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IA Claude Mythos d’Anthropic : vraie com’ de crise ou coup de com’ opportuniste ?

Il n’est pas commun de voir une entreprise s’inquiéter des impacts négatifs potentiels qu’un de ses produits pourrait engendrer. C’est pourtant le cas d’Anthropic, une start-up américaine au profil atypique. Dans une note interne qui a récemment fuité publiquement, la société créatrice de la célèbre IA, Claude, s’alarme des possibles répercussions graves en matière de cybersécurité à propos du futur lancement de son nouveau modèle d’IA baptisé Claude Mythos. Cet outil aux capacités inégalées pourrait faire le miel des hackers et autres pirates numériques. Faut-il y voir une manœuvre habile d’Anthropic pour cultiver son positionnement de franc-tireur de l’IA ou un sincère affolement qui vise à anticiper d’éventuels dégâts ? Décryptage d’une stratégie de communication.

C’est un sacré scoop qu’a déniché le 26 mars dernier, la journaliste tech américaine du magazine Fortune, Beatrice Nolan. Grâce à ce qui semble être une erreur de manipulation ou de configuration de l’outil d’administration de contenus sur le blog officiel d’Anthropic, elle a pu accéder à quantité de documents déposés en tant que brouillons en cours de validation sur le serveur interne mais étonnamment non verrouillés vis-à-vis de l’externe. Cette fuite incroyable a été initialement repérée par deux chercheurs en cybersécurité, Alexandre Pauwels de l’Université de Cambridge et Roy Paz, de l’entreprise LayerX Security.

Claude Mythos, un monstre IA annoncé ?

Après avoir été contactée par Fortune, l’entreprise a admis qu’elle développait et testait auprès de quelques clients bénéficiant d’un accès anticipé, un nouveau modèle qui, selon elle, représentait un « bond en avant » (1) en matière de capacités d’IA, avec des performances nettement supérieures à celles des modèles Anthropic précédents dans les domaines du « raisonnement, du codage et de la cybersécurité ». Elle explique par ailleurs que la fuite est due à une erreur humaine qui a rendu publiquement visible l’article en cours d’élaboration.

Problème : le texte ne fait pas seulement état d’un lancement de nouveau produit dont le nom de code est Capybara. Il s’interroge aussi avec gravité sur les capacités inégalées de ce dernier et des risques qu’il pourrait générer dans le domaine de la cybersécurité (2) : « Capybara est le nom donné à une nouvelle génération de modèles : plus puissants et plus intelligents que nos modèles Opus, qui étaient jusqu’à présent nos modèles les plus performants […] Par rapport à notre ancien modèle phare, Claude Opus 4.6, Capybara obtient des scores nettement supérieurs lors de tests portant notamment sur le codage logiciel, le raisonnement académique et la cybersécurité ».

Dans ce même document, il est question un peu plus loin de l’inquiétude palpable qui règne chez Anthropic autour de ce projet (3) : « Alors que nous nous préparons à lancer Claude Capybara, nous souhaitons faire preuve d’une prudence accrue et bien cerner les risques qu’il présente, même au-delà de ce que nos propres tests nous ont permis de constater. Nous souhaitons notamment comprendre les risques potentiels à court terme du modèle dans le domaine de la cybersécurité, et partager ces résultats afin d’aider les cyberdéfenseurs à s’y préparer ». Et d’ajouter que le système est « actuellement bien en avance sur tout autre modèle d’IA en termes de capacités cybernétiques » et qu’« il annonce une vague imminente de modèles capables d’exploiter les vulnérabilités d’une manière qui dépasse de loin les efforts des défenseurs » (4).

Une tactique dilatoire pour se couvrir ?

Si la brèche informationnelle a été aussitôt colmatée, les révélations du magazine Fortune font le tour du monde en un clin d’œil. La nouvelle a de quoi ébranler tout l’écosystème économique de l’IA puisque Mythos/Capybara serait d’une puissance bien supérieure à tout ce qui existe actuellement sur le secteur de la cybersécurité. L’inquiétude est d’autant plus prégnante que les attaques à base d’IA sont déjà légion. Anthropic lui-même avait fait part en novembre 2025, que des hackers liés au gouvernement chinois avaient piraté son IA Claude Code pour tenter d’infiltrer une trentaine de cibles mondiales, dont des entreprises technologiques, des institutions financières et gouvernementales et des fabricants de produits chimiques. Une opération qui avait réussi à être enrayée en une dizaine de jours.

D’où sans doute les multiples précautions qui sont mentionnées dans le document qui a fuité. Conscient de l’extraordinaire potentiel de son modèle Mythos, Anthropic souligne effectivement que « Mythos dispose de capacités cyber bien en avance sur les autres modèles d’IA, ce qui présage d’une nouvelle vague de modèles pouvant largement outrepasser les efforts des acteurs de la cyberdéfense » (5). Conséquence de ce super-pouvoir, Anthropic explique sa démarche avant le lancement global (6) : « Nous le mettons à disposition en accès anticipé pour les entreprises, afin de leur permettre de prendre une longueur d’avance pour renforcer la robustesse de leurs bases de code face à la vague imminente d’attaques basées sur l’IA ». Est-ce une façon agile de se dédouaner en impliquant des bêta-testeurs ou bien la démonstration avérée qu’Anthropic est un acteur à part dans le monde de l’IA où l’éthique a souvent tendance à devoir s’effacer derrière les algorithmes et les dollars ?

Anthropic, l’anticonformiste de l’IA

Anthropic est en effet une société quelque peu anticonformiste dans ce secteur de l’IA en pleine ébullition. Pour bien saisir l’essence de cette entreprise créée en 2021 par les frères et sœurs Dario et Daniela Amodei et un petit groupe de chercheurs en IA, il faut remonter au début des années 2020. A l’époque, la concurrence est vive entre les laboratoires universitaires et des acteurs tech comme Open AI (ChatGPT) et Deep Mind (Google). C’est à celui qui déploiera le plus rapidement possible, un modèle d’IA capable de se substituer à des tâches humaines grâce à des modèles de langage très élaborés.

Anthropic se situe à l’intersection de ces deux modèles en concurrence. Avec son IA Claude, la start-up américaine va rapidement se frayer un chemin et rencontrer le succès auprès des utilisateurs. Mais avec une vision qui la différencie vraiment de ses compétiteurs directs : intégrer également et sur le même plan, la sécurité, les défaillances, les usages abusifs et la gouvernance à travers un développement technique plus prudent et méthodologique. Cette philosophie imprègne encore aujourd’hui les équipes d’Anthropic même si la nécessité de passer à grande échelle demeure impérieuse pour subsister dans le paysage.

Autrement dit, face à cette technologie disruptive et à l’adoption foudroyante, il s’agit pour Anthropic de combiner l’impact sociétal avec le progrès technique et non pas de mettre de côté les considérations de sécurité et d’éthique à cause de la pression commerciale et boursière qui règne dans le secteur de l’IA. En cela, la réaction d’Anthropic face aux révélations à propos de Claude Mythos apparaît comme alignée avec les intentions initiales.

Symbole de cet état d’esprit : le statut juridique d’Anthropic qui relève de la Public Benefit Corporation (société d’intérêt public). C’est un modèle d’entreprise hybride qui se situe à mi-chemin entre l’entreprise classique et l’association à but non lucratif. Elle reste une entreprise commerciale qui cherche la rentabilité mais elle s’engage légalement à générer en parallèle un « bénéfice public » spécifique, qu’il soit social, environnemental ou culturel.

Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit

Ce souci de la sécurité n’est pas une posture de circonstance chez Anthropic. Les choix effectués à chaque nouvelle sortie d’un modèle IA font préalablement l’objet de rapports de sécurité et de tests sur les usages abusifs, de collaborations avec des évaluateurs externes et même de participation aux débats sociétaux autour de l’IA et son impact à long terme. Les chercheurs d’Anthropic publient en outre régulièrement, partagent des données, interviennent dans des ateliers et collaborent avec le monde académique sur divers sujets.

En février dernier, un billet de blog d’Anthropic a d’ailleurs rappelé ce mode de fonctionnement pas si commun chez les autres acteurs de l’IA générative. Sous le titre univoque de « Claude is a space to think », le texte s’insurge contre une tendance qui émerge de plus en plus : faut-il introduire dans les modèles d’apprentissage, des contenus sponsorisés à l’instar de ce qui existe déjà dans le SEO avec l’achat de mots-clés ou de liens payants mis en avant.

Là encore, Anthropic est sans ambages (7) : « Intégrer des publicités dans les conversations avec Claude serait incompatible avec ce que nous voulons que Claude soit : un assistant véritablement utile pour le travail et la réflexion approfondie. Nous voulons que Claude agisse sans ambiguïté dans l’intérêt de nos utilisateurs. Nous avons donc fait un choix : Claude restera sans publicité. Nos utilisateurs ne verront pas de liens « sponsorisés » à côté de leurs conversations avec Claude ; les réponses de Claude ne seront pas non plus influencées par des annonceurs ni ne comporteront de placements de produits tiers que nos utilisateurs n’ont pas demandés ». Un tacle à OpenAI qui prévoit prochainement de tester la publicité aux États-Unis sur la formule gratuite et la formule Go de ChatGPT.

Assumer son positionnement

Cette volonté de cohérence et de transparence se retrouve notamment dans le « Threat Intelligence Report » qu’a publié en août 2025 la start-up américaine. Ce rapport, expose, cas par cas, comment des hackers ont tenté d’utiliser à mauvais escient le modèle de langage de grande capacité (LLM) d’Anthropic, Claude, quels dommages ils cherchaient à causer et comment Anthropic a réagi. Une attitude peu banale dans le secteur de la tech où les risques de sécurité ou les crises sont très fréquemment atténués ou dissimulés derrière des euphémismes ou des formules passe-partout.

C’est également cette culture d’entreprise qui a conduit Anthropic a refuser en février 2026 que son modèle d’IA, Claude soit utilisé par le Pentagone dans deux cas précis : la surveillance de masse des citoyens américains et les armes mortelles entièrement autonomes. Et d’enfoncer le clou dans un communiqué du patron, Dario Amodei (8) : « Utiliser ces systèmes à des fins de surveillance de masse domestique est incompatible avec les valeurs démocratiques ». Une position qui a évidemment déplu au secrétaire à la défense, Pete Hegseth et au locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump. Le premier s’est époumonné sur X en dénonçant une « rhétorique sanctimonieuse » et une « idéologie de la Silicon Valley » tandis que le second qualifiait Anthropic d’« entreprise radicale de gauche woke » (9).

Le refus du techno-solutionnisme

Un autre exemple de l’ouverture poussée particulièrement loin d’Anthropic envers les attentes de la société sur l’IA est l’étude (l’une des plus vastes études qualitatives jamais réalisées sur le sujet) de décembre 2025. Plus de 81 000 personnes provenant de 159 pays ont partagé leurs usages, leurs besoins et leurs inquiétudes à travers une enquête en ligne. L’entreprise n’a escamoté aucun thème, notamment les craintes qu’ont exprimées les répondants comme le manque de fiabilité et les vulnérabilités des modèles d’IA, la destruction d’emploi ou les utilisations déviantes.

Ce pari fait dès le départ par Anthropic sur la nécessité de sécurité et d’éthique pour encadrer les développements fulgurants de l’IA, semble être judicieux à l’heure où les préoccupations se font de plus vives et les discours techno-solutionnistes de moins en moins porteurs et sources de confiance. D’ailleurs, OpenAI s’est tout récemment positionné avec une approche similaire lors du lancement de son programme « Trusted Access for Cyber » en février 2026. Approche qui marque une certaine rupture avec la tonalité techno-volontariste adoptée depuis plusieurs années par OpenAI. Est-ce là une conséquence du flop de leur spot publicitaire diffusé lors de la finale du Super Bowl 2025 ? Celui-ci avait été jugé trop désincarné et centré sur la technologie.

Un dispositif de communication simple mais efficace

Même si depuis, OpenAI a quelque peu rectifié le tir en déclinant une campagne marketing nettement plus humanisée, cela reste dans un registre très « pushy » pour faire adopter à tout prix l’IA. Là encore, Anthropic s’est toujours distingué dans sa stratégie de communication auprès de ses publics. Pour la start-up, il n’est pas question d’opérations de séduction à tout va sur les réseaux sociaux et via des campagnes de publicité dans les médias traditionnels. L’optique choisie procède au contraire de l’administration de la preuve plutôt que l’affirmation d’un discours bien rodé.

C’est ainsi qu’Anthropic a mis en place depuis quatre ans, une équipe « Social Ethics » de 9 personnes en charge d’évaluer l’impact de la technologie de l’entreprise sur la société et de mettre en lumière, au passage, certaines « vérités qui dérangent » et les questions les plus épineuses posées par l’IA. Elle a rédigé des articles de recherche sur tous les sujets, de l’impact économique de l’IA à son pouvoir de persuasion, en passant par des études sur la manière d’atténuer les risques liés aux élections et à la discrimination. Son travail a nettement contribué à la réputation soigneusement entretenue d’Anthropic en tant qu’acteur d’une IA « sûre » donnant la priorité aux humains.

Son amplification repose ensuite sur un dispositif corporate simple mais redoutablement efficace. Tous les travaux et les publications d’Anthropic sont également réutilisés à travers le blog officiel (qui fait aussi office de newsroom) avec des articles régulièrement postés et relayés sur les médias sociaux. Dernière pierre de cet édifice communicant : les relations presse et les entretiens que peuvent accordent les dirigeants de l’entreprise dès qu’il s’agit d’IA et d’impacts sociétaux. Ce qui permet au bout du compte de nourrir avec constance le positionnement atypique d’Anthropic et d’apparaître comme le plus éthique de tous les acteurs engagés dans la course à l’IA.

Une communication cohérente …

Fondatrice et présidente de l’agence de communication britannique Corazon, Camilla Boyer a publié il y a peu, un post très enthousiaste sur LinkedIn sur cette stratégie de communication adoptée par Anthropic. Le fait que cette société aille à rebours des discours dominants du secteur, « offre une véritable leçon de maître sur la façon dont un storytelling puissant associé à une exécution parfaite des relations publiques constitue l’outil le plus révolutionnaire qui soit » (10). A ses yeux, il n’y a pas de doute : « les clients se tourneront progressivement (ou rapidement) vers Anthropic parce qu’ils s’y sentiront plus en sécurité — ce qui marquera une cinquième année de croissance fulgurante ».

La manière dont a été traitée la fuite au sujet de Claude Mythos atteste en tout cas d’une véritable continuité dans la stratégie de communication d’Anthropic. Là où l’on pourrait suspecter un coup de com’ savamment orchestré (les fuites organisées, cela existe !), se trouve en fait une posture qui n’élude en rien de ce qui était contenu dans l’article brouillon en cours de préparation. Et tout l’historique des prises de parole montre qu’Anthropic est crédible et cohérent.

… mais pas sans failles

Il n’en demeure pas moins qu’Anthropic possède aussi ses paradoxes et ses zones d’ombre. Dans sa volonté de se dissocier de la pensée « mainstream » de la Silicon Valley qui raisonne en priorité en mode « business first », Anthropic n’est pas précisément un acteur totalement étanche à cet environnement. Actuellement valorisée à 380 milliards de dollars au début de 2026, l’entreprise compte de sacrés géants parmi son capital. Google (Alphabet)est l’un d’entre eux avec environ 14 % du capital et dispose de plusieurs accords commerciaux. Ensuite, Amazonest le plus gros investisseur externe avec un total de 8 milliards de dollars injectés dans la start-up et lui fournit des infrastructures de cloud computing. Deux entreprises qui ne sont pas précisément connues pour être des parangons de vertu dès lors qu’il s’agit d’engranger des parts de marché.

Ensuite, Anthropic doit affronter des concurrents particulièrement solides comme OpenAI (Chat GPT), Google (Gemini) mais aussi Microsoft, Meta ou encore xAI d’Elon Musk. Or, pour assurer sa pérennité, la start-up américaine se doit impérativement de changer d’échelle, notamment en élargissant significativement son implantation en Europe où ses adversaires sont déjà massivement présents. Conserver son indépendance, en particulier en termes de communication, est crucial mais il sera difficile de faire l’impasse de certains soutiens financiers pour y parvenir. Amazon envisage ainsi de réinvestir 8 milliards de dollars dans la start-up (12).

Autre point problématique : le système Maven Smart System (MSS), développé par Palantir Technologies, qui est devenu en particulier le pilier technologique de la doctrine de guerre assistée par l’intelligence artificielle des États-Unis. Système qui opère actuellement dans l’opération militaire contre l’Iran, Epic Fury et qui recourt à Claude 4 Opus pour l’analyse de données massives (milliers d’heures d’interceptions audio et de documents textuels pour identifier des réseaux de commandement de l’adversaire) en dépit du fait qu’Anthropic avait initialement demandé que son modèle ne soit pas utilisé pour des missions de ciblage autonome.

Enfin, l’éthique défendue par Anthropic est quelque peu ternie par les procès intentés par les éditeurs de musique et les éditeurs de presse. Les premiers accusent Claude de reproduire quasi textuellement des paroles protégées (comme celles des Rolling Stones) et d’avoir été entraîné sur des jeux de données contenant des copies pirates. En janvier 2026, une nouvelle plainte a été déposée réclamant plus de 3 milliards de dollars de dommages et intérêts et le rejet de l’argument de « Fair Use » brandi par Anthropic. Côté médias, ceux-ci reprochent à Anthropic de « scrapper » (aspirer) le contenu des sites d’actualité pour nourrir Claude sans aucune rémunération tout en proposant des résumés qui détournent l’audience des sites originaux.

Jusqu’où sera-t-il possible de garder le cap ?

Une chose est sûre. Anthropic continue de muscler ses ressources en communication corporate. L’an passé, Sasha de Marigny, la directrice de la communication, avait annoncé recruter 5 nouveaux profils pour étoffer une équipe qui compte déjà 20 membres et probablement d’autres en dehors des Etats-Unis. L’enjeu va alors résider dans la capacité à maintenir la communication qui a prévalu jusque-là pour positionner Anthropic avec de vraies aspérités fondées et nourries entre autres par cette équipe dédiée autour de l’éthique. Néanmoins, le discours jusqu’à présent convaincant d’Anthropic (hormis sur la question de la propriété intellectuelle) autour de la sécurisation de l’IA, pourra-t-il tenir au fur et à mesure de son expansion ?

Journaliste spécialisée IA pour le site d’informations tech américain The Verge, Hayden Field s’est récemment interrogée dans un billet publié sur LinkedIn. Son analyse n’est pas dénuée d’intérêt (13) : « Avec seulement neuf personnes sur un effectif total de plus de 2 000 chez Anthropic, dans un secteur où des profits vertigineux pourraient attendre quiconque est prêt à agir le plus rapidement et le plus imprudemment, le niveau actuel de liberté de l’équipe pourrait ne pas durer éternellement (…] Et dans quelle mesure sont-ils sûrs que les dirigeants, qui, en fin de compte, cherchent toujours à dégager des bénéfices, les écouteront ? ».

Si Anthropic a réussi jusqu’à présent dans son rôle de trublion de l’IA, il n’est effectivement pas exclu que cette liberté de discours finisse par s’éroder sous le poids des contingences purement business. Surtout s’il survient un changement de gouvernance à la tête d’Anthropic. Le passé récent nous rappelle que Sam Altman tenait aussi en son temps des prises de position sans détours et soucieuses du bien commun avant de se replier sur des tactiques nettement plus agressives et purement financières. Dans l’immédiat, Anthropic constitue un exemple particulièrement inspirant de stratégie de communication fondée sur la preuve et l’acte. Puisse-t-il perdurer et même influencer d’autres communicants !

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