Déconstruction d’un artefact de communication : le Pr Didier Raoult

C’est avec la crise de la Covid-19 que Didier Raoult a obtenu son heure de gloire médiatique. Il exerce depuis une influence énorme auprès de l’opinion publique et au sein d’une partie du corps médical. Grâce à une communication rentre-dedans et décomplexée dans les médias et sur les réseaux sociaux, Didier Raoult s’est taillé une réputation hors normes mais qui repose sur des critères souvent fallacieux. Les médias n’ont pourtant pas résisté à l’envie de les incuber et encore moins de les décortiquer. Pourtant, le professeur n’est-il pas une bulle communicante qu’il conviendrait de dégonfler à un niveau plus juste ?

Hormis dans l’univers de ses pairs initiés de l’infectiologie, qui avait déjà entendu parler du professeur Didier Raoult avant la crise de la Covid-19 ? Certes, l’impétrant eut bien son quart d’heure de gloire warholien en 1996. A cette époque, une épidémie de coxiellose (autrement appelée fièvre Q), sévissait dans la région de Briançon. Le coup d’arrêt à cette propagation virale fut porté par un certain Raoult Didier qui eut là les honneurs de la presse locale. Il n’en demeure pas moins que l’homme est une pointure médicale depuis longtemps. Avant d’être porté sur les fonts baptismaux des médias, l’infectiologue est à l’origine de 40% de 2500 microbes décryptés, de la découverte de 9 virus géants et du dépôt de 38 brevets (1). Côté business médical, l’homme pèse également lourd avec son Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée qui affiche un bénéfice annuel de 11 millions d’euros (2). Toutefois, ce ne sont pas pour ces raisons que sa réputation a enflé avec la crise sanitaire.

L’obsession journalistique du « bon client »

Dans la cohorte de blouses blanches qui n’ont cessé de se presser sur les plateaux de télévision, le Pr Raoult avait tous les atouts (et atours) de pour détonner d’emblée. Qu’on le veuille ou non, son look mi-Panoramix marseillais et mi-rockeur déjanté interpelle et attire tant il contraste avec l’immense majorité de ses confrères nettement plus policés. Ensuite, l’homme ne s’embarrasse pas de fioritures dans ses propos. Il assène, il dézingue, il prédit, il tempête, bref il sait. Son ton ne vacille jamais. Il reste droit dans ses bottes, persuadé de la justesse et de la pertinence de ses déclarations et ses jugements.

Il ose même s’ériger en lanceur d’alerte inflexible. Il s’insurge alors contre l’incurie des autorités publiques accusées de pratiquer un confinement inutile et de freiner la mise à disposition d’un traitement thérapeutique que LUI a élaboré et testé avec succès dans son laboratoire de Marseille : la célèbre association médicamenteuse d’hydroxychloroquine et d’azithromycine. Le 24 mars 2020, il claque donc la porte du conseil scientifique censé éclairer les décisions gouvernementales pour gérer la crise. Sur son compte Twitter opportunément créé un jour plus tôt, il écrit (3) : « Je suis en contact avec le Ministère et avec le Président de la République pour leur dire ce que je pense. Je reste en contact avec eux directement, car le conseil ne correspond pas à ce que je pense devoir être un conseil stratégique ». Bingo ! Avec 5 000 retweets et 11 300 likes à la clé, l’infectiologue rebelle décroche haut la main son diplôme de « bon client » médiatique.

Le « Raoult-Show » est lancé !

Un jour avant sa fracassante mise en retrait du conseil scientifique, Aujourd’hui/Le Parisien avait déjà consacré plusieurs pages sur ce trublion en blouse blanche pas comme les autres. Une tribune en or pour ce dernier tant le quotidien national donne très souvent le tempo en matière de couverture médiatique. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil aux unes du journal et de regarder/écouter tout de suite après les ouvertures éditoriales des chaînes d’information continue, des journaux télévisés et radio. Très régulièrement, le pouls de l’actualité bat au rythme des accroches d’Aujourd’hui/Le Parisien. Didier Raoult ne se prive pas de l’aubaine et sert de la punchline à tire-larigot. Le Raoult Show est lancé !

Les jours qui suivent, vont être une véritable Raoult-mania. Le compte Twitter @raoult_didier engrange à tour de bras les abonnés. A l’heure actuelle, il affiche un incroyable chiffre pour une figure scientifique : 726 600 followers (par comparaison, le ministre de la Santé, Olivier Véran, n’en est qu’à 245 000). Et comme le hasard fait bien les choses, le professeur barbu annonce la publication d’un livre intitulé Épidémies, vrais dangers et fausses alertes (éditions Michel Lafon) dont le chapitre 8 est entièrement dédié au coronavirus. Avec en bonus , l’obtention de la Une du quotidien régional La Provence qui relaie quelques bonnes feuilles de l’ouvrage dans lesquelles le Covid-19 est décrit comme l’infection respiratoire la plus simple à traiter avec la chloroquine.

Le plan média concocté ne s’arrête pas là puisque jeudi 26 mars, c’est au tour du magazine Paris Match de faire figurer le démiurge phocéen sur sa couverture tant convoitée des personnalités publiques. Avec un long portrait plutôt hagiographique où il apparaît comme une sorte de Don Quichotte du coronavirus qui ne peut que plaire tant l’esprit français aime les francs-tireurs, particulièrement quand ils visent un certain « establishment ». Le Pr Raoult a de toute évidence raflé la mise médiatique.

Un contexte sociétal mûr et réceptif

La mise médiatique du Pr Raoult va concomitamment se doubler d’une mise sociétale. Le scientifique coche toutes les cases qui aujourd’hui fracturent et « archipellisent » (pour reprendre l’expression idoine du politologue Jérôme Fourquet et son livre référence) la société française. Face à la défiance record envers les autorités politiques, Didier Raoult est l’homme qui se lève et s’oppose. Face à la suspicion envers le cercle fermé des mandarins et de « Big Pharma », Didier Raoult est le résistant imperméable aux petits arrangements. Face à la peur de l’inconnu et du danger mortel que véhicule le coronavirus, Didier Raoult est le sachant sauveur qui détient la potion et qui rassure la population. Face à la détestation des médias, Didier Raoult est l’orateur sans filtre avec sa chaîne YouTube et son compte Twitter.

Fin mai 2020, un sondage réalisé par YouGov et le magazine Capital révèle que 30% des Français ont plus confiance en Didier Raoult qu’en Olivier Véran, ministre de la Santé face à l’épidémie de coronavirus (4). Dans le Sud-Est de la France, le pourcentage grimpe même à 37%. Logique puisque le professeur incarne aussi la lutte de la Province contre les élites parisiennes. Et le fait d’avoir son laboratoire implantée à Marseille, ne fait que renforcer et alimenter le clivage sur fond de rivalité éternelle entre la capitale et la cité phocéenne. Les réseaux sociaux ne sont pas en reste. Sur Facebook notamment, la célébration du Pr Raoult flambe tel ce groupe dénommé « Didier Raoult vs Coronavirus » (comme pour l’annonce d’un match de boxe !) qui dénombre actuellement 492 400 membres. Et l’intitulé d’accueil est sans ambages : « Didier Raoult est l’unique chercheur au Monde qui a une piste pour nous sauver. Je vous demande à tous de créer une énergie derrière l’espoir en partageant et faisant adhérer à ce combat vos contacts pour que le Chef de l’état (sic) le nomme en charge de cette terrible crise sanitaire ».

Entre le 28 mai et le 6 juin 2020, avec le concours d’Antoine Bristielle, professeur agrégé de sciences sociales et chercheur à Sciences Po Grenoble, la Fondation Jean-Jaurès a d’ailleurs consacré une étude auprès de plus de 1000 individus inscrits sur les groupes Facebook de soutien à Didier Raoult. Les résultats sont sans appel. Les thuriféraires de Didier Raoult s’inscrivent plus que jamais dans une défiance et une contestation radicales des politiques, des institutions et des médias dans une ambiance où populisme et complotisme cohabitent joyeusement. Cela se reflète de manière encore plus prégnante dans la façon assez singulière dont les soutiens de Didier Raoult choisissent de s’informer. Alors que, dans la population française, seuls 28 % des individus s’informent prioritairement sur Internet, 75 % des adeptes du professeur (5) privilégient Internet et les réseaux sociaux où pullulent quantité de sites et de vidéos conspirationnistes et anti-gouvernementaux.

Anti-système, tu perds ton sang-froid !

Là réside donc tout le succès de la communication du Pr Raoult. Sa réputation d’anti-système (alors que paradoxalement, il a largement bénéficié du dit système dans sa carrière et les financements de son IHU) ne cesse de se fortifier au fur et à mesure de ses frasques médiatiques. Les journalistes qui viennent l’interviewer dans son laboratoire tel un oracle reclus dans sa grotte, se font admonester pour leur ignorance et leur incompétence. A l’instar de l’entretien le 27 octobre dernier, où Didier Raoult morigène David Pujadas en direct sur LCI (6) : « Allez-y, expliquez-moi ce qu’est le coronavirus […] vous ne savez pas le dixième de ce que j’ai fait dans cette crise, vous avez tort, vous avez profondément tort […] Si vous voulez me donner une leçon sur le coronavirus… vous êtes ridicule. Je dis toujours ce qu’il se passe […] vous êtes le seul à me prendre pour un imbécile ». Et bien évidemment, les supporters pro-Raoult en redemandent face à ce jeu de massacre pourtant totalement stérile où Raoult intimide intellectuellement son interlocuteur pour mieux le décrédibiliser.

Mais l’augure marseillais ne fait pas que taper sur la presse. Tout le monde y passe, à commencer par les politiques. Alors que le premier ministre, Jean Castex, annonce qu’il tiendra le 27 octobre, une conférence de presse sur l’évolution de la pandémie et des mesures sanitaires en France, le Pr Raoult grille la politesse et tient le même jour à la même heure, une conférence « pirate » où se pressent par ailleurs les élues locaux, Michèle Rubirola, maire de Marseille, et Martine Vassal, présidente d’Aix-Marseille Provence Métropole et du département des Bouches-du-Rhône. Et aussitôt, il enfile son costume favori de celui qui comprend les patients (7) : « Le pessimisme tue les patients. Ce n’est pas un crime de donner de l’espoir. Hippocrate disait qu’il faut commencer par calmer les patients et leur donner de l’espoir. Quand on pense qu’il y a de l’espoir, il faut le faire ».

Avec la confrérie médicale et scientifique, Didier Raoult n’est pas plus tendre pour autant. Ponctuellement, il ne se prive pas de traiter untel ou untel de « blaireau », de « criminel », etc. A coups de rodomontades et de piques cinglantes, il s’est forgé un gros succès auprès du grand public mais aussi au sein d’une partie non-négligeable du corps médical. Directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch n’hésite pas à parler de « populisme médical » pour qualifier la communication du professeur (8) : « C’est ce qu’il cherche, avec un talent absolument remarquable. Il cherche à le faire et il utilise de vieilles ficelles, qui sont des ficelles complotistes. C’est très astucieux, c’est très bien fait. La première chose, c’est de dire : “Attention, tous vendus sauf moi !” –et donc de décrédibiliser le système. La deuxième chose, c’est de dire : “Vous allez voir, je suis le seul à penser comme vous.” C’est la pensée par identification. Et en période de crise, la population est en général réceptive. On a envie de bouc émissaire, de solutions faciles, d’une clef de compréhension ».

Dire tout et son contraire pour faire du bruit

La communication verticale et cash de Didier Raoult n’est pourtant pas exempte d’inepties proférées publiquement. Au point de fréquemment dire tout et son contraire sans même ciller et encore moins accepter qu’on lui porte la contradiction. En janvier 2020 sur sa chaîne YouTube, il évoque la montée inexorable du coronavirus comme celle d’une grippette tuant moins que les accidents de trottinettes à Paris. En février 2020, toujours sur YouTube, il cite Donald Trump en référence après que celui-ci a déclaré que la pandémie disparaitrait au printemps. En avril 2020, interviewé sur BFMTV, il juge que la seconde vague est « une espèce de fantaisie ». En juin 2020, il remet en cause l’utilité du port du masque dans la rue. En août 2020, il déclare sur CNEWS que le virus ne « passe pas par les voies respiratoires mais par les mains ».

Bien que les faits lui aient très souvent donné tort, « la star des maladies infectieuses » tel qu’il complait à se décrire, ne dévie pas d’un iota dans ses assertions. Mieux, il s’en sort par des pirouettes comme celle prononcée début octobre à la radio : « On parle trop. Tout le monde a trop d’avis sur trop de choses. Et si vous voulez, il y a une relation que vous allez comprendre et qui est évidente : c’est que plus on parle, plus il y a de chances qu’on se contredise le lendemain et plus on parle, plus il y a de chances pour ce qu’on dit, ne soit pas vérifié ». Autrement dit, peu importe les approximations ou les erreurs d’appréciation, tout cela passe et n’affecte en rien la communication débridée que Didier Raoult cultive depuis le début. Un argument en chasse un autre dans la lessiveuse médiatique. L’essentiel est de faire du bruit, de jouer à contrepied et de montrer à ses aficionados que le bretteur de laboratoire peut plier mais ne jamais rompre. Et d’enchaîner de facto avec sa nouvelle analyse exposée dans le reportage de Paris Match du 29 octobre : le virus serait dorénavant un variant résistant.

Une redoutable mécanique manipulatoire

Professeur assistant au département de philosophie de l’université de Genève, Florian Cova n’a pas hésité récemment à publier un long et fouillé article au vitriol où il démonte soigneusement la mécanique communicante biaisée du Pr Raoult (9) : « Il a construit son image autour du fait d’être un renégat, un rebelle toujours en opposition avec l’establishment. Il lui faut donc valoriser le désaccord et l’exception au détriment du consensus et de la recherche commune […] Pour se faire passer pour un génie, il fallait donc que Raoult procède à une “inversion de toutes les valeurs” : qu’il fasse passer son manque de méthode, son isolement dans la communauté scientifique et sa personnalité problématique pour des indices positifs et donc pour des marques de génie. C’est ce que lui permet son utilisation de l’épistémologie : le manque de méthode devient signe de créativité, son isolement devient un refus de se soumettre au consensus et ses sautes d’humeur sont simplement des manifestations de son génie ».

La charge est forte mais elle éclaire très bien tous les biais manipulatoires qu’active Didier Raoult dans sa communication à l’ivresse égotique abyssale. Problème : ce simplisme n’est pas assez relevé, ni expliqué dans les médias en particulier. Peu de journalistes ont réellement l’épaisseur ou l’audace pour contredire le turbulent chamane de Marseille. Même des professionnels chevronnés comme David Pujadas ou encore Ruth Elkrief se sont surtout fait renvoyer dans les cordes par la morgue assumée du Pr Raoult. Sur ce point, il est vraiment à regretter que le contradictoire ne soit pas plus éditorialement développé. Encore aujourd’hui, on se contente d’inviter Didier Raoult et de le laisser étaler sa logorrhée omnisciente dont on ne retient que les punchlines nourrissant sa légende raoultienne.

Des signaux alarmants

Un journaliste et éditorialiste s’est néanmoins livré à ce salutaire exercice. Il s’agit de Patrick Cohen. Depuis le confinement sur le plateau de l’émission « C à vous » sur France 5, il a régulièrement décortiqué de façon critique et étayée les propos du Pr Raoult. Ce travail de contextualisation et de recoupement, il le justifie non pas par un sentiment anti-Raoult primaire mais par des suspicions antérieures (10) : « Didier Raoult, je l’avais croisé une fois ou deux auparavant sur le plateau de C à vous ces dernières années, il venait présenter ses livres. Et dès qu’il est réapparu sur la scène scientifique, j’avais quelques warnings qui s’étaient allumés […] Un scientifique qui 1) dit, dans ses livres ou ses chroniques, qu’il ne croyait pas au réchauffement climatique ou que plus exactement il ne le voyait pas ; 2) que Darwin avait tout faux, il en a fait un livre ; 3) qu’il y a des questions à se poser sur les vaccins et le nombre de vaccins à administrer… Ne serait-ce que ces trois choses-là, moi, ça me pose un problème ».

Or, à défaut de ne pas pouvoir (ou vouloir) contredire Didier Raoult, pourquoi dès lors continuer à lui procurer autant d’exposition médiatique, voire une certaine complaisance comme dans Paris Match ? Chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, Éric Caumes s’est récemment ému de cette bulle médiatique excessive entretenue autour de son confrère qui (11) « a donné une bonne leçon d’utilisation malfaisante des réseaux sociaux et des médias […] qui ont accordé autant d’importance à quelqu’un qui pense globalement comme 1% des scientifiques qu’à quelqu’un qui pense comme 99% des scientifiques. Cela nourrit la controverse, la polémique, mais ce n’est pas très sain, parce que la plupart d’entre nous, plus de 95% des infectiologues, nous étions tous d’accord entre nous ».

Jusqu’où le délire ?

Le constat est d’autant plus terrible que les élucubrations communicantes de Didier Raoult ont surtout contribué à semer la confusion dans une crise déjà suffisamment aléatoire et complexe à comprendre et à gérer. En lui offrant régulièrement un micro ouvert, les médias ont accentué l’impact recherché par la blouse blanche rebelle et éprise d’elle-même. Or, c’est toute l’image de la communauté scientifique et médicale qui est inutilement égratignée pour des questions de buzz, d’audience et d’hubris concernant le Pr Raoult. Sans parler de la défiance sociétale qui nourrit et justifie aux yeux d’aucuns, des théories conspirationnistes et des comportements dangereux face à un virus encore mal connu et toujours sans vaccin.

Celui qui exprime et résume sans doute le mieux, l’équation communicante délétère que Didier Raoult s’échine à articuler, est un infectiologue qui l’a bien connu et même travaillé avec lui. Début octobre, le Dr Gilles Roche a publié une lettre ouverte à destination de son ancien confrère. Les lignes qui suivent doivent véritablement faire réfléchir collectivement journalistes et communicants pour que des « Didier Raoult » francs-tireurs restent à leur juste place même s’ils braillent plus forts (12)

« Tu as utilisé des canaux de communication totalement inadaptés, tes vidéos virales sur les réseaux sociaux, en refusant toute controverse exprimée par des gens qui connaissent le sujet. […] Tu as encouragé sans vergogne les tendances complotistes et populistes les plus basses, porté par l’enthousiasme des foules en délire qui te confortaient dans ton idée d’être une sorte de divinité et te rendaient aveugle à la réalité. Ta popularité a donné un impact énorme et disproportionné à des affirmations à peu près toutes fausses, a désorienté la population, a conduit à des études inutiles, à des traitements injustifiés, à une perte de confiance très préjudiciable envers la médecine, etc. […] Certes le gouvernement a commis quelques impairs étonnants et remarqués… mais cela ne te donne pas plus de crédit pour autant ! […] Mais enfin, jusqu’où ira le délire ? »

On ne saurait mieux dire et alerter !

Sources

– (1) – Anne Jouan, Grégory Peytavin et Danièle Georget – « Le Pr Raoult sans masque » – Paris Match – 29 octobre 2020
– (2) – Ibid.
– (3) – Tweet de @raoult_didier – 24 mars 2020 à 17h37
– (4) – Barthélémy Philippe – « Les Français font plus confiance au professeur Raoult qu’à Olivier Véran » – Capital – 29 mai 2020
– (5) – Antoine Bristielle – « Enquête chez les soutiens du Pr Raoult » – Fondation Jean-Jaurès – 15 juillet 2020
– (6) – A.M. – « Débat houleux entre David Pujadas et Didier Raoult sur LCI : « Vous êtes le seul à me prendre pour un imbécile » » – La Dépêche – 27 octobre 2020
– (7) – St.S. – « Coronavirus – Didier Raoult: « Ce n’est pas un crime de donner de l’espoir » » – L’Indépendant – 27 août 2020 –
– (8) – Jean-Yves Nau – « Le Pr Didier Raoult sera-t-il condamné à ne plus pouvoir exercer ? » – Slate.fr – 8 septembre 2020
– (9) – Florian Cova – « L’épistémologie opportuniste de Didier Raoult » – Medium – 19 août 2020
– (10) – « Pourquoi Patrick Cohen s’est très vite montré méfiant envers Didier Raoult » – Europe 1 – 6 juillet 2020
– (11) – « Covid-19 : Didier Raoult « nous a donné une bonne leçon d’utilisation malfaisante des réseaux sociaux et des médias », estime le professeur Eric Caumes » – Franceinfotv – 26 octobre 2020
– (12) – Thierry Jougla – « « Didier Raoult, par pitié, arrête ! » : la lettre ouverte du Dr Roche, infectiologue à Montpellier » – Midi Libre – 5 octobre 2020



8 commentaires sur “Déconstruction d’un artefact de communication : le Pr Didier Raoult

  1. JFC Morfin  - 

    Je crains que, malheureusement pour le travail que vous avez engagé, vous ne vous soyez assez foncièrement plantés sur le fonds (qui est complexe et donc mérite l’humilité du chercheur enquèteur). Tant sur la recherche en évolution épistémologique (nature de la science) que sur celui de la communication (passage des savoirs). J’accepte bien volontiers que cela soit un contexte « Khunien » en plein évolution. Mais toute Raoultitude médiatique de 2020 sera sans doute appareillée dans l’histoire avec le « la république n’a pas besoin de savants » pour dire combien critique journalistique n’est pas réfutation scientifique et aider à comprendre comment la controverse propre à la recherche de savoirs s’est immédiatisée au XXIème siècle, avec les réseaux sociaux, les blogs et les revues en mal de lecteurs, entrainant à la fois une augmentation du QI collectif de la recherche et une réduction de celui de l’intermédiation. L’étude des raisons à cela commence d’ailleurs à susciter ses premières thèses de recherche (attention aux citations illustratives qui y seront faites, des réputations risquent de se construire). Nota: il est exact que le personnage du Dr Raoult comme bien des chercheurs trouveurs est particulier. Mais l’important est la scientificité (ou non) de ce qu’il sit et la difficulté à le comprendre de façon pertinente. Bonne chance !

  2. Fauvel  - 

    L’intérêt des travaux de l’IHU concernant la covid n’a qu’un lointain rapport avec la communication mais avec les chiffres qui mesurent les résultats des protocoles utilisés, et pas qu’à Marseille. Pour le reste, j’espère qu’il s’agit d’un prurit qui vous guide et non un rapport d’intérêt avec je ne sais qui. Serviteur Monsieur.

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