Cash Investigation & Elise Lucet : Doit-on parler de journalisme ou de marketing éditorial ?

Le titre de ce billet surprendra sûrement plus d’un lecteur tant l’émission emblématique de France Télévisions jouit aujourd’hui d’une aura journalistique incontestable dans l’opinion publique. Depuis 2012, que de coups éditoriaux et de scoops révélés par l’équipe de journalistes qui officie sous la houlette d’Elise Lucet. On ne compte plus les révélations embarrassantes comme le travail des enfants en Chine que le président de Huawei France balaiera d’un arrogant revers de main au prétexte qu’il ne connaît pas la célèbre et pugnace reporter. Problème : Si Cash Investigation est un authentique succès d’audience et d’image de marque pour l’audiovisuel public, les méthodes éditoriales et le canevas binaire quasi systématique ont de plus en plus tendance à interroger. Que recherche exactement Cash Investigation ? Continuer d’informer loyalement le public ou écrire sa propre légende de justicier télévisuel sur le dos de boucs émissaires un peu trop aisément matraqués ? Réflexions libres d’un communicant qui a aussi tâté du journalisme et en connaît les règles élémentaires.

Cash Investigation, le monde des entreprises ne lui dit pas merci mais le public en redemande ! A chaque saison, l’émission animée par Elise Lucet et produite par l’agence de presse Premières Lignes, s’immisce dans les interstices plus ou moins glamour de différents secteurs industriels. En 5 ans, presque tous les grands noms d’entreprise auront au moins eu une fois l’occasion de se faire clouer au pilori par les journalistes de Cash Investigation. Si d’aucuns n’ont effectivement guère de circonstances atténuantes (et aggravent même leur cas en tentant d’enfumer ou d’esquiver), d’autres en revanche subissent de plein fouet l’onde de choc sans qu’il n’y ait forcément autant matière à polémique. Sauf que voilà ! Un Cash Investigation sans sulfureuses accusations, c’est un peu comme un steak tartare sans œuf, ni condiments. C’est cru mais ça manque de subtilité face à une réalité plus complexe que le plat éditorial servi.

Une émission née sous le signe du Satan de la com !

cash-elise-lucetCash Investigation n’est pas le premier programme télévisuel à promettre des enquêtes fouillées et des révélations à la clé. Toutefois, c’est indéniablement le pionnier (avec sans doute Spécial Investigation qui a vu le jour sur Canal + en 2002 mais qui est passé à trépas en 2016 sous l’ère Bolloré) sur le petit écran à quadriller le terrain des mois durant pour réaliser des enquêtes sur les dérives supposées ou réelles de grands acteurs industriels et financiers qui ont fait de la planète, leur terrain de jeu privatif avec parfois des règles à géométrie variable. Outre le temps passé à jeter ses filets journalistiques pour y remonter quantité d’informations sur lesquels d’autres ont simplement surfé ou carrément pas vu (ou ignoré), Cash Investigation, c’est aussi une tonalité intrinsèque où le commentaire en off se fait régulièrement sarcastique quand le montage n’ajoute pas en plus des saynètes de dessins animés ou des plans de coupes façon GIF animés, histoire d’en remettre une louche et d’accentuer la connivence avec le téléspectateur.

En plus de cette approche éditoriale spécifique et pleinement assumée, Cash Investigation s’est désigné dès le départ un ennemi irrévocable et satanique : les communicants qui œuvrent pour protéger et promouvoir la réputation de telle ou telle entreprise. Lors d’une interview accordée à Télérama au lancement de l’émission en 2012, Elise Lucet ne mâchait déjà pas ses mots à l’égard de ce qui lui apparaît être une véritable engeance (1) : « L’idée de départ, c’était de court-circuiter les campagnes de communication des multinationales. Aujourd’hui, ces groupes sont trop bien armés. On ne peut plus approcher un dirigeant d’entreprise sans être escorté par quatre attachés de presse. La machine est trop bien huilée. Les entreprises passent leur temps à polir leur image, allumant un contre-feu à la moindre polémique, faisant fuiter les infos qu’elles veulent, retenant les autres. Il faut redoubler d’ingéniosité pour enrayer ce système de communication et découvrir la vérité qui se cache derrière le discours publicitaire. ». Tout est dit ! A l’heure où Cash Investigation attaque sa 6ème saison, l’argumentation n’a toujours pas varié d’un iota. Les secteurs de la finance, de la santé, de la chimie et des nouvelles technologies seront d’ailleurs régulièrement dénoncés pour leur propension à maquiller outrageusement ou à biaiser des constats souvent indéniables.

Recette édito unique, ingrédients invariables

cash-pesticidesL’argument numéro un brandi par Cash Investigation en guise de qualité de ses reportages est le temps dont jouissent ses équipes pour mener de bout en bout leurs enquêtes et déterrer au passage des éléments qui jusqu’alors avaient été passés sous silence ou habilement occultés. Le temps est effectivement crucial en matière journalistique. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la démonstration inverse avec les chaînes d’info continue qui butinent en permanence pour nourrir leur écran, quitte à régulièrement faire des embardées éditoriales ou simplifier à outrance et dans l’urgence avec des pseudo-experts (toujours les mêmes) prompts à débarquer sur les plateaux pour meubler … le temps qui manque à un reportage vraiment complet. Ce temps est de facto un vrai atout pour le journaliste. Il peut ainsi s’immerger dans une problématique, acquérir la connaissance des grands enjeux, discerner les acteurs principaux et recentrer sur les questions fondamentales plutôt que se perdre dans le petit bout de la lorgnette.

Sur ce point, Cash Investigation commet aussi parfois des erreurs surviennent. En témoigne la controverse que l’émission a dû affronter début 2016 sur le sujet des pesticides contenus dans les denrées alimentaires dans l’Union Européenne. Dans le reportage correspondant, le journaliste annonce tout de go un affolant taux de 97% de pesticides tout en citant sa source : un rapport de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) sur les résidus de pesticides, publié en 2015. De quoi en effet susciter une virulente levée de boucliers sur ce qui s’avère à première vue un scandale sanitaire inadmissible. A ceci près que le commentaire du journaliste est tronqué en ne faisant aucune allusion au seuil légal. Ce qui change par conséquent substantiellement le caractère informationnel du chiffre si effrayant, la phrase originelle du rapport étant in extenso : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales.» (2). Or, ce type d’aménagement éditorial est courant dans de nombreux reportages de Cash Investigation. Au motif de simplifier (trop) ? Ou au motif de faire hurler les loups ?

Focus délibéré et casting binaire ?

cash-bdEncore plus récemment, Catherine Chapalain, la présidente de l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) a publié une édifiante tribune libre au sujet de l’interview qu’elle a eue avec Elise Lucet durant un reportage sur l’information nutritionnelle figurant sur les produits alimentaires industriels. Son témoignage montre à quel point la journaliste a déjà fixé au préalable le thème de l’entretien sans même chercher à écouter d’autres éléments qui lui sont suggérés (3) : « Lors de l’entretien, pour une raison que j’ignore, l’équipe de Cash Investigation ne voulait pas évoquer ces quatre propositions (NDLR : d’information nutritionnelle). Tout semblait orienté pour un débat unique « pour ou contre le système de M. Hercberg » (5C ou nutri-score). A de très nombreuses reprises, j’ai tenté d’expliquer que le consommateur aura le choix entre quatre logos lors de l’expérimentation menée par le ministère de la santé, incluant la proposition 5C. Malheureusement, les échanges n’ont porté que sur ce dernier, niant l’existence des quatre autres. ». Pourtant, la mission première d’un journaliste n’est-elle pas recueillir les différents points de vue avant de faire la synthèse et de remettre en perspective ? Apparemment, cela n’entre pas en ligne de compte du guide éditorial de Cash Investigation.

Autre ressort abondamment usité chez Cash Investigation (mais là, ils ne sont pas les seuls à pratiquer) : la distribution préliminaire du casting. Un peu comme dans les westerns série Z, les rôles sont taillés à grands coups de serpette qui ne s’embarrassent pas toujours des fioritures que comporte néanmoins la réalité. Catherine Chapalain note ainsi (4) : « Madame Lucet m’a également étonnée en m’indiquant que le monde de l’alimentation était divisé en deux. D’un côté les bons produits du terroir et de l’autre les mauvais produits de l’industrie. Quelle méconnaissance du secteur agroalimentaire et de la fabrication des aliments en France ». Autrement dit, les vilains sont forcément les grandes multinationales prêtes à tous les tripatouillages possibles pour faire du pognon tandis que les petits sont d’honnêtes artisans soucieux de qualité et de respect du consommateur. Le créateur des Bisounours n’aurait pas imaginé meilleur scénario.

La réponse « cash à tout » d’Elise Lucet

cash-lucetPour bien appuyer son propos et montrer que rien n’est épargné aux vaillants journalistes en quête d’indices, Cash Investigation multiplie à foison les scènes où le journaliste se fait raccrocher au nez ou abreuver d’un discours corporate effectivement proche de la bouillabaisse indigeste.

Autre variante : le plan fixe d’un courriel au contenu tout aussi décalé ou calibré au millimètre par rapport à une question sensible. Ces écarts existent. Les nier serait être d’une mauvaise foi qui doit être évacuée de ce pas. En revanche, l’excuse automatique du communicant qui blinde tout et qui débite une novlangue sirupeuse est un argument marketing bien en phase avec l’air du temps qui veut que tout soit conspiration, magouille et autres mensonges chez les grands agents économiques.

Elise Lucet distille pourtant à intervalles réguliers les arguments qui selon elles alimentent cette grande théorie du complot à l’égard de Cash Investigation. En 2012, elle dit ainsi (5) : « On est devenus d’une prudence de Sioux. A chaque communiqué de presse, on se pose la question : qu’est-ce qu’on cherche à nous vendre ? ». Deux ans plus, rebelote (6) : « Nous avions le sentiment que tous les reportages butaient sur les services de communication, qui sont désormais partout. D’entrée de jeu, notre idée était de faire des sujets en refusant de nous laisser dicter notre conduite par un communicant qui nous expliquerait, encore une fois, que Monsieur Untel ne veut pas réponde à nos questions. Et moi, je leur ai dit tout de suite que je voulais incarner cela à l’antenne ». En 2016, elle remet le couvert (6) : « Nous avons voulu lutter contre le mur des communicants. Au fil des années, la petite attachée de presse a été remplacée par toute une équipe très organisée. Nous, les journalistes, nous nous sommes insidieusement laissés imposer leurs règles ». Bref, le communicant est l’être honni par excellence et coupable de toutes les distorsions pour le compte des puissants.

Et si on changeait un peu de registre ?

Le propos de ce billet n’est pas pour autant de s’insurger (absolument loin de là !) contre les documents d’investigation que les médias entreprennent à l’égard des grandes entreprises ou des institutions. Au contraire, la vie démocratique, citoyenne et médiatique a tout à gagner d’avoir des journalistes tenaces et bien informés qui révèlent certaines turpitudes ou dérives dommageables pour le reste de la société et les entreprises vertueuses (il en existe sauf peut-être dans le monde de Cash Investigation). A cet égard, certaines émissions ont un grand mérite de parler à une heure de grande écoute d’évasion fiscale et d’en démonter les rouages opaques. Ce qui est regrettable en revanche, c’est le sentiment que les cartes sont distribuées à l’avance même si Elise Lucet professe le contraire (8) : « Il n’y a pas de volonté de « coincer » les gens, ni de tourner une séquence spectaculaire. On préfère toujours une vraie belle interview, posée. Mais quand on a travaillé pendant un an, qu’on a des documents à la pelle, ils ne peuvent pas fuir leurs responsabilités ». Certes, mais que dire alors des bandes annonces de Cash Investigation qui procèdent désormais d’un déroutant marketing éditorial. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le « trailer » annonçant le reportage du 13 septembre 2016 sur l’information nutritionnelle. A regarder les images où des vrais-faux paquets de céréales et de pâte à tartiner sont exhibés comme des produits forcément dangereux pour la santé, on se doute bien que le sang corporate va gicler sur les murs dans le reportage.

Est-ce que l’information factuelle y progresse ? Est-ce que le citoyen assiste plus à un réquisitoire joliment monté plutôt qu’à un travail d’information faisant la part des choses ? Ces questions, loin d’être neutres, j’ai cherché à les poser à Elise Lucet elle-même. De février à mai 2016, je lui ai envoyés 12 courriels (pour les lire en intégralité, voir le PDF ci-après) pour solliciter un entretien et mieux comprendre pourquoi communication était obligatoirement synonyme de dévoiement et de trucage à ses yeux. A l’instar de ces grands patrons muets qui l’agacent pourtant prodigieusement, elle n’a jamais daigné me répondre. J’ai d’ailleurs même imaginé d’adopter les mêmes ficelles qu’elle en débarquant au débotté chez France Télévisions avec un caméraman et en lui disant : « Bonjour, je suis le Blog du Communicant. Vous savez, vous m’aviez même gentiment cité dans un talk-show de Laurent Ruquier ». Elle n’avait pourtant rien à craindre d’autant que ce blog a accueilli nombre de ses confrères et consœurs journalistes sans que cela ne finisse ni en connivence, ni en pugilat. Dommage, Madame Lucet ! Je continuerai de regarder Cash Investigation car on y apprend toujours quelque chose. Y compris des tuyaux dont certaines agences font dorénavant commerce auprès de leurs clients pour mieux contrer … Elise Lucet ! Y gagne-t-on en qualité et pertinence de dialogue ? Je n’en suis pas certain mais au moins je vous l’aurais dit … cash !

Disclaimer : Ce billet a été rédigé en toute indépendance. Même si j’ai travaillé pendant près de 14 ans pour une grande entreprise alimentaire (Nestlé Waters en l’occurrence), ce blog est un espace d’expression libre qui ne reçoit aucun subside de quiconque jusqu’à aujourd’hui. Je préférais préciser ! On ne sait jamais avec les … communicants !

Sources

A lire en complément



16 commentaires sur “Cash Investigation & Elise Lucet : Doit-on parler de journalisme ou de marketing éditorial ?

  1. Bourgeai  - 

    Votre émission est formidable et les thèmes toujours passionnants.
    Aujourd’hui, il y a un grand scandale : le LINKY. Cet appareil est dangereux pour nos habitats, notre santé, notre porte monnaie, pour l’écologie, pour l’emploi peu qualifié, pour ses ramifications de bigre data. C’est un hold-up sur la population par un groupe d’industriels qui nous ment et veut rentrer dans nos foyers.
    Ce serait formidable si vous pouviez faire une émission sur ce sujet.

  2. Constant Charles  - 

    Bonjour M. Cimelière, votre billet est intéressant et bien documenté (avec un certain nombre d’éléments à décharge) mais il me semble y avoir certaines limites dans votre argumentation.

    Vous commencez par la mise en scène de l’émission, qui est discutable, j’y reviendrai.

    Ensuite, vous critiquez l’a priori « anti-communicant » tenu par Elise Lucet. Cependant vous ne justifiez pas pourquoi cette attitude est illégitime (de son point de vue) : si le travail de communicant n’est pas néfaste en soit, niez-vous que dans l’objectif de l’émission, qui est de dénoncer des « dérives » des entreprises, qui sont (encore une fois, dans le cadre des sujets traités) des stratégies commerciales ou économiques, connues et assumées par la direction, qui vont de l’illégale à la douteuse en passant par l’immorale, le travail des communicants ne sera forcément-il pas de freiner, contrer et empêcher celui des équipes d’investigation ? Travail d’investigation qui est, tant est que les dérives existent effectivement, salutaire. Ne pensez-vous donc pas que l’opinion d’Elise Lucet sur les communicants soit au moins partiellement justifiée au regard de tout ceux qu’elle a eu a rencontrer dans le cadre de son travail (probablement les seuls) ? Il est difficile de nier que, dans le cadre de ces stratégies d’entreprises néfastes, le travail des communicants ne servent qu’à protéger et à retarder des changements nécessaires dans l’attitude de ces entreprises.

    Vous citez ensuite des défauts factuels (tel celui sur le taux d’aliments contenant des pesticides, qui était particulièrement ridicule sachant que le document visible à l’écran le contredisait). Je suis d’accord avec vous pour trouver ces contresens inacceptables, surtout étant donné le temps passé sur chaque enquête, et le fait que tout démenti est quasi-vain après coup. Cependant je dois exprimer mon désaccord sur la fréquence : ces défauts sont rares, et systématiquement repris par les services de communications, souvent même dans la presse. La direction de l’émission cherche à les éviter le plus possible, notamment parce que l’émission est sur la corde raide vis-à-vis de la direction de France Télévisions, et que chaque erreur factuelle pèse un poids très lourd sur la survie de l’émission.

    Vous en arrivez enfin au point d’achoppement (pour moi) le plus fondamental entre l’émission et les communicants/entreprises, le fait qu’Elise Lucet mène ses interviews de manière prévue à l’avance par elle, sans écouter les arguments des interviewés, et en éludant la complexité des questions auxquelles elle s’intéresse. Cela est pour moi dû à deux choses à la base : l’émission est grand public (elle ne peut pas nécessairement rentrer dans les débats d’expert), ce qui est discutable, Elise Lucet ne maîtrise pas parfaitement les sujets sur lesquels elle interviewe (ce n’est pas elle qui mène les enquêtes), ce qui n’est pas une très bonne raison non plus. Mais la critique est facile. Il est clair que les communicants se servent parfois de la complexité des dossiers pour embrouiller les journalistes (ainsi que le public et parfois les politiques). Et, parfois, la complexité des dossiers n’existe pas avant que l’entreprise l’amène. Tiens donc, c’est justement le cas dans le dossier sur lequel Catherine Chaplain a été interviewée… cf ce lien (gratuit) http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/07/08/explorez-les-conflits-d-interets-autour-de-l-etiquetage-alimentaire_4966229_4355770.html et celui-ci (payant mais plus complet) http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/07/08/intoxication-agroalimentaire-au-ministere-de-la-sante_4966213_3244.html
    Dans cet exemple précis, les lobbyistes avaient pesé de tout leur poids pour faire admettre la nécessité d’une expérimentation, alors que celle-ci avait été jugée inutile, voire pire, contre-productive, ce qui est grave en terme de santé publique, par des scientifiques indépendants et des agences respectables (il me semble que c’était l’INSERM). La décision initiale était de fait même plus simple que l’alternative présentée par l’émission. Peut-être y a t-il des situations où Cash simplifie les dossiers au détriment de l’auditeur et des entreprises, mais prendre comme exemple un cas ou la complexité du dossier vient d’un enfumage caractérisé de la part des lobbies (et des communicants), entâché en plus de conflits d’intérêts, au mieux réduit la portée de votre argumentation, au pire accrédite la thèse d’Elise Lucet selon laquelle les communicants sont les grands méchants de l’histoire… L’argumentation de Mme Champlain me semble, quant à elle, être bien de la mauvaise foi (au regard de l’histoire du dossier). Si vous pensez le contraire, vos arguments m’intéresseraient.
    En conclusion de cette question, vous dites : « Pourtant, la mission première d’un journaliste n’est-elle pas recueillir les différents points de vue avant de faire la synthèse et de remettre en perspective ? ». C’est vrai, dans une certaine mesure. Dans la mesure notamment ou les différents points de vue sont de bonne foi, et que la synthèse ne risque pas de déconcerter et désinformer le spectateur plus qu’un point de vue unilatéral. L’exemple type est le réchauffement climatique, une situation où les acteurs ressemblent beaucoup à la situation de l’étiquetage alimentaire, avec des pouvoirs publics, des intérêts privés, des scientifiques indépendants, des communicants et des conflits d’intérêts… Je voudrais quand même préciser que je ne pense pas que le travail des communicants ne soit toujours entaché, ni même seulement régulièrement, de ce genre de problème. Mon argument est simplement qu’attaquer Elise Lucet sur son refus de rentrer dans la complexité est vaseux (l’exemple que vous citez en est une bonne illustration), puisque cette complexité est bien souvent artificielle, ou tout du moins utilisée comme un outil par les entreprises et par leurs représentants dans un but que l’on peut uniquement caractériser de dissimulation.

    Vous critiquez ensuite l’attitude « grands méchants vs petits gentils ». Evidemment réductrice (je ne pense pas que les grandes entreprises fraudent plus que les petites, ou aient de manière générale des attitudes plus discutables), je pense encore une fois qu’il faut la mettre en regard des attitudes rencontrées par les journalistes dans leur travail : les petites entreprises n’utilisent jamais de communicants pour protéger les dirigeants des révélations, ou pour entraver le travail des journalistes. On revient à un point qui reste fondamental : dans certaines grandes entreprises (celles qui ont des pratiques douteuses assumées par la direction), il y a une professionalisation (par le biais de communicants qui peuvent par ailleurs avoir des activités respectables) de l’entrave de l’investigation légitime. Il est difficile de nier que cette professionalisation pose certains problèmes moraux. Pour moi, le coeur de la dichotomie petites/grandes entreprises dans le contexte de l’émission est là, et elle repose sur des bases légitimes, même si bien sûr elle possède certaines limites (et que cette dichotomie est très surjouée dans l’émission). Si vous contestez que cette dichotomie est légitime, vos arguments m’intéressent.

    Vous revenez sur l’attitude anti-communicant et la parano sur le « complot anti-cash », et la critiquez sans vraiment dire pourquoi cette attitude est illégitime. L’attitude parano qui cherche à voir dans tout communiqué les mensonges du Grand Capital est bien évidemment exagérée de la part de personnes informées comme Elise Lucet. Mais je pense que vous l’accablez un peu trop vite. Comme je l’ai déjà développé, il est probable que dans le cadre de son travail (qui consiste encore une fois à dévoiler des dérives assumées par la direction de l’entreprise), une bonne partie du travail des communicants qu’elle va rencontrer va consister en de la désinformation, de la dissimulation voire du mensonge. Si sa description des communicants en chiens de garde de l’entreprise est critiquable (mais compréhensible de son point de vue), votre attaque peu argumentée est sans nuances l’est tout autant puisque vous pourriez admettre que la description d’Elise Lucet est parfois, rarement, valide, et distinguer ces pratiques en expliquant et en les mettant en regard du travail normal, éthique, du communicant. Sans cela, vous donnez l’impression d’être de mauvaise foi et de refuser de voir comment certains membres de votre profession compliquent de fait le travail de Cash, peignant un tableau bien sombre d’Elise Lucet grande persécutrice. Une image plus nuancée serait préférable, d’un côté comme de l’autre.

    Je vous rejoins sur la forme et le ton de l’émission, infantilisante et trash. Le besoin de faire du « grand public » n’est pas une excuse pour le ton qui confine parfois à la stupidité de certains passages de l’émission (comment ne pas ressentir de la gêne, voire de la honte quand Elise Lucet fait sa petite dégustation de jambon aux enfants…).
    Le caractère « à charge » est parfois aussi dérangeant, cela conduit souvent à des faiblesse et des mauvaises compréhension des problématiques. Mais je pense que c’est la contrepartie du fait que l’émission cherche justement à débarrasser les questions des influences corporate, qui en général (cf plus haut la réflexion sur Catherine Champlain et la suite sur le réchauffement climatique) conduisent à moins d’information. Je pense que pour les producteurs, et un peu à raison, la synthèse d’une vérité biaisée et d’un mensonge est moins vraie que la vérité biaisée toute seule. C’est sur ce point en particulier que j’aimerais bien avoir votre avis.

    Sur le refus de discuter… Elise Lucet refuse de se rapprocher, de près ou de loin, avec le monde de l’entreprise. Elle prend ainsi le contre-pied de l’immense majorité de sa profession de tête d’antenne. Est-ce excessif ? Probablement. Mais je pense qu’elle préfère ne pas prendre de risque.
    Ceci dit, elle aurait clairement pu vous répondre. Je ne suis pas convaincu que ce soit quelqu’un de très aimable en privé.

    J’aimerais conclure en disant que pour moi, l’intérêt principal ne repose pas dans les « prestations » d’Elise Lucet, même si sa capacité au « monstering », à aller pousser dans leur dernier retranchement certains responsables qui sont parfois d’authentiques filous ou certains qui les couvrent, ajoute clairement une note de revanche animale très agréable. Mais l’émission vaut surtout par son travail d’investigation, long, difficile, poussé, effectué par des équipes compétentes, un montage bien fait même si les choix sont bofs. (Premières lignes fait vraiment du bon travail, voir par exemple la récente interview de Takkiedine). J’en veux parfois à Elise Lucet de prendre la lumière médiatique alors qu’elle ne participe que peu au travail de recherche, même si elle est indispensable pour les interviews, et je pense que les faiblesses que vous citez viennent en partie d’elle.

    En bref, j’aimerais bien avoir des réponses à mes arguments et mes questions, même si mon commentaire est très long…

    Bien cordialement

    (je fais aussi un disclaimer : j’adore Cash Investigation et je n’aime pas beaucoup les grandes entreprises, mais je peux voir des points de vue adverses, tout comme vous j’espère)

    1. Olivier Cimelière  - 

      Bonjour Monsieur

      Tout d’abord un grand merci d’avoir consacré autant de temps à développer votre commentaire et vos objections. Je peux entendre un certain nombre d’entre elles d’autant que dans ma carrière, j’ai eu l’opportunité d’exercer des deux côtés de la barrière. Je suis journaliste de formation (diplômé du Celsa) et j’ai exercé en radio et en PQR avant de devenir communicant dans différents secteurs industriels.

      Au sein des grandes entreprises, j’ai toujours eu soin de défendre (dans la mesure du possible) la corporation journalistique qui est souvent méprisée à tort (fréquemment par ignorance de ce qu’est réellement ce métier). J’ai toujours été au-devant des journalistes, y compris les plus tenaces ou les plus critiques. Du moment que les dossiers sont bien travaillés et les éléments recueillis concrets, on peut toujours échanger et expliciter certains aspects.

      Certains de mes homologues communicants (de divers secteurs industriels de plus) ont eu mailleà partir avec Elise Lucet. D’aucuns ont eu des réactions ridicules (comme le cas Huawei que j’ai traité par ailleurs sur ce blog, Elise Lucet m’a même cité lors d’une interview chez Laurent Ruquier !). Mais d’autres ne méritent l’approche éditoriale qu’elle adopte systématiquement. Je vous confirme qu’elle ne participe pas aux investigations préliminaires. Mais là n’est pas le coeur du problème. Ses équipes peuvent très bien la briefer ensuite à la lumière des faits recueillis.

      Madame Lucet travaille avec une grille de lecture systématique et à charge. Qu’il y ait des grosses boîtes fautives est un fait indéniable (tout comme d’ailleurs les petites PME qu’elle n’attaque jamais mais dont certaines sont nettement moins clean que les grandes multinationales). En revanche, amalgamer tout le monde dans le même sac commence à être un biais dangereux.

      Ensuite, travailler avec une hypothèse en tête que l’on entend à tout prix justifier est une aberration journalistique. Or Madame Lucet arrive au préalable avec une trame déjà établie et dont elle n’entend pas dévier. Tout en se drapant au passage dans un populisme médiatique qui n’aide pas à rendre les choses claires. On peut faire du débat d’expert tout en étant simple. Mais le but de Cash n’est pas d’expliquer et/ou pondérer mais d’accuser en tordant le cou si nécessaire à la réalité brute. De petits éléments, on en fait des faits à charge tout en omettant le reste. Un exemple de cette pratique est justement l’étiquettage alimentaire. Madame Lucet ne posait des questions qu’uniquement sur le système qu’elle estime être le seul valable. Il en existe pourtant d’autres. Sur quelle base argumentaire se fie-t-elle pour opérer sa propre sélection ?

      Je suis et je reste pour un journalisme d’investigation même en étant communicant. Les dérives doivent être dénoncées. Surtout pour les entreprises qui elles s’efforcent d’appliquer les règles du jeu. Or le travail de Cash devient année après année une espèce de mécanique à audience avec toujours les mêmes grosses ficelles. Voyez-vous Mediapart procéder ainsi ? Non et pourtant ils n’épargnent personne. Mais eux ont des billes plus que solides et pas des ronds-de-jambe médiatique à coups de caméras cachées, de visites pseudo-surprise et d’une subjectivité non assumée par Madame Lucet. Il faut arrêter de faire passer les communicants pour des vicelards et des truands. Que certains se livrent à des pratiques peu éthiques est là aussi un fait existant (j’en ai parlé sur ce blog aussi) mais cela ne représente pas l’immense majorité de la profession, ni des entreprises qui font travailler les communicants.

      J’ai d’ailleurs cherché à 12 reprises à contacter Madame Lucet. Silence total ! Si elle était ouverte au débat, elle aurait accepté de me rencontrer. D’autant que nous avons pas mal de connaissances en commun. Elle sait que je ne suis pas un « massacreur » mais juste quelqu’un pense et cherche à comprendre et aller au-delà de certaines caricatures qu’elles émanent de communicants ou de journalistes !

      A nouveau merci en tout cas pour cet échange. Bien cordialement
      Olivier

      1. Constant Charles  - 

        Merci pour votre réponse très rapide, qui m’aide à mieux comprendre les points que vous vouliez faire passer. Après vous avoir lu, et m’être un peu renseigné, je perçois mieux que sa grille de lecture est non seulement réductrice mais aussi la pousse à réellement désinformer (j’ai reconsidéré à la lumière de vos réflexions notamment l’émission sur les pesticides qui souffrait d’un certain nombre de défauts scientifiques. Je comprends mieux comment son attitude de « celui-là, il va pas me la faire » vis-à-vis des gens qu’elle interviewe et qu’elle considère comme « méchant » est finalement très néfaste.

        Si le but de Cash n’est effectivement pas vraiment de pondérer, je pense que cela vient aussi du besoin de fournir un « contre-discours » à celui qui est donné par les entreprises dans le cadre des sujets traités, discours dont la synthèse s’avère très difficile à faire sans en discréditer un complètement. C’est pourquoi je pense certains des « gentils » interviewés sont parfois des militants, je pense que c’est une sorte de symétrique des « experts » ou communicants qui produisent le discours des entreprises.

        Pour moi, le cas de l’étiquetage alimentaire est effectivement très intéressant. Il est assez dommage de ne pouvoir accéder à l’intégralité de l’interview, le montage en donnant une vue biaisée. Effectivement, Elise Lucet vient à l’interview en ayant seulement le système 5c en tête (ce qui se justifie du fait que M. Hercberg est vraiment une sommité pour ce genre de choses, et que pendant un certain temps ce système avait la préférence de Mme Touraine, peut-être était-ce encore le cas au moment de l’enquête). Ce système avait derrière lui un dossier bétonné au moment même où la FFAS demandait une expérimentation avec des consommateurs (cf ce genre de choses http://www.mdpi.com/2072-6643/7/8/5325/htm , même si c’est l’équipe de Hercberg qui a réalisée cette étude). Face à une communicante experte, rouage d’une stratégie pensée dans ses moindres détails, avec des éléments de langage rodés (on le sent bien dans certains passages de l’interview), que pouvait faire Elise Lucet ? Je pense qu’il lui était impossible de maîtriser le dossier au dixième de Mme Chapalain. Pour moi, sa seule chance était d’éviter de rentrer, dès le début, sur le terrain du débat que veut lui imposer son interlocutrice (voire les débats, puisque les éléments de langage sont très multiples ici). Comment répondre à tous ces arguments, réfutables quand on a l’expertise ? Chacun méritant du reste un long débat, qui a été effectué ailleurs, au moment de l’élaboration du système, et Mme Chapalain qui est très au fait du dossier le sait bien.
        On voit dans le reportage trois arguments de la communicante qui se résument à :
        – ce système stigmatise les produits du terroir et les modes de consommation français
        – le plus important est une alimentation équilibrée (sous-entendu ce système conduit à ostraciser certains aliments)
        – on ne sait pas si le système 5C est efficace
        Ces trois arguments sont légitimes, mais ils ont déjà été traités, et Mme Chapalain le sait. Un travail en amont a déjà été effectué sur le système pour remédier à ces problèmes, et il y a une foultitude d’argument pour y répondre. Mais la tactique discursive de la communicante reflète, pour moi, ici, la stratégie globale de l’agro-alimentaire sur le dossier : allumer des contre-feux. D’abord un, puis un autre, puis un autre, puis un autre… Si Mme Lucet avait mentionné les autres systèmes, le débat serait parti sur autre chose.
        L’interview est donc pour moi révélatrice : Mme Lucet ne connaît pas le dossier par coeur. La communicante va donc jouer dessus, pour déplacer le débat sur les parties les moins maîtrisées. Mme Lucet campe sur ses positions (et d’ailleurs élimine un certain nombre des éléments de langage de son interlocutrice de façon honnête). Après l’interview, cela permet de dire à Mme Chapalain que le débat n’a pas porté sur les autres systèmes d’étiquetage.
        Pensez-vous vraiment qu’on peut critiquer Mme Lucet de ne pas avoir cherché à répondre systématiquement à toutes les objections successives qu’on lui oppose ? Sachant que c’est justement ce que recherche son interlocutrice, qui de plus est bien plus rodée sur ces sujets-là.

        Dans cette situation, je reste convaincu que l’attitude de Mme Lucet était tout à fait défendable (d’ailleurs les passages diffusés de l’interview sont plutôt sereins, elle n’attaque pas Mme Chapalain). Elle a face à elle quelqu’un qui cherche à l’enfumer (pas par le mensonge mais par des techniques plus subtiles), elle le sait, elle applique donc sa propre tactique pour contrer celle de son interlocutrice.

        Cependant je m’accorde sur le fait que cette attitude n’est pas du tout défendable dans d’autres cas, et qu’elle la conduit à être défiante ou méprisant face à des gens honnêtes qui ne cherchent pas à dissimuler. Mais dans ce cas précis, Mme Chapalain était bien de mauvaise foi à mon avis, ce n’est pas un très bon exemple.

        Ce que vous dites en comparant Cash Investigation à Mediapart, dont j’apprécie beaucoup le travail (tout en restant assez critique), je le trouve très vrai. C’est pour moi le problème de la télé notamment, mais aussi du grave manque de journalisme d’investigation de nos jours. De mon point de vue, tout est résumé dans cette phrase de la critique de l’émission par le Monde : « Cash Investigation serait passé inaperçu dans un monde où l’information aurait les coudées franches. Autant dire qu’on l’a remarqué. »
        (cf http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/06/21/cash-investigation-magazine-sans-concession_1719288_3246.html#sXLJHRPARo6DD52k.99 ).

        Il est bien dommage qu’elle ait refusé de vous rencontrer. Je pense que la personnalité de Mme Lucet souffre d’un certain nombre de défauts, qui se ressentent souvent dans l’émission.

        En tout cas, très heureux d’avoir eu votre réponse. Je viens de découvrir votre blog, qui me semble très intéressant.

        Bien cordialement

  3. BL  - 

    Bonjour Olivier,

    Comment ai-je pu passer si longtemps à côté de cet excellent billet (comme tous tes billets, au demeurant) ? Nous l’avions évoqué, tu l’as donc fait : bravo !!! Comme toi, je pense que le vrai travail journalistique est essentiel à la démocratie. Oui, on le sait, certains organismes n’hésitent pas sur les méthodes plus que douteuses pour défendre à tout prix le rêve ou la réputation vendus.
    Ce qui est proprement insupportable ici, nous l’avions évoqué, c’est l’emploi sans cesse croissant de méthodes qui relèvent plus du personal branding que du vrai journalisme (mise en scène des interviews « impossibles », avec de préférence le micro fourré dans les naseaux du coupable qui s’enfuit en courant, nombreuses interviews de la justicière qui martèle ses… éléments de langage personnels, etc.).
    Bref, Mme Lucet a dû lire L’immortalité, de Milan Kundera : « Le droit de la caméra a été élevé au-dessus de tous les droits et de ce jour tout a changé, absolument tout ».

  4. crgo  - 

    c’est un scandale de la laisser faire.
    Elle se dit journaliste d’investigation mais en fait elle est journaliste people en politique.
    On se croirait à la maternelle quand elle n’obtient pas les infos qu’elle exige avec grand tact d’ailleurs elle fait un crise et se fait filmer en train d’avoir un refus.
    C’est inadmissible de la laisser faire ainsi et sur une chaine publique en plus!
    Elle est dans l’agression permanente c’est très désagréable, qu’elle se taise.

  5. Camille  - 

    Je défends avec ferveur la bonne bouffe et je tends à penser que cette émission a toute sa place dans le paysage médiatique français car, à défaut d’être objective, elle permet de rééquilibrer le débat face au discours puissant des grandes entreprises agro-alimentaires. Je trouve néanmoins ce billet excellent et toujours aussi bien écrit. Merci de mettre en lumière les techniques de marketing employées par cette émission, qui prouvent la fine frontière entre le journaliste et la communicant ! (et qui s’avèrent parfois exaspérantes au point de vouloir éteindre le poste deA quand la prochaine session musique TV, je le concède).

  6. mathieu LAFAY  - 

    merci, l’émission d’hier était effectivement caricaturale…
    Un bon exemple de ce que les journalistes devraient s’évertuer à ne pas proposer. Plus que du « marketing éditorial » nous avons assisté à une émission de divertissement, bien scénarisée, avec en vedette l’équipe de Cash et en figurant toute une série de personnes qui ne sont pourtant pas des perdreaux de l’année, mais qui se retrouvent pris dans les phares de la machine infernale (machine à CASH ?) ébloui et mis en pièce sans autre forme de procès.
    Mathieu

  7. Daniel  - 

    Montage et mensonges grossiers dans cette émission « d’investigation », grossièreté aussi d’Elise Lucet qui est insupportable. Tout pour plaire aux « complotistes etc », mais à dix mille lieues d’une information honnête et équilibrée. Il s’agit vraiment de manipulation et de désinformation.

Laisser un commentaire


Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.