Sketch vidéo Olivier Besancenot : Peut-on simuler un racket pour récolter des fonds ?

Si le Nouveau Parti Anticapitaliste est actuellement dans la dèche financière, il est en revanche riche en idées débiles pour tenter faire le buzz et inciter les militants donateurs à ouvrir leur porte-monnaie. Cette fois, c’est Olivier Besancenot en personne qui s’y colle en jouant dans une vidéo le rôle d’un cambrioleur braquant une Liliane Bettencourt sénile. Analyse.

Les fins de mois sont difficiles au Nouveau Parti Anticapitaliste. Aux oubliettes le climax médiatique de l’emblématique facteur de Neuilly-sur-Seine. En chute libre les bulletins de vote et les courbes de sondage pour le NPA. L’heure est à la crise et au renflouement urgent des caisses du parti anticapitaliste s’il veut pouvoir à nouveau solliciter les urnes pour les européennes de 2014. Alors sur fond de marasme économique et de grogne populaire virulente, le NPA a eu l’idée de mettre en scène ses têtes d’affiche dans des vidéos décalées sur YouTube au ton se voulant humoristique et revendicatif à la fois. Objectif : faire connaître la campagne de souscription visant à soutenir financièrement le parti.

Un humour potache au départ …

Philippe Poutou, ex-candidat à la présidentielle, dans le métro !

Philippe Poutou, ex-candidat à la présidentielle, dans le métro !

Avant de transformer Olivier Besancenot en braqueur des beaux quartiers, le NPA a d’abord eu l’idée de faire jouer à son ex-candidat à la présidentielle de 2012, Philippe Poutou, le rôle d’un chanteur foireux faisant la manche dans les couloirs du métro.

Puis ce fut au tour de la porte-parole du NPA, Christine Poupin d’improviser des parties de bonneteau dans l’arrière-cour d’un atelier pour récolter des fonds. A chaque fois, la tonalité oscillait entre une ambiance potache et des messages politiques contestataires s’inspirant de faits de société bien réels.

Le moins qu’on puisse dire est que les deux premières vidéos n’ont guère attiré le chaland. De buzz foudroyant espéré, c’est au final un flop cinglant enregistré ! Sur YouTube, Philippe Poutou récolte proportionnellement quasiment autant de vidéos vues (2070 à ce jour) qu’il n’avait engrangé de scrutins à la présidentielle. En ce qui concerne la porte-parole Christine Poupin, la partie de bonneteau recueille encore moins de visionnages (565 vus) que l’audience confidentielle des meetings du NPA. Il n’est donc pas exclu de penser que ces scores piteux ont fort probablement incité les scénaristes de la 3ème vidéo à corser l’histoire, à mettre en scène celui qui incarne à lui seul la notoriété du parti afin d’obtenir un écho nettement plus substantiel que ces audiences microscopiques.

Un impact contestable

Pas sûr que le racket simulé renfloue effectivement les caisses du NPA

Pas sûr que le racket simulé renfloue effectivement les caisses du NPA

Question audience, cette troisième vidéo ne boxe effectivement pas dans la même catégorie. Bien que cela ne soit pas pour autant un raz-de-marée, l’épisode avec Olivier Besancenot a déjà atteint plus de 16 500 visionnages en deux jours. Pas de doute, la figure emblématique du NPA fait encore recette d’autant que l’impétrant joue plutôt de manière crédible son rôle de petit malfrat en train de racketter un sosie de l’héritière de L’Oréal sur fond d’allusions bien appuyées à l’affaire Woerth-Bettencourt.

Si provocante soit-elle, cette vidéo s’avère pourtant être un fail pitoyable qui ne relève pas le niveau de la pensée politique du NPA. On peut tout à fait être dans l’opposition la plus résolue au système capitaliste et aux dérives qu’il engendre mais encore faudrait-il la traduire avec des concepts narratifs un peu moins ras des pâquerettes pour militants de base binaires et bornés. Certes, les convaincus d’avance s’esclafferont devant cette pochade et s’en paieront une bonne tranche sur le dos de la sulfureuse affaire Bettencourt. Néanmoins, on peut s’interroger sur la pertinence et le sens des responsabilités des auteurs et commanditaires de cette vidéo.

Le NPA est hors-sujet

A l’heure où les actes de violence contestataire se multiplient et où un extrême gauchisant dérangé s’est mis à rejouer « Grand Theft Auto » durant une journée dans Paris sur fond d’obscurs motifs anticapitalistes, il n’est pas vraiment malin de miser sur une simulation de braquage à main armée chez une milliardaire pour inviter sympathisants et encartés du NPA à verser leur obole au parti. Il existe suffisamment de crétins désespérés pour ne pas percevoir le malhabile deuxième degré de cette bluette vidéo mal fagotée.

Si jamais un quatrième volet en cours de préparation, jusqu’où va aller le NPA dans l’incitation aux actes illégaux ? Le parti de Besancenot se trompe lourdement en voulant jouer aux « Guignols de l’Info » pour porter haut et fort ses convictions politiques. Ce n’est pas en jouant aux racailles de pacotille que la crédibilité du mouvement s’en trouvera confortée. L’humour en politique, quel que soit le bord défendu, est une nitroglycérine à manier avec doigté. Ce n’est pas vraiment ce qui caractérise le feuilleton initié par NPA



8 commentaires sur “Sketch vidéo Olivier Besancenot : Peut-on simuler un racket pour récolter des fonds ?

  1. Stéphane  - 

    Hello,

    Pas facile de dire si c’est un succès ou un flop, on verra au moment de la publication des comptes. Il est vrai que les internautes ne se sont pas passionnés pour cette vidéo (à mon avis totalement ratée) mais tous les médias ont massivement relayé la vidéo.
    Du coups, le NPA vient d’inventer l’anti-buzz. A la base un buzz est un succès populaire qui prend en dehors des médias traditionnels ici c’est exactement l’inverse. Un peu à l’image de se parti qui n’a jamais trouvé son public.

  2. Tbiarneix  - 

    Je pense un peu comme Jazual…
    Dans cet article qui se veut être une critique éclairée de cette campagne de communication pour récolter des fonds je pense que vous vous embourbez dans votre « mépris », « haine », « positionnement idéologique » (rayez les mentions inutiles) envers ce parti.
    Sauf que pour ce type de critique, un positionnement idéologique aussi fort que le votre (en tout cas votre rejet complet des idées de ce parti) prend le pas sur ce qui aurait pu être une analyse éclairée et constructive.

    La fiction de cette mini-série ainsi que le deuxième degrés est clairement assumé. D’ailleurs, le « braquo » se transforme en « fiasco » lorsque le représentant médiatique enlève sa cagoule et renverse la vapeur faisant passer Lilliane pour une gauchiste assumée (ce qu’elle n’est pas, nous en sommes tous conscients) et essayant de lui introduire de faux souvenirs. Le deuxième levier étant joué sur le bouclier fiscal que cela représente, le parti veut appuyer (comme tous les parti de France le font) sur les 66% de déduction d’impôts. La morale de cette histoire, Olivier se retrouve quand même en prison, donc les méchants sont arrêtés, le « braquo » n’a rien donné et la justice a été rendu, et il ne reste plus que l’appel au don.

    En terme de construction, au vu de ce que j’ai développé plus haut, je ne vois absolument pas « l’apologie » de la violence extrémiste dans cette pastille vidéo qui, si on peu la considérer de ridicule, ne peut faire de tord qu’au NPA. D’ici à ce que les gens la trouve même drôle, il n’y a qu’un pas.

    1. Olivier Cimelière  - 

      Bonjour je m’attendais à avoir ces réactions vives. A chaque fois qu on analyse la communication d un un parti situé aux extrêmes c est toujours le refus d entendre des voix différentes qui prime. Et de les soupçonner evidemment d être un vilain bourgeois.
      Je ne nie absolument pas les problèmes sociaux et suis le premier à m en désoler. Mais même si gentil braquo Olivier finit dans son histoire derrière les barreaux, la ficelle reste grosse. On n incite pas au braquage à main armée. Suffisamment de crétins pour prendre le message au pied de la lettre. A moins que la nostalgie du Grand soir vous titille aussi 🙂

  3. Jazzual  - 

    Wouahou, quel article !
    Je dois dire que je suis assez surpris par le ton employé. Pourtant, je préfère tout de suite dire que je n’ai aucun lien avec le NPA, qui ne correspond aucunement à ma couleur politique.

    Non, ce qui m’intéresse ici ce sont les affirmations. Dès l’en-tête, cette affirmation : le NPA est « riche en idées débiles ». Ah bon ? Pourquoi ? Comment ? On ne fait pas une telle affirmation sans l’argumenter, surtout dans un article qui se veut être une analyse et non une tribune.

    Ensuite, ce passage est pas mal aussi : « Sur YouTube, Philippe Poutou récolte proportionnellement quasiment autant de vidéos vues (2070 à ce jour) qu’il n’avait engrangé de scrutins à la présidentielle ». Drôle de comparaison, qui n’a aucun sens (enfin à moins que je ne le comprenne pas, de quelle proportion parle-t-on ?). Ou l’idée est, une fois encore, de critiquer gratuitement ce parti ?

    Le meilleur pour la fin : vous avez quand même une sacrée perle en conclusion, en rapprochant cette vidéo avec l’affaire Dekhar. Ce déséquilibré a été proche de l’extrême-gauche, soit. Il a employé une rhétorique anticapitaliste, ok. Mais le reste des anticapitalistes ont encore le droit de l’être, de conserver leurs références, leur humour etc. On ne change pas des idées politiques, des opinions fortes, en fonction de l’actualité, d’autant plus si le moteur en est un déséquilibré. Cette affirmation est, comme les deux que j’ai relevé, est tout à fait malhonnête, vise simplement à enfoncer gratuitement le NPA…

    PS : sinon, étant donné que l’analyse est tout de même le sujet principal de cet article, je la trouve bien simpliste et sans teneur… à croire que rien ne sauve l’article.

    1. Olivier Cimelière  - 

      Bonjour. Vous avez absolument le droit de critiquer le ton et l’analyse de l’article. Je maintiens néanmoins le fait qu’il est irresponsable de jouer avec des appels au racket à main armée – même simulé – alors même que chacun sait pertinemment que des excites de tous bords passent à l’acte. On peut être anticapitaliste sans jouer idiotement avec le feu. A moins qu’on ne veuille veuille vraiment le Grand Soir ? Dans ces cas là on le dit clairement et on assume son statut extrémiste

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