dossier de droit sur ce personnage pas digne d’être considéré comme un être humain, merci déjà pour les informations que je prendrai à profit pour celui-ci. Si vous avez plus d’informations je suis preneuse. Merci.

  2. Nop  - 

    Salut,

    J’ai parcouru rapidement les commentaires, et celui de JN m’a particulièrement frappé à propos de la loi Gayssot qui, rappelons le, interdisait avant tout le négationnisme en tant que première loi mémorielle.
    Si la liberté d’expression « totale » peut être discutée, j’aimerais seulement pointer du doigt le fait que des faits réels, concrets, comme les camps de concentration et les milliers de morts qui en ont découlé, ne peuvent pas être remis en compte. Ce n’est en rien être libre de s’exprimer que de nier une réalité. Du moins peut-on toujours le faire mais on ne peut pas prétendre à ce que notre parole soit sérieusement pris en compte. C’est pour moi quelque chose de choquant que de continuer à entendre de nos jours des personnes qui continuent de nier la réalité de morts, de témoignages, d’études rigoureuses sur cette période particulièrement douloureuse dans nos mémoires.

    A part ça, je souhaitais tout simplement dire que j’aime bien l’article, il pointe bien certaines incohérences dans le système qui ne nous font pas toujours tiquer au premier coup d’œil.

    Mais je suis également pour l’idée qu’il faille parler plus amplement de ces sujets sensibles tels que le racisme, la xénophobie etc. Ces comportements haineux ne devraient pas être rejetés et catégorisés aussi facilement, même si c’est absolument impossible de les accepter dans leur forme destructrice envers d’autres individus. Je pense qu’il faudrait justement engager de vraies discussion avec ces personnes pour comprendre pourquoi elles pensent ainsi, et si cela ne provient pas finalement d’un malaise personnel, ce que je pense.
    Je connais des personnes qui tiennent des propos racistes, alors qu’elles n’ont apparemment aucune raison de le faire : bonne situation socio-économique, famille stable, santé de fer etc. Pourtant je suis persuadée qu’il existe une forme de frustration interne qui les pousse à éprouver ou du moins à mettre en avant un besoin de destruction de l’autre.
    J’arrête ma mauvaise sociologie ici pour ne pas vous ennuyer.

    Comme nous sommes encore libre d’écrire ce que l’on veut, je souhaitais juste mettre mon grain de sel dans cette conversation pimentée qui commence à dater.

    Oh et j’écris en anonyme, pas parce que je n’assume pas mes propos, mais parce que je pense qu’on est suffisamment fliqué sur internet pour ne pas en rajouter volontairement. Et parce que l’idée que des inconnus puissent connaître mon nom ect me dérange un peu.

    PS : j’adore ta plume Olivier ! « salmigondis » : un régal !

  3. K.ASSAS  - 

    C’est réellement un des meilleurs articles que je pu lire sur internet, ça change des immondices qu’on peut trouver sur les réseaux sociaux. Tout a été dit, alors je vais simplement vous remercier et vous dire que vous avez tout mon soutien.
    K.

  4. TuesJdanovfrancais@lol.fr  - 

    Un article immonde !
    C’est un dénonciateur qui l’écrit !
    Un dénonciateur qui est AVEC le pouvoir contre la liberté d’un individu !
    Encore plus immonde : c’est un article d’un sycophante qui est AVEC la répression judiciaire – car Boris le Ley a été condamné à 6 mois de prison ferme pour sa liberté d’expression !

    C’est l’auteur de ce ramassis d’ordures qui est précisément « pitoyable » ! Il est AVEC le pouvoir. Il est AVEC les flics ! Contre un dissident poursuivi pour un crime de lèse-pouvoir. En URSS, c’est la PRAVDA qui s’occupait de dénonciations immondes pareil pour indiquer les dissidents aux juges qui utilisaient le code pénal contre la liberté de parole. Comme en France actuelle.
    En France, visiblement, c’est ce type de blogs qui remplissent le rôle de flics de la pensée.

    À vomir !

  5. Karotenn c'hlas  - 

    Quel est-ce Boris Le Lay qui défend soi disant la Bretagne dans la langue du pays qu’il prétend condamné. Pas très crédible. Qu’y a t-il derrière tout cela…? On ne pourrait mieux faire pour discréditer la Bretagne et ceux qui oeuvrent vraiment pour elle.

  6. Karotenn c'hlas  - 

    Quel est-ce Boris Le Lay qui défend soi disant la Bretagne dans la langue du pays qu’il prétend condamné. Pas très crédible. Qu’y a t-il derrière tout cela…? On ne pourrait mieux faire pour discréditer la Bretagne et ceux qui oeuvre vraiment pour elle.

  7. Paul Dupont  - 

    A ma connaissance, Boris Le Lay ne cherche pas à empêcher qui que ce soit de s’exprimer, contrairement à vous qui dédiez un article entier à cela, en plus des nombreuses démarches que vous avez entreprises.

    Faites-lui un procès d’intention si cela vous chante, mais le lecteur constatera les faits.

  8. bob  - 

    s’il vous plait, ne soyez pas puéril. Que vous importe de connaitre le vrai nom des intervenant ? vous faites des listes ?
    Vous ne comprenez pas que pour les autres « olivier civeliere » n’est qu’un pseudo comme un autre. car au fond on se moque bien de savoir si c’est votre vrai nom ou un emprunt ou un pseudo. Vous n’êtes pas une personnalité publique et personne ne vous connait (ou très peu). Donc vous pourriez signer marcel ou satan, que ce serait pareil.

    1. Verite  - 

      Cher Bob,

      Je partage vos propos. OC est le strict equivalent d’un « Vichyste de gauche » – il parle de gauche alors que, par son milieu et ses frequentations personnelles et professionnelles, il est de droite. Il parle d’ouverture et de tolerance alors qu’il est intolerant avec quiconque ne lui ressemble pas. Lorsqu’on cite Montaigne ou Pascal, il sort son revolver – c’est un maoiste du 5eme arrondissement. Il a la coherence intellectuelle d’une chaussette sale – j’emploie ces mots vulgaires car il emploie de tels mots vulgaires avec ces contradicteurs. Je plains ses enfants.

      L’ere de ces ‘petits messieurs’ s’acheve.

        1. Quidam  - 

          Tous les blogs bien pensants sont les mêmes; toujours les mêmes expressions, les mêmes travers, les mêmes vérités qui sont sensées être acceptées telles qu’elles sont « distribuées ».
          Mais les marges de manoeuvre sont désormais inexistantes!
          Plus assez d’argent pour faire voter pour soi, plus assez pour financer les journalistes, les copains placés dans des officines inutiles, financer les biens et les services clientélistes et grossir en face le CA des entreprise des copains ou de la famille.
          Et même le quidam de base n’a plus de marge de manoeuvre; il ne veut plus faire croire à son fils qu’en travaillant dur et bien, il aura la chance de donner plus de la moitié de ce qu’il aura gagné par son intelligence à un état pour que ses dirigeants puissent l’utiliser à rester au pouvoir! Votre système à atteint ses limites, celles de la différence entre la fiction et la réalité.
          Pour l’idéologie que vous défendez, c’est la même chose.
          Le quidam de base n’a plus envie d’accepter vos diatribes alors que la réalité est toute autre!
          Diriez-vous que Jacques Brel insultait les noirs lorsqu’il chantait dans  » Voir un ami pleurer »: « …et l’élégance d’être nègre »!
          Désormais, vous allez devoir justifier ce vous dites, et les mettre en concurrence avec les vérités du réel.
          Votre idéologie n’ont plus le vent en poupe car le réel rattrape la fiction socialisante et étatiste!
          Et comme, apparamment, vous riez toujours en lisant vos détracteurs, je suis ravi à mon tour de vous faire au moins sourire.
          En attentant, Boris Le Lay, que l’on soit d’accord ou pas avec lui, a souvent des analyses judicieuses et intelligentes sur des faits d’actualité. Pourriez-vous en dire autant?

            1. John Smith  - 

              Encore un 60 de QI qui vient ns déblatérer les mêmes conneries sur la liberté d’expression, vanter le 1er amendement US, se plaindre que des gens meurent pr des propos, mais dans le même temps se réjouissent qu’un français au XXIe siècle aille en prison pr des idées (tellement progressiste pensez-vous).
              Ce même idiot pris encore une fois dans ses contradictions quand on sait que les sites/blogs de Boris sont hébergés aux US (Texas) et qu’ils ont envoyés chier la justice rouge française et expliquant justement que les USA était un pays de liberté d’expression.

              Bonne journée petit commissaire politique, j’espère pas pr toi que le vent tourne ….

  9. Licencex  - 

    Non mon bon Olivier, le raisonnement de JN n’a rien de sophiste, il est au contraire parfaitement rationnel et cohérent. C’est juste vous qui refusez d’admettre qu’en effet, la liberté d’expression (que vous ne défendez logiquement que selon votre propre morale) n’existe nulle part dans sa définition absolue, c’est-à-dire que tout, absolument tout peut être dit et entendu sans aucune censure.

    Refuser une seule opinion, une seule forme d’expression libre dans quelque cadre que ce soit, constitue déjà une preuve d’intolérance, ou d’ignorance, ou de lâcheté, ou de lobbying et bien d’autres choses de cette veine.

    La liberté d’expression est bien une convention multiforme qui dépend du lieu et de l’époque auxquels elle s’exerce et c’est ce que rappelle fort justement JN. Plutôt que d’interdire et dénoncer (quelle horreur…), il faudrait être capable de répondre et d’argumenter, ce qui demande en effet bien davantage, de culture, de tolérance et de recul.
    La censure est une arme particulièrement néfaste qui génère des victimes, parfois des martyrs, mais qui induit surtout la crainte du censeur pour la vérité.

    Cette logique est d’autant plus implacable qu’elle s’est régulièrement vérifiée à travers l’Histoire. Elle est aussi dangereuse, parce que source d’injustices criantes (certaine interrogations historiques tombant ainsi sous le coup de la loi, ce qui serait une totale aberration si ce n’était autre chose qu’une soumission morale et politique).

    Bref, la censure est un aveu d’échec et d’impuissance intellectuelle, la répression de toute liberté d’expression, une défaite de la pensée. Pour vous parodier amicalement, toute censure est un sophisme.

    1. Olivier Cimelière  - 

      Mon bon commentateur anonyme !
      J’adore les gens qui donnent des leçons de morale et hurlent à tout forme de censure mais qui continuent à se planquer derrière un bien douillet anonymat. En voilà un bien beau de sophisme que n’avoir pas le cran d’assumer son identité à visage découvert. C’est bien de gloser et de couper les cheveux en quatre mais pourquoi donc se cacher en permanence ? Peur d’assumer des propos qui n’ont finalement pas vraiment de sens ? C’est vrai après tout ! Défendons les antisémites et les racistes, ces pauvres opprimés qui pourtant seraient les premiers à tuer cette fameuse liberté d’expression le jour où le pouvoir leur serait accordé …
      Bref il y a bon sophiste et mauvais sophiste. A voir où vous vous situez !

    2. Verite  - 

      Cher Licencex,

      Je partage en tous points votre propos et celui de JN. Les incoherences intellectuelles des propos d’Olivier Cimeliere sont etonnants pour un homme dont la fonction est d’etre « un communiquant ». Si donc le mensonge, l’amalgame, l’insulte, la diffamation, l’usage immodere de reductio ad hitlerium font partie du toolkit de telles personnes, nul doute qu’ils vont generer en retour la violence (verbale ou physique) qu’ils disent condamner; et sur laquelle ils vont en plus faire de l’argent, en emettant des paroles lenifiantes.

      Pour citer Montaigne et Pascal:

      « Ils veulent se mettre hors d’eux et eschapper à l’homme. C’est folie; au lieu de se transformer en anges, ils se transforment en bestes; au lieu de se hausser, ils s’abattent. »
      Montaigne, Essais, III, XIII, De l’Expérience, p. 1096 éd. Pléiade

      « L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. »
      Pascal, Pensées, 358 Br.

      J’ai tres peur que, s’ils vivaient aujourd’hui, Montaigne, Pascal, Goethe, etc. seraient jetes en pature par les ayatollahs du politiquement-correct.

      Le niveau de La Sorbonne a en tout cas beaucoup baisse au fil des siecles. 🙂

  10. JN  - 

    Il faudrait savoir si vous êtes pour la liberté d’expression ou pas.

    Si la liberté d’expression ne permet pas aussi de professer des opinions débiles, absurdes, fausses, désagréables, haïssables, phobiques, délirantes,… elle n’existe pas.

    On ne peut pas limiter la liberté d’expression au discours convenu et dominant.

    Il faut revenir à la loi primitive sur la presse qui donnait comme seule limite à la liberté d’expression, outre l’interdiction d’appeler à commettre des délits ou des crimes, la calomnie et l’insulte qui pouvaient donner lieu à une plaintes des personnes concernées.

    1. Olivier Cimelière  - 

      Si cela peut vous rassurer, je suis totalement pour la liberté d’expression. Sauf quand celle-ci est dévoyée pour véhiculer la haine raciale, religieuse, sexuelle, etc … Le cas que je traite dans ce billet enfreint à cet égard les lois existantes. Faire l’apologie du nazisme et autres idées immondes relève de l’infraction pénale.

      1. JN  - 

        Vous êtes contre la liberté d’expression,
        puisque vous êtes pour punir l’expression de certaines opinions qui vous déplaisent.

        De Calvin à Genève à Pol’Pot, en passant par Robespierre, Lénine et Hitler, la répression de l’opinion a toujours reposé sur l’accusation que ces propos étaient dangereux, monstrueux, abominables, horribles, dangereux pour la classe dominante et l’ordre établi.

        La loi de 1881 « sur la Liberté de la presse » portait bien son titre tant qu’elle se contentait d’interdire de tenir des propos
        1°) incitant à commettre des délits ou des crimes (d’où plainte du Ministère public).
        2°) ou insultants (d’où plainte de la personne concernée)
        3°) ou diffamatoires (d’où plainte de la personne concernée).

        La liberté d’expression a cessé en France à partir du moment où en 1972 elle a interdit les « provocation à la haine », ce qui est la porte ouverte à tous les procès d’intention; À partir du moment où les propos n’incitent pas à commettre une infraction prévue dans le Code pénal (à commettre des violences, à vandaliser, à commettre des violences, à tuer, à voler, à violer, à frauder le fisc,..), et où ils ne sont ni insultant ni diffamatoires. Provoquer à la haine veut dire inciter à éprouver un sentiment hostile pour quelqu’un. À ce compte, tous les écrits militants de gauche qui fustigent le patronat, la Bourgeoisie, les Multinationale, doit être réprimé.

        En 1972, il n’y avait aucun racisme et aucune associations antiracistes en France.

        La Loi Gayssot, qui ajoute l’interdiction de publier certaines opinions sur l’Histoire de la WW2, a ajouté un motif encore plus aberrant pour punir certaines opinions, en instituant des vérités historiques et en leur conférant un caractère intangible et sacré.

        Le racisme et la discrimination ne sont condamnables que si ils sont le fait de l’État (interdire un droit aux noirs ou aux juifs) ou si, dans le domaine privé, ils se traduisent par des comportements sanctionnés par le Code Pénal. Il relève de la liberté de conscience et d’opinion sinon.

        Interdire de publier un article (ou une caricature) disant que les Corses noyautent l’administration où ils ne fichent rien en attendant leur retraite à 52 ans, ou que les Juifs, ou que les Communistes, ou que les Catholiques, ou que les Immigrés,… c’est

        Pour rétablir et garantir la liberté d’opinion, il faut supprimer de la loi de 1881 tout ce qui a été ajouté depuis 1972.

        1. Olivier Cimelière  - 

          A force de vous égarer dans des raisonnement sophistes, vous mélangez absolument tout et accusez de surcroît excessivement. Comment osez-vous mettre la pensée de Calvin et celle de Pol Pot sur un pied d’égalité ? ?? La première faisait bouger les lignes et dérangeait l’ordre religieux dominant … Et ce genre de liberté d’expression est à encourager. La seconde visait à supprimer purement et simplement tout ce qui ne pensait pas comme elle … Et là, la liberté d’expression n’a plus de raison intrinsèque d’être toléré. De grâce, arrêtez vos grandes envolées verbeuses à coups de références savantes. Le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme, le nazisme, etc n’ont rien à voir avec la liberté d’expression.

          1. JN  - 

            Je retombe par hasard sur cette discussion.

            En citant Calvin, je faisais allusion à la dictature qu’il avait instaurée à Genève, et à Michel Servet qu’il a condamné à être brûlé vif à cause de ses opinions déviantes, déviantes par rapport à ses propres déviations. L’histoire du protestantisme, depuis les Frères Moraves jusqu’aux puritains de Cromwell, en passant par la chasse aux sorcières, est une suite de guerres, de fanatismes, de massacres et d’abominations entre les différentes sectes. Le massacre de la Saint-Barthélémy est une exception, par son caractère catholique. Les régimes révolutionnaires ont continué cette tradition de violence, d’intolérence et de terreur, de Robespierre jusqu’à Pol Pot, en passant par Lénine, etc. Malgé cela, je pense qu’on a eu raison de leur accorder la liberté d’exprimer leurs opinion. Luther et Voltaire auraient passé leur vie en prison, si avait existé la loi Gayssot réprimant leurs torrents d’opinions antisémites.

            Punir les incitations à commettre des crimes ou de délits, suppose que ces incitations soient positives et clairement formulées, pas que ce soit une déduction que l’on pourrait faire d’une affirmation portant sur autre chose: Actuellement Dieudonné est en prison, alors qu’il n’a jamais dit qu’il fallait commettre des attentats terroristes ou assassiner quelqu’un. Le pouvoir prétend que de dire qu’il se sent comme le forcené assiégé et tué dans la supérette, ça revient à dire qu’il faut faire comme lui, venger les victimes des guerres actuelles en Afrique, prendre des otages en France, les assassiner. On lui fait un procès d’intention, il n’est qu’un auteur statirique, comme ceux de Charlie Hebdo, ou de Coluche, dans la même veine burlesque, il est aussi un auteur satirique engagé, comme Charlie Hebdo, comme Coluche. Il s’en prends aux puissants du moment, et il les atteint puisque le Premier ministre a fait plusieurs discours pour dire qu’il était l’ennemi public n°1 de … la classe dominante dont il est le représentant officiel.

            Il n’est pas étonnant que la loi Gayssot porte le nom d’un communiste, puisque tous les régimes communistes ont réprimé férocement les opinions et les critiques, comme aux beaux jours de la Terreur en France.

            Il faut revenir à la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

          2. Verite  - 

            Pourriez-vous répondre de manière argumentée aux propos de JN et Licencex ? Il est dangereux de bâtir une réglementation sur la base de la sensibilité car cela conduit au règne de l’arbitraire: dans une république (fondée donc sur la loi) un jugement ne doit dépendre ni de la sensibilité du juge ni de celle du jugé. Ce sont des choses trop graves pour être écartées d’un revers de la main.

            Je ne partage en rien les positions de Boris Le Lay – si vous voulez vous opposer à ses idées, faites usage de la raison, pas de l’émotion ou de la censure. Contrairement à l’alcool, on n’élimine pas les idées en déclarant leur prohibition.

              1. Kevin  - 

                Vous voulez qu’on se dévoile pour que vous puissiez nous mettre en prison et qu’on perde notre job et carrière?

                On va se dévoiler quand il y aura liberté d’expression de nouveau!

                Si vous êtes aussi sûr de vous pourquoi vous n’argumentez pas?

                « Le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme, le nazisme, etc n’ont rien à voir avec la liberté d’expression. – See more at: http://www.leblogducommunicant2-0.com/humeur/jusquou-peut-on-autoriser-la-liberte-dexpression-le-cas-pitoyable-de-boris-le-lay/?replytocom=554788#respond »

                Prouvez le! Sans preuve ce n’est que votre opinion.

                1. Olivier Cimelière  - 

                  Allez donc faire un tour du côté de la Russie, de la Corée du Nord, de la Syrie et que sais-je encore ? Là, vous pourrez en effet prétendre que la liberté d’expression peut coûter la vie. Citez moi juste un nom concret d’une personne menacée ou éliminée en France parce qu’elle a émis une pensée divergente ?

                  Conséquence : on peut parler en toute liberté (dans le respect des lois évidemment sur la diffamation et le racisme) et sans avoir besoin de se planquer derrière un lâche pseudo. Trop facile d’aboyer sans assumer pleinement et à visage découvert

      2. Pouffecal  - 

        Justement. Il ne devrait pas y avoir de loi. C’est l’existence de lois qui est insupportable. On se passait très bien de lois avant guerre.
        L’article 11 de la DDHC dit en substance : »vous êtes libre de tout dire, sauf si c’est interdit ». Belle aporie.

        Ce qui amène à : « Vous être libre de vous exprimer, sauf lorsque le législateur en gilet rayé vote des lois conformes au desiderata des vrais maîtres ».

        Quant au Premier amendement en Amérique, il est largement lettre morte dans la vraie vie. Facebook censure « Le déjeuner sur l’herbe ». Des gosses de 6 ans ont été accusés de harcèlement sexuel pour avoir fait un bisou à une fillette. Une maitresse d’école a été virée pour avoir emmené les gosses dans un musée ou il y avait des reproductions de l’Aphrodite de Cnide. Certes Faurisson peut théoriquement monter sur un fût de 200 litres dans Central Park et faire un discours sans encourir de poursuite pénales. Mais c’est à peu près tout.

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