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— 17 septembre 2026
Présidentielles 2027 : Communicants politiques et candidats, il serait grand temps de dépoussiérer vos vieilles ficelles !
Le compte à rebours de l’élection présidentielle d’avril 2027 est déclenché et déjà les candidats potentiels, déclarés ou déclassés s’acharnent à traquer la punchline qui fera parler ou la mise en scène qui rendra plus sympathique que les autres. Dans ce concours Lépine échevelé et frénétique, les idées sont (trop) souvent reléguées à la cave pour privilégier les coups de com’ qui buzzent, les postures opportunistes et l’attrape-gogo à deux balles. Ces dernières semaines auront encore accouché d’un florilège consternant où la communication politique ne sort pas vraiment grandie. Petit inventaire non-exhaustif.
On aurait pu espérer que l’horizon élyséen des 18 avril et 2 mai prochains soit l’occasion de mettre au rebut les ficelles éculées de la communication politique. Raté ! Les premiers candidats qui ont dégainé leur pré-campagne, nous ont déjà gratifié de moments et de discours où le bas-de-plafond tutoie le ridicule et la mise en scène tirée par les cheveux. Sans vouloir être oiseau de mauvais augure, il est fort à parier que le niveau demeurera coincé entre peopolisation excessive, racolage populo et politicaillerie de bac à sable.
Avant de passer en revue quelques cas emblématiques de ces dernières semaines, le Blog du Communicant est heureux de vous annoncer le lancement imminent d’une initiative qui visera (modestement) à tenter de secouer le cocotier de la compol et esquisser des pistes autrement plus convaincantes pour les citoyens électeurs. Il s’agira d’un podcast qui rassemblera quatre communicants et communicantes (dont je fais partie) issus d’horizons différents et non encartés politiquement et qui accueillera ponctuellement des invités à la langue bien pendue sur la communication politique. Restez branché et en attendant, en route pour cette première fournée de ratages et de gadgets.
Edouard Philippe, le Master Chef des popotes ?
A ce train-là, l’équipe de campagne d’Edouard Philippe va devoir investir dans l’acquisition d’un food-truck aux couleurs de son champion. Pour tenter de gommer l’image de technocrate un peu rigide et distant qui affecte le maire du Havre, ce dernier a choisi l’axe culinaire pour se redonner de la proximité avec les Français. Le 30 août dernier, le voici donc en tenancier de baraque à frites à Tourcoing qui sert des cornets à son nouvel allié, Gérald Darmanin, le tout sous l’œil gourmand des caméras de télévision.
Rebelote le 12 septembre avec un déplacement en Moselle chez les Jeunes Agriculteurs où cette fois, Edouard Philippe s’intronise préparateur en chef de flammekueches avec un égal enthousiasme. A quand la popote des moules de bouchot, de la pissaladière, des crêpes ou des planches à tapas ? Un tel affichage met-il vraiment l’eau à la bouche ? La scène est certes sympa mais question crédibilité, la cible est manquée. Il n’y avait guère que Jacques Chirac pour réussir à faire peuple en tâtant le cul des vaches. Ce n’est pas en fréquentant soudainement les marchés, les comptoirs et les granges qu’on devient populaire. Un de ses soutiens semble d’ailleurs avoir compris la problématique (1) : « Il ne va pas se changer pour faire le buzz, mais la question c’est : comment réussir à concerner les Français et à être compris quand il leur parle. Il faut qu’on corrige l’aspect proximité, langage ».

Gabriel Attal, la nouvelle Martine à la plage ?
Chez le vibrionnant ex-ministre de l’Education nationale, plus rien ou presque ne surprend. Sa communication débridée sur Instagram et TikTok nous gratifie de reels et de stories à foison où Gabriel Attal incarne tous les rôles. Sans aucune autre logique que de susciter le buzz à tout prix et se conférer une stature de rookie politique en phase avec son temps.
A peine la pause estivale était-elle achevée que l’ancien premier Ministre nous a livré des nouvelles de sa chienne Volta lors d’une session de toilettage où son maître candidat vêtu d’un idoine tablier tapissé de chiens, est en train de donner le bain à boule de poils. La communication ouaf-ouaf a de l’avenir !
Mais le summum du « populo fake » a surtout été le lancement de son opération 1000 bistrots. Tout à son obsession de paraître peuple et pas parisien des beaux quartiers, il a inauguré son tour de France « en toute simplicité dans des cafés, dans des bistrots dans nos villes et dans nos villages » (2). Première étape : un café-restaurant cossu du très huppé VIe arrondissement de la capitale à 12 € la pinte ! Mais peut-être est-ce une nouvelle acception du mot « populaire » ?

David Lisnard, le Javier Milei de la Croisette ?
Maire de Cannes et président de l’Association des Maires de France, David Lisnard peine comme un forçat pour imprimer dans les médias, les sondages et l’opinion publique. En dehors de sa Croisette, il relève plus du mister Nobody que de la figure montante de la vie politique française. Alors pour afficher ses ambitions présidentielles, il a choisi de doper sa carrure.
Le 18 juin dernier à Bayeux, il s’est d’abord glissé dans le costume du général de Gaulle en donnant un discours inaugural là où le sauveur de la France avait prononcé il y a 80 ans son allocution fondatrice de ce qui allait devenir la Ve République. Il fallait oser après avoir repris à son compte, l’image de la tronçonneuse du président argentin, Javier Milei pour sa croisade contre le rôle de l’Etat et les dépenses publiques.
Fin août, il en a remis une couche avec un meeting tout à sa gloire et en terrain conquis où il s’est pris pour un G.O survitaminé sprintant sur l’estrade sur des airs disco et délivrant des blagues (souvent tombées à plat). Pour paraphraser l’ancien sélectionneur de l’équipe de France, Aimé Jacquet, « il va falloir muscler ton jeu David ! ».

Raphaël Glucksmann, le bobo à éolienne perché ?
La communication de Raphaël Glucksmann fait peine à voir. Déjà, on devine le peu d’appétence pour l’exercice qu’a le compagnon de la journaliste Léa Salamé. Manque de présence et d’incarnation, rhétorique anémiée, posture raide comme un piquet de tomates, rien ne va vraiment dans l’apparence du candidat aux primaires de la gauche. C’est d’ailleurs étonnant que ce point crucial ne soit pas plus travaillé et amélioré par l’impétrant. Cela fait déjà pourtant un certain temps qu’il côtoie les plateaux de télévision et les tribunes des meetings.
Or, ces défauts rédhibitoires ont de nouveau explosé aux yeux des observateurs le 25 août dernier dans le cadre de son premier déplacement en Charente-Maritime en tant que candidat à la présidentielle. Pour mettre en avant son projet sur « les 100 jours de la révolution écologique » qu’il dévoilera bientôt, il a entrepris l’ascension d’une éolienne avec le parfait attirail du technicien de maintenance puis s’est prêté au jeu des photos de lui dans un champ moissonné avec la même éolienne en toile de fond. Le résultat est terrible : un type statique esseulé dans un champ et écrasé par l’horizon. Attention à l’hors-sol bobo !

François Ruffin, l’auto-stoppeur abandonné ?
Sur le papier, l’idée n’était pas en soi mauvaise : partir à la rencontre des Français lambda en faisant du stop au bord de route et en profitant d’un trajet pour prendre le pouls de l’opinion et de la vraie vie. D’autres candidats auraient aussitôt suscité des bordées de moqueries tant la plupart est déconnectée du quotidien des électeurs mais pas François Ruffin qui a toujours fait de son engagement sur le terrain, un marqueur de son positionnement politique.
Le problème réside plutôt dans l’exécution de ces pérégrinations. Le montage des séquences est souvent décousu et encombré de plans inutiles et de bavardages superflus. Autre défaut : l’abus des moments où l’auto-stoppeur Ruffin fait chou blanc pour monter à bord d’un véhicule. Cette abondance a eu un effet pervers : celui de se faire épingler plusieurs fois par la verve humoristique de Bertrand Chameroy dans son ABC hilarant tous les soirs dans C à Vous sur France 5. Vouloir trop faire « roots » peut nuire en fin de compte au message.
Sources
- (1) – Alison Tassin – » « Podcasts, TikTok, friterie et tarte flambée : Édouard Philippe revoit sa communication avant la présidentielle » – Le Parisien – 14 septembre 2026
- (2) – Jacques Pezet – « A Paris, l’équipe de Gabriel Attal lance son opération «1 000 bistrots» dans une brasserie chic à 12 euros la pinte » – Libération – 10 septembre 2026
Pour aller plus loin
Besoin de savoir qui se porte candidat à l’Elysée (en attendant de réunir les 500 signatures requises) ? Consultez cet article du Parisien qui est mis à jour en temps réel.
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4 commentaires sur “Présidentielles 2027 : Communicants politiques et candidats, il serait grand temps de dépoussiérer vos vieilles ficelles !”
Au moins avec leur com, ils font parler d’eux : la preuve, ils ont les honneurs du blog d’Olivier …
Merci pour ce sympathique message ! Je ne pense pas qu’ils aient une grande sensibilité par rapport à mon blog ! Mais si toutefois l’un de leurs communicants pouvait lire et attirer leur attention sur leur communication de vieilles ficelles, cela serait déjà un progrès
La volonté de » people ‘isation » ou d’ existentialisme de tous ces candidats est respectable en soi, mais poussée à l’extrême comme un outil marketing commercial, ça en devient ridicule et contre productif quelque soit la stratégie derrière ce cinéma. Personne n’est dupe et les défauts que tu as parfaitement mis en avant étant connus de tous deviennent des roadblocks alors qu’ils avaient servi Chirac avec la parodie des guignols de l’info
Je ne suis pas contre le fait que les candidats cherchent à s’humaniser. Le souci est qu’ils en abusent. Et comme par hasard, toujours à la veille d’élections. Avec des choix discutables et souvent peu crédibles parce que soufflés par un communicant qui se croit sans doute un génie de la com !
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