[Etude Cision] – Journalistes & communicants : Toujours le refrain de « Je t’aime, non plus » !

Editeur de logiciels de veille RP, Cision vient de publier la nouvelle livraison de son étude annuelle sur les relations entretenues entre les journalistes et les communicants (agences et entreprises). Réalisée auprès de 3251 journalistes dans plus de 15 pays, l’étude révèle les objectifs et défis des journalistes, leurs attentes envers les professionnels des relations presse ainsi que certaines différences entre les pays. Et force est de reconnaître que les points de friction demeurent. Synthèse en 10 points clés et infographie ci-dessous.

1. Français et Canadiens au top de l’insatisfaction

Seuls 44% des journalistes interrogés se déclarent satisfaits de leur collaboration avec les attachés de presse. C’est en Finlande que journalistes et attachés de presse ont les meilleures relations (62%). En revanche, les journalistes français et canadien montrent le plus fort taux d’insatisfaction (20%). Un chiffre très bas mais guère surprenant au final. L’absence récurrente de ciblage dans l’envoi de communiqués ou de sollicitations pour des événements, constitue un problème que nombre d’agences de communication persistent à ignorer au regard des quantités de spams reçus chaque jour dans les messageries des journalistes.

2. Une méconnaissance des attentes des journalistes

L’attente majeure des journalistes est que les attachés de presse comprennent leur audience et les sujets qui les intéressent. Pourtant seuls 24% des journalistes estiment que c’est le cas. C’est l’effet collatéral du premier point évoqué ci-dessus. Dans les entreprises, les responsables RP sont sans doute ceux qui connaissent le mieux leurs journalistes car les sujets sont sectoriels et les interactions fréquentes. En revanche, dans les agences de communication, c’est trop souvent le règne du grand n’importe quoi où l’on bombarde à tout va sans même se soucier des thèmes traités par un journaliste.

3. Les communiqués de presse rarement pertinents

D’ailleurs, 71% des journalistes jugent que moins d’un quart des communiqués de presse sont pertinents. Les journalistes français et allemands déplorent aussi la présence de trop de jargon sectoriel et/ou marketing. Là encore, c’est la manifestation du moindre effort. On balance en masse et on verra bien ce qui remonte dans le filet. Pas étonnant dans ces circonstances que les journalistes activent aussitôt l’option poubelle.

4. Un souhait d’information fiable

Pour la majorité des journalistes (51%), leur considération première est d’avoir une information sûre à 100%, loin devant le revenu, le trafic, l’exclusivité ou le scoop. C’est particulièrement le cas en France et au Brésil où ce chiffre dépasse les 70%. Sur ce point précis, on peut estimer que les attachés de presse sont plutôt attentifs bien que de nombreux communiqués ne soient que de simples plaquettes publicitaires sans aucun angle vraiment informatifs.

5. L’audience toujours le maître-étalon

Le nombre de vues et les chiffres d’audience sont toujours les indicateurs de succès les plus suivis (46%) par les journalistes. Viennent ensuite les indicateurs d’engagement (19%) et le revenu généré (15%). Les USA et les UK sont plus attentifs à ce dernier. En France et en Suède, les journalistes se félicitent quand leur information est partagée par un média tiers.

6. L’engagement est aussi un critère

62% des journalistes monde considèrent que les chiffres sur le nombre de vues et d’engagement changent leur façon d’évaluer l’information. Les journalistes français et allemands semblent les moins influencés par ces indicateurs. Ces derniers peuvent toutefois constituer des pièges, vecteurs de dérives éditoriales. C’est particulièrement vrai sur le Web où tout est mesurable instantanément. Or, il n’est pas rare de voir certains journalistes ou éditeurs se livrer à du « clickbait » (en français, le putaclic) pour faire gonfler les chiffres et viraliser leurs contenus. La relation avec les lecteurs/auditeurs ne doit pas se borner uniquement à des tableaux de métriques/

7. L’immédiateté éditoriale au pouvoir

31% des journalistes interrogés choisissent leurs sujets d’articles le jour même voire en temps réel. 30% choisissent leurs sujets plus d’un mois avant. En Finlande ce chiffre monte à 49%. Ces pourcentages ne font que refléter la course parfois folle que les médias entretiennent à force de se surveiller les uns les autres dans la crainte de rater une exclusivité. Pourtant, le journalisme qui se donne le temps du recul et de la profondeur peut aussi susciter de l’intérêt. Preuve en est avec l’enquête en 2 volets du magazine Society sur l’affaire Dupont de Ligonnès. Des mois et des mois d’enquête pour un carton d’audience et même des réimpressions des deux numéros.

8. Le communiqué de presse toujours le chouchou du journaliste

Il est est plébiscité par 72% d’entre eux. Les réseaux sociaux et le blog d’entreprise sont très peu estimés par les journalistes qui les jugent fiables à seulement 7 et 2% respectivement. Le communiqué de presse conserve effectivement son aura statutaire. Emettre un communiqué n’est pas perçu de la même façon que publier un billet de blog même si le contenu au final peut être tout aussi fiable et instructif.

9. Le lundi, c’est communiqué !

Les journalistes préfèrent recevoir les sollicitations et communiqués de presse des attachés de presse en tout début de semaine. 58% plébiscitent le lundi.

10. Les agences de presse privilégiées

Au-delà des contenus d’entreprise, 21% des journalistes font confiance aux grandes agences de presse (AFP, Bloomberg, Reuters…) pour se sourcer, notamment en France où ce chiffre monte à 27%. Une confiance peu surprenante tant ces agences disposent de moyens conséquents pour sourcer, vérifier et recouper l’information avant de la diffuser à leurs médias abonnés.

Pour télécharger l’intégralité du rapport, cliquer sur ce lien



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